Niger : la start-up Drone Africa Service se lance dans la formation

M. Abdoul-Aziz Kountché, Le Directeur Généal de la société Drone Africa ServiceM. Abdoul-Aziz Kountché,  Directeur Généal de la société Drone Africa ServiceBasée à Niamey, la société Drone Africa Service se développe depuis novembre 2016 dans le secteur du drone. Son directeur général a récemment mis en place des sessions de formation en pilotage et acquisition d'images aériennes.

Entreprise spécialisée dans la conception et services de prises de vue par drones, la société Drone Africa Service (DAS) se développe peu à peu au Niger. Depuis six mois, elle a mis en place des modules de formation dans la filière des drones civils. Son directeur général, Abdoul-Aziz Kountché a organisé une première session en décembre dernier dans les locaux du lycée Issa Beri de Niamey. Il s’agissait d’une initiation au pilotage et à l’acquisition d’image par drone.

« Nous avons sélectionné une vingtaine de personnes qui ont bénéficié de cette formation. Notre cible première, ce sont les projets du monde humanitaire. Ces équipes ont besoin de se former sur l’acquisition des images et sur le traitement du système d’information géographique », explique le dirigeant. Au bout des cinq jours de stage sanctionné par un examen (théorie le matin et pilotage le soir), 19 élèves, issus notamment de la Protection Civile, de l’Institut Géographique National et du centre AGRHYMET, sont repartis avec une attestation de formation certifiée Drone Africa Service.

Des stages financés

C’est important pour nous de faire ces formations car nous allons bientôt être submergés par les demandes.

Drone Africa Niger Formation 01 Les premiers diplômés de la formation en initiation au pilotage et acquisition d'image par drone. © Drone Africa Service/2018Ces stages sont également accessibles aux particuliers qui peuvent s’inscrire sur le site Internet de l’entreprise. Selon les modules, le coût varie entre 330 000 FCFA et un million de FCFA (environ 500 à 1 500 euros), avec une possibilité de financement par les différents partenaires de DAS tels que la Banque Mondiale. Aucun prérequis n’est demandé pour y accéder, simplement la soif s’apprendre et de compléter son CV. « C’est important pour nous de faire ces formations car le problème qui va se poser c’est qu’on va bientôt être submergé par les demandes. Certains organismes tels que les ONG opèrent dans des zones complexes et difficiles. L’idée c’est de les accompagner afin qu’ils puissent réaliser de manière autonome leurs propres missions en utilisant nos outils et notre savoir-faire », précise Abdoul-Aziz. Les inscriptions sont ouvertes pour la deuxième session de formation qui aura lieu courant avril.

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Passionné d’aéromodélisme depuis tout petit, Abdoul-Aziz est bien décidé à aller au bout de son projet. « Nous nous développons à un rythme exponentiel. Cela devient essentiel de savoir fabriquer nos drones en Afrique. C’est aussi de la main d’œuvre que nous sommes en train de créer. Pourquoi pas ensuite proposer nos produits au marché européen et au reste du monde », se prend à rêver l’ingénieur trentenaire qui s’apprête à ouvrir un nouveau local plus spacieux à Niamey.

Cartographie

Avec un chiffre d’affaires de 35 000 euros réalisé sur sa première année, la start-up, qui a bénéficié de l’accompagnement du CIPMEN (Centre incubateur des PME au Niger), mise notamment sur ses drones civils T800 et T600, capables de voler en autonomie pendant une à deux heures dans un rayon d’action de 20 à 80 kilomètres. « Nous proposons des services de cartographie, de photographies et de relevés aériens avec traitement de données pour l’agriculture de précision, l’inspection d’ouvrages, le monde humanitaire, l’environnement, la lutte anti-braconnage, la gestion des risques et des catastrophes, la surveillance des frontières, l’événementiel ou la communication », explique l’entrepreneur.

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Jugés très robustes et adaptés à la chaleur, leurs drones séduisent les ONG engagées dans des missions humanitaires au Niger et en Afrique de l’Ouest. Ces derniers sont notamment parvenus à cartographier des sites de réfugiés dans la région de Diffa dans l’Est du Niger. Pour l’heure, la société emploie trois salariés à temps plein, et plusieurs consultants en freelance appelés en renfort sur des commandes spécifiques. Abdoul-Aziz compte également recruter une à deux personnes de plus d’ici le mois prochain pour des postes administratifs.

04 avril 2018
Source : http://www.jeuneafrique.com/

 

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