Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey : Le président du CSC et la 5ème Vice-présidente de l’Assemblée pris en flagrant délit de « faux et usage de faux en écriture »

images/Universite-Abdou-Moumouni-NY-Niger-01.jpgDr Kabirou Sani, l’actuel président du Conseil Supérieur de la Communication, la députéé Amina Bala Kalto, 5ème Vice-présidente de l’Assemblée nationale et trois autres enseignant-chercheurs de l’Université de Niamey, sont visés par une plainte du Recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey pour « faux et usage de faux en écriture ». Cette plainte, dont le Courrier a reçu copie, a été enregistrée au cabinet du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey le 29 Novembre 2018. Hassane Boubacar, Mme Zeinabou Abdou Hassane et Mme Nouhou Maïmouna Diakité sont les trois autres enseignants accusés dans une affaire de falsification d’un procès-verbal d’une réunion du Conseil de Faculté tenue le 26 juin 2018. Si l’on en croit notre source, c’est sur la base de cette forfaiture que ce groupe d’enseignants a réussi à décrocher une décision en référé qui annulait le recrutement d’une enseignante pour le compte de leur faculté. L’affaire fait actuellement grand bruit dans les milieux proches des enseignant-chercheurs et risquerait de causer des gros ennuis judiciaires à ces derniers si jamais leur culpabilité est établie.

Tout a commencé, semble-t-il, lors dudit Conseil qui a eu à se pencher ce jour-là sur le recrutement d’un enseignant chercheur permanent au poste d’assistant en droit privé, pour le compte de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Pour la circonstance, un avis de recrutement a été diffusé dans le quotidien national, à la voix du Sahel et affiché à l’Agence nationale de la promotion de l’emploi (ANPE). A la suite de cette annonce, une seule candidature a été enregistrée par l’ANPE et transmise en bonne et due forme au rectorat. Le dossier a été dans un premier temps soumis à l’approbation du Département de droit privé, ensuite pour examen devant le Conseil de faculté et le Doyen de ladite faculté avant d’être transmis au Recteur pour approbation. Aucune contestation ou anomalie n’a été relevée lors de l’examen du dossier du récipiendaire devant toutes ces instances académiques et administratives.

C’est donc après approbation de cette candidature par le Conseil scientifique suivie de sa nomination par le Recteur que, certains enseignants chercheurs du Département de droit privé vont engager une procédure judiciaire aux fins d’annulation de l’arrêté portant nomination de leur collègue, souligne l’avocat dans la plainte qu’il a transmise au Procureur de la république. Pour justifier le caractère irrégulier qu’ils disent relever dans « la procédure de recrutement et convaincre le juge de référé » devant qui ils ont fait recours, ces cinq enseignants vont concocter pour la circonstance un procès-verbal, poursuit l’avocat de l’Université, Me Yagi Ibrahim. Il précise dans le même temps que les requérants fondent leur recours en annulation sur un vote en faveur de la reprise du recrutement par 5 intervenants contre 3, « sachant pertinemment qu’ils ne peuvent pas apporter la preuve de cette assertion ». Il n’y a eu aucun vote lors dudit conseil de faculté et la synthèse faite par le Doyen expressément sur ce point n’a rien à voir avec la prétention de ce groupe d’enseignants chercheurs, lit-on dans cette plainte. Pire, ces requérants « se sont livrés à des pratiques frauduleuses tendant à altérer la vérité et dans le dessein de tromper le juge », en fabriquant « une pièce qu’ils savaient pertinemment fausse, s’abstenant de produire le document officiel signé par le Doyen et le secrétaire de séance ». Toutes ces observations attestent de façon notoire que le procèsverbal du Conseil a été grossièrement falsifié » par ces enseignants-chercheurs, conclut Me Yagi Ibrahim, avant de faire remarquer que leur agissement est prévu et puni par la loi pénale

Pour l’instant, nul ne connait la suite qui va être réservée à cette plainte contre des enseignants de droit dont certains assument cumulativement, avec leur statut d’enseignant-chercheur, des hautes fonctions étatiques. Il s’agit principalement du Dr Kabir Sani qui préside depuis quelques mois aux destinées du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) et de la députée Amina Bala Kalto, qui occupe le poste de cinquième vice-président de l’Assemblée Nationale du Niger. Si Amina Bala Kalto bénéficie d’une immunité parlementaire du fait de son rang de député, la procédure est moins lourde pour le cas de Kabir Sani. La loi sur le CSC autorise le juge de demander sa suspension en cas de poursuite judiciaire. A moins que le régime dont il est un des lieutenants ne vienne à son secours pour empêcher la manifestation de la vérité, Kabir Sani devra donc être suspendu de son poste du président du CSC pour se mettre à la disposition de la justice. Quant aux autres enseignants chercheurs, ils peuvent aussi ne pas être inquiétés par le dépôt de cette plainte, en raison de leurs accointances avec le régime d’Issoufou Mahamadou.

Bisso  

09 décembre 2018
Source : Le Courrier

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