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mardi, 27 novembre 2012 21:57

Fait divers : un officier de la Garde nationale refuse de reconnaitre la paternité de son enfant

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PaterniteL’histoire qui suit est pathétique. Certes, c’est la version de la victime. Mais avec plusieurs éléments de preuves, on peut donner foi aux déclarations de la mère de Latifa. Ce qui est arrivé à Mariama donne une certaine mesure de la souffrance des femmes et de l’irresponsabilité de bien de chefs de famille.

 

« Par la grâce d’Allah, je viens d’accoucher d’une fille le dimanche à 0h7mn à la maternité poudrière. Et comme tout enfant a droit à une paternité. C’est tout ce que je réclame aujourd’hui pour mon enfant. » C’est là un extrait du contenu de la lettre que Mariama a écrite le 29 octobre 2012 au Haut Commandant de la Garde Nationale, un cri de détresse en direction du supérieur hiérarchique de son époux en la personne du capitaine M.A.

Enseignante de profession, Mariama exerce son métier dans une école de la capitale. Mais avec quelle motivation ? En novembre 2004, la jeune Mariama, étudiante, détentrice d’un diplôme de comptabilité gestion décide de mettre son cursus scolaire en stand by pour suivre son bonheur qu’elle résume à son mari. Pour être à côté de son homme, elle consentit le sacrifice d’embrasser un métier dans lequel elle n’a aucune expérience : l’enseignement. Pour le meilleur mais également pour le pire, la voilà métamorphosée en nomade à la quête du bonheur : Zinder, Dosso, Bankilaré, Tillabéry, Niamey et Bagaroua, c’est là le périple du couple avec à son actif un garçon de 5 ans. Jusque là, rien d’anormal. Mais en 2012, Mariama va connaitre son 9 février à l’image de ce vendredi ténébreux de 1990 lorsque trois étudiants furent abattus sur le Pont Kennedy de Niamey par les forces de l’ordre lors d’une manifestation des scolaires. La courageuse enseignante va voir sa vie basculer dans le noir. Son époux bénéficiant d’un stage de formation au Soudan ramène femmes (ses deux épouses) et enfants, chacune chez ses parents. C’était le bon prétexte pour se débarrasser de Mariama. Car son époux Mariama ne le reverra plus jamais. Même quand elle et ses parents lui annoncèrent sa grossesse, il nia la paternité et annonça sa décision de ne plus vouloir de son épouse qu’il va jusqu’à accuser de sorcellerie. Difficilement, la vaillante dame réussira à avoir une pension alimentaire de 15 000 FCFA pour son garçon et pour sa grossesse. Pour obtenir cette modique somme aussi, il aura fallu sans doute les pressions de la hiérarchie de son époux. Tout de même, le capitaine M.A finit par accorder à son épouse le divorce. Mais il n’était pas au baptême de sa fille et n’a pas envoyé le moindre kopeck. Bien plus, il refuse la paternité de cet enfant.

Pour Mariama, il n’est pas question que sa Latifa soit demain l’objet de railleries et des moqueries. Elle a son père qui n’est personne d’autre que M.A et il doit s’assumer. Elle s’est dit prête à toutes les épreuves pour prouver la véracité de la paternité de son parent. Plusieurs associations féminines sont déjà contactées et une procédure judiciaire sur le point d’être déclenchée.

Quelles sont les raisons de l’attitude de l’officier M.A ? En attendant la suite de cette affaire et la version de l’officier ici incriminé, son ancienne épouse convaincue du droit de sa fille continue à mobiliser toutes les énergies et les synergies.

Oumar Sanda Baboucar 

27 novembre 2012
publié le 27 novembre 2012
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Dernière modification le mercredi, 28 novembre 2012 14:48