Séminaire de formation à l’EFOFAN : Sensibiliser les élèves officiers et jeunes officiers sur le thème ‘’Sécurité et Etat de droit’’

Le Chef d’Etat-Major des Armées Adjoint, le Général de Brigade Ibrah Boulama Issa, a présidé, hier matin à l’Ecole de Formation des Officiers des Forces Armées Nigériennes (EFOFAN) de Tondibiah, la cérémonie d’ouverture du séminaire de formation pour des élèves officiers et des jeunes officiers des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sur le thème : « Sécurité et Etat de droit ». Ce séminaire de formation qui va durer deux jours, est organisé par le Centre National d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS) en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer Stiftung. Il vise à sensibiliser les élèves officiers et les jeunes officiers des FDS sur le rôle des forces armées et de sécurité dans une société démocratique en vue de mener convenablement leurs missions.

A l’ouverture du séminaire, le Chef d’Etat-Major des Armées Adjoint a d’abord rappelé aux participants qu’en choisissant le métier des armes, ils ont choisi de servir la nation nigérienne et sa population. Le Général de Brigade Ibrah Boulama Issa a noté que ce service public de défense et de sécurité ne peut se faire efficacement et durablement sans le respect des lois et règlement dont l’Etat de droit demeure la source. « C’est vous dire que Sécurité et Etat de droit sont loin d’être antinomiques. Bien au contraire, ces deux concepts vont de pair, car il n’y a pas de véritable sécurité sans Etat de droit, et il ne peut y avoir un Etat de droit viable et digne de ce nom, sans sécurité » a-t-il déclaré. Le Général de Brigade Ibrah Boulama Issa a souligné que ce séminaire traduit parfaitement le grand défi auquel tous les pays de la sous –région font face actuellement. Il a par ailleurs notifié que la lutte contre le terrorisme exige des réponses efficaces et appropriées devant non seulement tenir compte des lois et règlements du pays, mais aussi se faire dans le respect des droits de l’homme.

C’est une raison fondamentale dit-il, pour susciter ce forum de réflexion et d’échanges qui permettra aux jeunes officiers de mieux connaitre leurs rôles et leurs devoirs. « A leur tour, ils inculqueront aux sous–officiers et aux hommes du rang les principes d’une intervention militaire dans un contexte de guerre asymétrique. Le dilemme du soldat réside en effet dans cette forme de guerre où l’ennemi est nihiliste, prêt à utiliser son propre corps comme arme de destruction » a-t-il souligné avant d’ajouter que si l’objectif du terroriste est d’asseoir un Etat de non droit, celui du soldat est de protéger l’Etat de droit. « Je vous exhorte donc chers participants, à avoir constamment comme boussole les lois et règlements dans l’exercice de votre métier et à mettre à profit le présent séminaire pour compléter vos connaissances en la matière pour mieux appréhender le rôle qui est le vôtre dans un Etat de droit » a conclu le chef d’Etat-major des armées adjoint.

Auparavant, le Directeur de Programme pour le Dialogue sur la Sécurité en Afrique Subsaharienne M. Tinko Weibezahl a indiqué que dans un contexte de conflits asymétriques, force doit rester à la loi et les forces armées et de sécurité publique doivent veiller à être les sentinelles de l’Etat de droit et de la démocratie en se soumettant elles-mêmes aux lois et règlements nationaux et internationaux. M. Tinko Weibezahl a dit avoir sollicité des experts aguerris pour assurer la formation qui se penchera entre autres sur le rôle des forces armées dans la consolidation des processus démocratiques en cours au Niger et en Afrique. « Les défis sécuritaires auxquels nos Etats sont confrontés exigent que vous soyez suffisamment formés, suffisamment sensibilisés sur les enjeux et sur la nécessité pour vous d’être des officiers exemplaires, des soldats aptes à défendre la paix, l’Etat de droit et la démocratie » a-t-il martelé.

Pour sa part, le Directeur du CNESS, le Colonel Mahamadou Seidou Magagi a indiqué que la formation des cadres civils et militaires constitue un des trois axes du Plan d’Orientation Stratégique du CNESS pour la période 2017-2019. Il a par ailleurs précisé que l’efficacité de tout système de sécurité et de défense repose, avant tout, sur la qualité des personnes qui le servent. « Et la qualité des personnes dépend, dans une large mesure de la formation qu’elles ont reçue» a-t-il confié. C’est conscient de ce fait que le CNESS organise périodiquement des formations répondant à des besoins ciblés sur des thèmes diverses. Au-delà de ces catégories de personnels, le programme de formation du CNESS ambitionne de s’étendre, à terme aux jeunes, aux syndicats et aux organisations de la société civile afin de promouvoir et développer davantage l’esprit de défense et de sécurité des Nigériens.

Quant au Commandant de l’EFOFAN le Colonel Abdoulhassane Bello, il a rappelé que ce séminaire s’inscrit dans le prolongement d’une série de conférences déjà initiées par la hiérarchie aux fins de clarifier le rôle de l’armée dans un contexte démocratique, mais aussi de redéfinir son évolution dans un environnement caractérisé par un changement de paradigme et marqué par des crises et conflits transnationaux de plus en plus complexes.

Laouali Souleymane(onep) et Rahama Siradja(Stagiaire)

05 mars 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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