Le Niger multiplie les réformes pour l'assainissement promis de son secteur éducatif

Le Niger multiplie les réformes pour l'assainissement promis de son secteur éducatif Le gouvernement nigérien, à travers ses ministères en charge des divers niveaux d'enseignement, a entrepris depuis quelques années une vaste opération d'assainissement de son secteur éducatif par la multiplication de mesures visant à réaliser sa promesse de redonner à l'école nigérienne tout son prestige d'antan.

Cette politique de réforme a concerné d'abord le secteur de l'Enseignement primaire, où une étude diligentée début 2017 par les autorités a révélé le niveau catastrophique notamment des enseignants contractuels. Cette situation a amené le ministre de tutelle, Daouda Mallam Marthé, à organiser une évaluation du niveau de 60.000 enseignants contractuels sur les 82.000 que comptait le pays pour, selon ses propos, "mettre de l'ordre dans le système éducatif nigérien".

Plusieurs milliers d'enseignants qui avaient refusé de participer à l'examen ont vu leur contrat résilié par décision du ministre, et environ 9.000 autres (de sources syndicales) avaient été révoqués pour insuffisance constatée à l'issue de l'évaluation organisée sur tout le territoire national les 16 et 17 juillet 2017. Ces mesures ont été saluées par une frange de la population, mais jugées "illégales" par les syndicats des enseignants qui exigent toujours leur réintégration.

Par ailleurs, après des enquêtes diligentées par les services compétents des ministères des Enseignements primaire et secondaire, le gouvernement a procédé à la fermeture depuis mi-décembre dernier d'une soixantaine d'établissements des deux cycles confondus, faute notamment d'autorisation.

Pour M. Marthé ces écoles exerçant sans autorisation de création ni d'ouverture, donc "n'ayant pas d'instance juridique, doivent immédiatement cesser toute activité", tout en assurant que "le gouvernement prendra toutes les mesures pour que cette décision soit appliquée dans toute sa rigueur".

En outre, il a rappelé les dispositions de la loi stipulant que "toute personne qui ouvre un établissement d'enseignement privé sans autorisation officielle sera passible d'une peine d'emprisonnement de 15 jours à 3 mois et d'une amende de 50.000 francs CFA (soit 80 dollars) à 500.000 francs CFA (environ 800 dollars)".

Ensuite, le ministre de l'Enseignement supérieur Yahouza Sadissou a décidé, face à la création tous azimuts d'établissements supérieurs privés dans le pays, de suspendre toute nouvelle implantation "pour mieux cadrer le secteur".

"Aujourd'hui, nous avons environ 140 établissements d'enseignement supérieur privés au Niger, et à l'allure des demandes qui continuent de nous parvenir, d'ici la fin de l'année nous allons nous retrouver avec des centaines de ces établissements", s'est inquiété le ministre Sadissou, intervenant vendredi dernier sur la deuxième chaîne publique nigérienne.

"Nous nous sommes rendus compte qu'il y a beaucoup d'imperfections, en plus, nous sommes inondés de nouvelles demandes de création d'établissements supérieurs privés", a-t-il ajouté.

Aussi, il a indiqué avoir décidé d'arrêter toute nouvelle création d'établissements d'enseignement supérieur privés dans le pays pour faire un bilan, en attendant la finalisation de nouvelles reformes devant régir désormais l'enseignement supérieur privé au Niger sur lesquelles ses collaborateurs et lui-même travaillent d'arrache-pied.

Avec une contribution très significative (40%) à l'offre globale de l'enseignement supérieur privé dans le pays, M. Sadissou a estimé qu'il est grand temps de recadrer ce secteur en mutation.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou, dans son message à la nation à l'occasion du Nouvel An 2019, a salué les réformes importantes réalisées dans le secteur de l'éducation au cours de l'année écoulée et qui permettront d'en améliorer la qualité.

13 janvier 2019
Source : http://french.china.org.cn/

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