samedi, 05 janvier 2013 10:32

Fait divers : le colonel a cru à un coup d’Etat

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Coupdetat NigerSelon l’encyclopédie Universalis, Le somnambulisme consiste en une série de comportements complexes survenant durant un éveil du sommeil lent et profond et se traduisant par une déambulation dans un état de conscience et un jugement altérés. Cela survient plus volontiers dans le premier tiers de la nuit.

Le sujet a les yeux ouverts, présente des difficultés à se réveiller, et se montre habituellement confus au réveil. Il est également le plus souvent amnésique de ces épisodes.

 

Pour simplifier et amplifier, à volonté, les choses, disons juste que le somnambule est une personne qui peut poser des actes durant son sommeil sans pour autant pouvoir s’en souvenir au réveil.

Le 31décembre 2012, date mémorable qui clôture l’année. Date mémorable aussi pour le colonel X qui, cette nuit-là, a servi un fait divers qui ne manquera pas de rester gravé pendant longtemps dans la mémoire des habitants de son quartier. Il faisait nuit et pour profiter de l’ambiance de la fête de fin d’année, le colonel X a installé sa chaise à la devanture de son imposante villa ; c’est que ses trois enfants et madame sont partis au palais des sports pour assister à la soirée ORTN. Le colonel avait gardé sa tenue sur lui et il était assis dans son imposant fauteuil.

Ce qu’il faut noter au passage, c’est que mon colonel est somnambule. Une maladie qui s’est déclarée il y a juste trois ans. Il faisait 23 heures et malgré le froid qui sévissait, mon colonel restait cloué dans son fauteuil. Il voulait assister au retour des membres de sa famille. Soudain, le sommeil le saisit. Sa tête retomba sur les épaules et il plongea dans un long sommeil dont seul lui en avait le secret.

Minuit. Rappelez-vous de cette heure à Niamey, la nuit du 31 décembre. De partout à travers la ville, des pétards géants craquent dans un bruit infernal. Mon colonel, en tenue militaire et un énorme fusil dans ses mains, montait la garde à la devanture de sa maison. Il n’était plus dans son fauteuil mais sur le balcon de sa villa. L’oeil aux aguets, il surveillait les aller et venues des passants. Soudain, il aperçut au loin un véhicule rempli de militaires qui se dirigeait tout droit dans la direction de sa maison. Le comble. Ça y est ! C’est bien ce que pensait mon colonel : un coup d’état ! On est certainement en train d’arrêter les officiers supérieurs et autres cadres de l’armée. Mon colonel se campa d’aplomb et s’arc-bouta à son arme. Lui, il ne se laissera pas faire ; il se défendra et défendra vaillamment l’intégrité de sa maison. Il ouvrit le feu le premier. Une détonation comme les autres bruits de pétards qui pétaradent dans la nuit.

A peine a-t-il tiré son coup de feu, mon colonel relâcha son arme. De l’autre côté, il n’y a pas eu de riposte. Les occupants de la voiture de patrouille ont bien suivi le geste du colonel qui venait de relâcher soudain son arme. Ils se précipitent sur lui et l’encerclèrent. Dans un profond bâillement, mon colonel leur dit : « qu’est-ce que nous faisons ici ? » Au fait, mon colonel vient de se réveiller de son sommeil somnambulique.

Madougouizé.  

05 janvier 2013
publié le 03 janvier 2013
source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Dernière modification le samedi, 05 janvier 2013 11:48