La baisse de niveau scolaire : L’école nigérienne, un temple qui se meurt

eDepuis l’avènement du système d’enseignement de masse plutôt que celui de qualité, l’enseignement au Niger est en train de perdre ses lettres de noblesses. Ainsi dit, l’école nigérienne connaît un sérieux recul. Autrement dit, le niveau des scolaires nigériens ne fait que baisser, et ce en dépit de la place de choix qu’occupe l’éducation dans le développement de toute nation. Quelles sont notamment les raisons qui entrainent cette baisse de niveau ?

Hier, le Niger faisait parti des pays de la sous région reconnu pour la qualité de son enseignement. Ce faisant le diplôme nigérien avait plus de crédibilité à l’échelle régionale comme internationale. Malheureusement, de nos jours le système éducatif nigérien est entrain de perdre ses lettres de noblesses, et ce à tout les niveaux. Ainsi dit, l’on enregistre des lacunes au niveau des enseignés tout comme des enseignants. Ce qui laisse notamment croire que l’enseignement n’est plus de qualité mais de quantité. Il est également important de préciser que cette paralyse que subit l’école nigérienne a lieu là ou l’on s’attendait le moins, le secteur publique. Ce qui est marrant c’est le secteur à qui l’on accorde moins d’importance qui échappe notamment à cette paralyse, bien évidemment le secteur privée. Ce qui explique justement l’avance qu’ont les écoles privées sur les écoles publics en matière d’enseignement de qualité. En effet, il n’est pas surprenant de voir des enseignants du public et même les autorités chargés de veiller à la bonne marche de l’éducation, retirer leurs enfants des établissements publics pour que ces derniers continuent, bien évidemment, leurs cursus scolaire dans les établissements privées. Par conséquent, une telle attitude laisse croire sans nul doute que l’enseignement qui a lieu au public n’est plus de qualité. Entre autre dans de telles situations, c’est seulement les enfants démunis qui payent toujours les pots cassés. Ceux-ci, en dépit de la carence des écoles publiques sont contraints d’y demeurer Et par ailleurs, ils représentent de surcroit un grand nombre. Pourtant l’on sait bien que ces derniers sont entre autre la relève de demain. Il est cependant important de noter que le Niger de demain risque de se trouver, non entre les mains d’une classe d’élite digne du nom, mais plutôt entre les mains d’une bande de racaille. Et cela, feu le général Seyni Kountché, paix à son âme, avait eu ce pressentiment. Au cours notamment de la conférence de cadre, le général avait mentionné que le niveau des élèves et des formateurs est bas. Ainsi donc, il livrait comme information au cours de ladite conférence que pour le concours d’entrée des moniteurs auxiliaires pour être moniteurs titularisés, des moniteurs qui voudraient accéder au grade d’instituteurs d’adjoint, des instituteurs adjoints qui voudraient accéder au grade d’instituteurs titularisés. Sur vingt trois (23) moniteurs auxiliaires il y’a cinq (5) qui ont zéro en dictée. Et sur cinq cent soixante dix huit (578) instituteurs adjoints qui devaient devenir instituteurs pleins il y’a cent dix-neuf qui ont zéro en dictée. Sur ce, il rappelait à M. Rabiou, Secrétaire général du SNEN du temps qu’ainsi le niveau des apprenants ne pouvait être que bas. Alors dans une telle démarche que pouvons nous espérer de l’élite future, celle qui aura pour mission de prendre la relève. En effet, le feu Kountché avait dès lors le pressentiment que l’école nigérienne souffrirait des maux dont elle se plaint à l’heure actuelle.

Cependant, il serait important de rappeler que plusieurs facteurs sont à la base de phénomène.

La responsabilité du gouvernement

Il y’a une décennie de cela, que le système éducatif nigérien dans son ensemble connaît un véritable recul. En effet, l’enseignement n’est plus de qualité. Et ce, pour diverses raisons. Le recrutement des enseignants titulaires tout comme des contractuels se fait sur des principes qui ne tiennent pas compte de l’honneur et du mérite, aussi du besoin, mais qui se basent plutôt sur l’affinité, la corruption et le marchandage. Du coup n’importe qui devient enseignant de nos jours. Sinon comment comprendre qu’actuellement dans nos écoles il y’a pas mal qui enseignent avec de faux diplômes. Aussi, il faut ajouter à ceux-là les diplômés incompétents (enseignants incapables de parler la langue de Molière), qui ne méritent pas d’être des Encadreurs. Nous pensons à ce point que l’initiative du Ministre de l’enseignement primaire, celui d’insérer nos langues nationales dans le programme scolaire avenir tombe à pique pour ces derniers.

La responsabilité des parents

Aujourd’hui rares sont les parents qui s’intéressent pleinement à l’éducation scolaire de l’enfant, tout en pensant que les Encadreurs suffisent pour instruire. Une fois, après avoir inscrit l’enfant à l’école, il faut encore la rentrée prochaine pour que certains parents d’élèves puissent s’enquérir de l’évolution scolaire de leurs enfants. Ces enfants sont notamment laissés pour compte, sans aucun suivi. Ainsi dit, ce sont ces mêmes enfants qui le plus souvent chôment les cours, perturbent la classe et qui ont toujours les mauvais rendements à la fin du semestre, pour la simple raison qu’ils savent au préalable que leurs parents ignorent leur attitude à l’école.

La responsabilité des medias

Ces hommes de medias censés instruire la couche sociale et l’éduquer à la culture de l’honneur, du travail, de la citoyenneté et des bonnes moeurs sont ceux la même qui de nos jours vont à l’encontre de cette mission qui est la leur. Au lieu de diffuser des émissions censées instruire à l’Education scolaire et à celle citoyenne, ces derniers préfèrent plutôt diffuser des émissions qui entravent nos bonnes moeurs. Ainsi donc nous saluons l’initiative de L’ORTN pour la diffusion de son émission dénommé ‘’ vieil institut ‘’qui traite des règles d’orthographe et grammaire. En effet, il serait indispensable aux acteurs de medias de traiter des thématiques adaptées à nos réalités, surtout culturelles.

En somme, même si la responsabilité de cette baisse incombe plusieurs acteurs, l’Etat est ici le plus concerné, car lui seul dispose des moyens effectifs pour la régulation de ce problème.

Et si l’on ne prend garde, il arrivera un moment ou l’enfant du pauvre ne pourra pas mettre pied à l’école nigérienne, et ce, pour la simple raison que l’attitude actuelle du gouvernement vis-à-vis de l’école nigérienne, laisse croire qu’il se désengagera de sa mission qui est celle de garantir l’éducation pour tous.

Mohamed El Shakur  

1er juin 2019 
Publié le 28 mai 2019
Source : L'Actualité

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