mercredi, 24 avril 2013 02:20

Fait divers : la Gabdi soutire 20 millions à son copain !

Évaluer cet élément
(1 Vote)

 On l’appelle Gabdi quand elle n’a pas encore atteint un certain stade. Elle devient Gabdi Laalo, GL, quand elle arrive à réunir tous les ingrédients d’une pétasse professionnelle, ce genre de capées en la matière qui se rendent jusque dans les capitales sous régionales pour l’exercice de leur métier. Lomé, Cotonou, Abidjan, Accra, Abuja, ces niaméennes d’une époque en avance sur le temps font aujourd’hui légion dans notre capitale en pleine expansion.

Alors, un conseil : si jamais vous avez à faire à une GL, dites Adieu à votre femme, à votre progéniture et même à vos parents. Rien de bon ne se construit avec une GL, ni ici-bas, ni à l’au-delà. Sandari est un haut cadre de l’administration publique. PDG d’une importante société de la place, Sandari ne manque de rien ni pour mettre sa famille à l’abri de tout besoin, ni pour s’assurer des sorties galantes et hautement onéreuses. Seul hic pour Sandari, c’est qu’il est tombé sur Jamila, JAMI pour ses amies, une GL très courtisée. Et, Sandari n’a eu besoin que d’un tour de main pour s’attacher les services de Jami. Il faisait d’elle ce qu’il voulait. Pourtant, on lui avait annoncé au début que Jami n’est pas prête à tomber dans les mains du premier venu. Dans la ville, elle en a fait baver plus d’un qui se sont hasardés à l’aborder. D’habitude, elle ne met que deux jours, deux petits jours pour sucer et ruiner ses victimes. C’était le cas avec un jeune commerçant qui avait un capital de plus de 10 millions. Selon les dires des gens, Jami l’a envoyé en faillite au bout du troisième jour : elle l’a entraîné dans une capitale de la sous-région où, après deux jours dans un hôtel de luxe, le malheureux n’avait même plus de quoi reprendre l’avion pour rentrer à Niamey. Il avait fait le bus et Jami était rentré en avion. Eh oui, Jami a fini de voyager en bus, même s’il est climatisé.

Avec Sandari, on dirait qu’il a réussi à gris griser Jami. Il banquait très peu d’argent mais Jami ne bronchait pas. Il lui faisait certes des cadeaux après un hôtel mais cela ne dépassait guère 100 mille francs. Somme dérisoire quand on sait les sommes faramineuses que Jami avait l’habitude de prendre à ses prétendants. Sandari se frappait la poitrine, racontant à qui voulait l’entendre ses brillants exploits, ses prouesses pour avoir su dompter Jami.

Un samedi soir, Jami avait rendezvous avec Sandari dans l’hôtel le plus chic de la capitale. Elle précède Sandari et après plusieurs manoeuvres dans la toilette de la chambre qu’ils ont réservée, Jami s’étend sur le lit. Un instant après, Sandari arrive. Il trouve Jami non pas rayonnante comme d’habitude mais un peu terne, le visage rongé par l’anxiété. Quand Sandari demande à s’informer, elle lui fait comprendre qu’elle a sauté la lune, qu’elle est enceinte. Sandari n’en revient pas. Il se met dans tous ses états. Après s’être calmé et mesuré tous les contours du scandale qu’il s’apprête à vivre, il demande à avoir le coeur net. Il exige à ce que Jami fasse un test de grossesse. Elle farfouille dans son sac et lui montre le gadget nécessaire à cette opération. Elle entre dans les toilettes où elle a caché le même gadget qui a servi à effectuer le test sur sa cousine qui est réellement enceinte. Elle ressort avec le gadget qui affiche la couleur qu’il fallait.

Sandari est déboussolé et il ne savait où donner de la tête. Néanmoins, il réussit à bredouiller : « non ! Tu ne peux pas garder cette grossesse. Je perdrais et mon travail et mon honneur vis-à-vis de mes trois femmes ». Eh oui, Sandari a bien trois femmes et cela ne l’a pas empêché de débaucher une autre. Jami fait semblant de résister un temps avant de céder à la proposition de Sandari, les larmes aux yeux, des larmes de crocodile bien sûr. Ainsi, ils décident de se débarrasser de cette grossesse encombrante. C’est à ce niveau que le plan de Jami entre en jeu. D’abord, elle raconte que cette situation lui était arrivée une fois et il a pu s’en sortir au Gabon dans une clinique tenue par un de ses cousins. Un rapide coup de téléphone atteste bien que Jami a un cousin docteur qui vit au Gabon. Pour le coût de l’opération et du séjour à la clinique, le mystérieux cousin demande 4 millions. Le transport de Jami, son séjour de deux mois au Gabon pour reprendre forme, le tout est évalué à la somme de 15 millions ; une somme que le PDG signe illico presto sur son chèque. Plus, il a ajouté un million pour arrondir le chiffre à 20 millions. Trois jours plus tard, Jami s’envole pour Libreville au Gabon. Deux mois pour se la couler douce, au profit de cette grossesse imaginaire. Oh les Gabdi ! Que Dieu nous en garde.

BIZO

24 avril 2013
Publié le 21 avril 2013
Source : Canard Déchaîné

{module 583}