Crise scolaire et universitaire : Appels à la raison

 Yahouza Sadissou Min enseignement supM. Yahouza Sadissou, Ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovationLe lundi 23 avril 2018, écoles et classes, des niveaux secondaire et supérieur étaient fermées à Niamey, en exécution du mot d’ordre de grève illimitée lancé par le Comité Directeur (CD) de l’Union des Scolaires Nigériens (USN). Comment mettre fin à la crise ? Quelques citoyens donnent leurs avis et des pistes de solutions.

Cette grève illimitée, faut-il le faire remarquer, intervient au troisième trimestre de l’année scolaire en cours, plus précisément à moins de trois mois de la tenue des examens finaux. D’où l’inquiétude de nombreux parents, élèves et même des enseignants. Moustapha est professeur d’histoire-géographie dans un établissement public de Niamey. Il confie au micro du journal « La Nation » : ‘’Cette année, contrairement aux deux précédentes, il y a eu jusque là moins de perturbations. Les enseignements ont été assurés avec un bon taux d’exécution des programmes. Le moment est mal choisi pour une grève illimitée. Les scolaires et le gouvernement se doivent d’aller très rapidement à des négociations afin de garantir une bonne fin d’année scolaire’’. Pour Nasser, élève en classe de Terminale D dans un lycée privé de la capitale, la crise universitaire ne doit pas déborder à ce point et compromettre l’avenir de tous les scolaires nigériens. ‘’Si au niveau du public, l’école est gratuite, nous, nos parents ont déboursé de l’argent pour notre scolarité. Et, il n’est pas question pour nous de faire une année blanche’’, déclare-t-il. Même propos sortis de la bouche de veuve Nana Hadiza, caissière dans une agence bancaire et mère de trois enfants, deux filles et un garçon du niveau secondaire, tous inscrits dans des écoles privées : ‘’ Une grève illimitée pour des problèmes de personnes, c’est exagéré. Pour moi, l’USN doit revoir sa copie. Sinon qui va nous rembourser les frais de scolarité de nos enfants ? Moi je crois qu’il faut d’ailleurs déconnecter les collégiens de cette affaire de l’USN. Ils (les collégiens) sont trop petits et inconscients. La pagaille a tellement atteint un niveau inimaginable. Rendezvous compte, il suffit qu’un élève ne se sente pas en situation de faire un devoir ou une interrogation pour qu’il siffle et fasse sortir toute une école. Avec des tels comportements, l’école nigérienne ne peut pas avancer. A partir du lycée, il y a une certaine prise de conscience. L’élève sait ce qu’il veut. A ce niveau donc, on pense que les élèves peuvent commencer à faire leur syndicalisme’’. Dans le milieu estudiantin également on ne semble pas épouser entièrement l’option prise par le Comité Directeur d’aller à une grève illimitée. Ibrahim, étudiant en droit donne son avis et quelques pistes pour solutionner la crise : ‘’ La manifestation du mercredi 18 novembre 2018 ne s’explique pas, de même que la répression des forces de l’ordre. Mais puisque ce qui est fait est fait, il faut maintenant penser à comment panser les plaies. Il y a beaucoup d’étudiants dans le dénuement. Moi, je pense qu’il faut rouvrir le campus universitaire et permettre à l’UENUN de renouveler son comité exécutif en fin de mandat. Le nouveau qui sera mis en place sera à même de négocier avec le gouvernement, les enseignants chercheurs et le rectorat’’. A propos de négociations entre les différents protagonistes de la crise, il ne manque pas de personnalités morales qui proposent leurs bons offices. Parmi celles-ci, le Conseil National de la Jeunesse qui appellent les parties à mettre de l’eau dans leur vin.

Oumarou Kané 

26 avril 2018
Source : La Nation

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