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dimanche, 03 février 2013 06:22

Fait divers : un surveillant en cellule

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Dans un établissement d’un quartier périphérique de Niamey, une simple bagarre entre deux élèves a failli tourner au drame. D’ailleurs le drame ne s’est-il pas produit ? Car, figurez-vous que cette histoire a conduit en prison un vieux surveillant !

La veille d’un mercredi, deux élèves de 4ème se sont violemment battus et, le plus fort a laissé de vilaines cicatrices sur le visage de son camarade qu’il a lézardé de coups de griffes. Le lendemain, alors que le plus fort qui avait commis le forfait était en classe, un petit enfant était venu le demander : « S’il vous plait monsieur, le surveillant demande Boubacar ». Sans hésiter, car cela est fréquent que le surveillant de l’établissement envoie chercher un élève quelconque, le professeur cède à la sollicitation du petit enfant et libère l’élève Boubacar.

Le lendemain, très tôt le matin, une femme d’un certain âge arriva folle furieuse dans l’établissement. Elle criait des injures ; elle s’agitait dans tous les sens en demandant à voir le surveillant de l’école. Le directeur de l’école réussit tant bien que mal à la calmer un peu avant de l’entraîner dans son bureau. Là, elle jura de ne rien dire sans la présence du surveillant. Le directeur insista pour qu’elle parlât mais elle refuse. Au fait, le surveillant est un homme d’un certain âge mais qui a un caractère bouillant comme pas possible. Le directeur savait très bien que si cette dame se présentait face au surveillant dans l’état d’agitation qui la secouait, cela risquait d’occasionner de graves dégâts. Et pas des moindres car malgré son allure frêle et desséchée, le surveillait était un homme encore énergique. Il l’a démontré à maintes reprises en engageant des courses poursuites avec les voyous qui s’aventuraient dans l’école sur des engins. On raconte fort bien que c’était un athlète de taille à son jeune âge. Devant l’entêtement de la dame à voir coûte que coûte le surveillant, le directeur envoya le chercher dans la cour de l’école où il gambergeait tel un chasseur qui ramenait un gros gibier au village. Il arriva et le directeur prit soin de s’interposer entre les deux ; on ne sait jamais car le surveillant à la main facile, très facile pour distribuer des gifles. La dame sortit un papier de son porte-monnaie et le brandit au surveillant qui s’en saisit. Il le parcourut et :

« J’ai fait quoi pour que tu me convoques au commissariat ? ».

La dame n’écoutait plus. Elle fit la moue et sortit sans crier garde. Sidéré, le surveillant s’élança à sa poursuite. Le directeur le rattrapa et lui fit entendre raison : non pas que la femme soit bien musclée mais parce qu’avec une convocation, l’affaire pourrait bien être grave. Alors, convaincu, le surveillant sauta sur sa vieille moto et prit le chemin du commissariat.

La dame n’écoutait plus. Elle fit la moue et sortit sans crier garde. Sidéré, le surveillant s’élança à sa poursuite. Le directeur le rattrapa et lui fit entendre raison : non pas que la femme soit bien musclée mais parce qu’avec une convocation, l’affaire pourrait bien être grave. Alors, convaincu, le surveillant sauta sur sa vieille moto et prit le chemin du commissariat. Une fois arrivé, il trouva la femme assise aux côtés d’un officier de police. Les trois s’installèrent dans un bureau. L’officier de police demanda : « monsieur le surveillant, donc au lieu d’assurer la sécurité de vos élèves, c’est vous-même qui les faites sortir pour les livrer à leurs bourreaux ? ». Le surveillant est pris de cours. Il était à son étonnement quand la dame sauta sur l’occasion : « Oui monsieur le policier ; cet homme donne la permission aux élèves d’aller dans les classes pour sortir les enfants et les autoriser à se bagarrer ! ». C’était de trop pour le bouillonnant surveillant qui n’a pas l’habitude de se laisser malmener sans réagir. Il envoya son poing devant qui atterrit sur un des seins flasques de la bonne dame. Elle lança un cri étouffé et s’écroula sur le bureau de l’inspecteur de police. Ce dernier s’écria : « Voilà qui prouve tout ! Monsieur le surveillant, je suis obligé de vous enfermer ».

A 13H30, l’école ferma et le directeur s’inquiétait. Il appela à plusieurs reprises sur le numéro du surveillant : indisponible. Alors, accompagné d’un enseignant de l’école, il décida de rejoindre le surveillant au commissariat. A son arrivée, on l’informa que le surveillant est enfermé dans une cellule. Scandale. Sur insistance du directeur, on ouvrit rapidement une enquête. Très vite, en fin de soirée, on rétablit les faits : un élève a faussement utilisé le nom du surveillant pour sortir un de ses camarades de sa que des voyous ont intercepté pour le tabasser. Rien que ça. Le surveillant fut libéré mais il a consommé plus de quatre heures de cellule. On le sortit. Le directeur clôtura l’incident : « Je t’ai toujours dit d’écouter les gens avant de réagir ; tu es trop bouillant ». Echec et mat !

Bizo 

3  février 2013
publié le 28 janvier 2013
Source : Canard Déchaîné

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