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jeudi, 16 mai 2013 20:21

Fait divers : cette femme a de l’imagination

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Quand une femme se plaint de l’inconduite de son mari, c’est qu’elle manque de ressources. Ce n’est pas moi qui le dis mais Hadiza, une femme qui fait preuve d’ingéniosité à toute épreuve. Cette réflexion, Hadiza la claironne partout où l’occasion se présente à elle d’écouter une de ses amies lui conter des mésaventures qu’elle aurait eues avec son mari.

Pour cette fois, c’est à Dijé que s’en prend Hadiza. En effet, Dijé s’est présentée tôt ce matin chez Hadiza pour lui annoncer, les larmes aux yeux, que son mari a découché. Après avoir écouté son amie, elle lui jure de l’aider à se tire d’affaire de cette situation humiliante.

 

Il était 21 heures ce soir-là quand le cousin de Hadiza retrouve sa cousine. Il était tiré à quatre épingles, dans des habits derniers cris, le fond de la valise. En le voyant « sapé » de cette manière, Hadiza se met à sourire, ravie et convaincue qu’elle ne ratera pas le plan qu’elle est en train de concocter. Après quelques mots taquins lancés à l’endroit de son jeune cousin, Hadiza lui remet 10 mille francs et la clé de sa moto : « Fais attention avec ma moto ; les dix mille c’est pour ce que tu voudras en faire ; mets le paquet cousin, je compte sur toi ».

Idé le jeune étudiant n’a jamais failli à chaque fois que sa cousine lui a confié une tache pareille. Cela fait la 3ème fois qu’il a eu à faire une telle intervention au profit de sa cousine. Dieu merci, cela a toujours contribué à ramener la sérénité dans le foyer de sa cousine qui a eu la malchance d’avoir un mari tourné vers les femmes. En fin de compte, le mari de sa cousine a été obligé de se ranger. Aujourd’hui, Hadiza est une femme comblée, débarrassée finalement des fréquentations hasardeuses et volages de son époux.

Idé ne doute plus de l’efficacité de sa façon de faire. Aussi, c’est avec ferme conviction qu’il gare sa moto à la devanture de chez Safi. Il y entre, salue gentiment les parents avant de demander à voir la jeune fille. Safi arrive, se renseigne sur l’objet de la visite du jeune homme et finit par lui donner un siège. Surprise par le sérieux et même la désinvolture avec laquelle le jeune homme est venu lui déclaré son amour, Safi reste pantoise avant de devenir toute souriante. A chaque phrase lâchée par le jeune homme, elle ne manque pas de sourire. Elle parait sérieusement embarquée. C’est ce moment que choisit un homme apparemment d’un certain âge pour s’annoncer et demander à voir Safi. Mine de rien, Idé se lève, tire un billet de dix mille de sa poche et remet à la jeune fille avant de prendre congé. Elle reste surprise un temps et finit par le raccompagner. Idé saute sur sa moto et s’éloigne.

Garba fulmine sur sa chaise en attendant le retour de Safi qui, pour la première fois, le fait attendre. Et à cause d’un jeune effronté qu’il vient de croiser pour la première fois dans cette famille, chez cette fille avec laquelle il vit depuis deux années sans problème. Les problèmes justement, vont désormais commencer avec l’intrusion de ce jeune homme. Safi, au lieu de revenir dans la maison pour retrouver Garba qui l’attend, choisit de faire un tour chez son amie pour lui raconter cette heureuse surprise qu’elle vient de faire à travers ce beau et généreux jeune homme qu’elle vient de rencontrer pour la première fois dans sa vie. Elle prend tellement de temps qu’à son retour, Garba n’est plus là.

Une semaine plus tard, un samedi soir à 21 heures, Idé atterrit chez Safi. L’accueil est on ne peut plus fastidieux. Au moment où Safi est aux anges avec son nouvel ami, Garba s’annonce. La jeune fille se lève pour le saluer avant de lui déposer une chaise à l’autre bout de la maison. Elle revient continuer son fakarey avec Idé. Las d’attendre, Garba se lève tout furieux et se pointe au chevet d’Idé qu’il se met à menacer. Au lieu que ce soit Idé qui réponde, Safi réagit : « Tu ne peux pas attendre comme je te l’ai demandé ? ». C’était une menace, une humiliation que Garba ne saurait digérée. Il quitte sans dire au revoir.

Dijé l’amie de Hadiza est totalement métamorphosée quand elle raconte à Hadiza les changements intervenus dans son foyer. Elle aurait appris dans le quartier que son mari a été humilié par un jeune homme qui a fini par lui arracher sa copine de toujours. C’est à ce moment précis qu’un jeune homme entre dans la maison. Hadiza dit : « regarde bien ce jeune homme ; c’est mon cousin Idé ; c’est le tombeur de ton mari. ». Les deux femmes partent dans une grande hilarité. Qui a dit que les femmes ne sont pas ingénieuses?

Madougouizé 

16 mai 2013
Publié le 14 mai 2013
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Dernière modification le jeudi, 16 mai 2013 20:30