mardi, 21 mai 2013 18:00

Fait divers : quand deux filles ‘’violent’’ leur professeur…

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 Quand Taher s’est engagé comme contractuel de l’enseignement secondaire, il voulait parallèlement à son année de Master trouver une activité qui lui permettrait de se faire un peu d’argent ; pour joindre les deux bouts, comme on dit. Et Dieu seul sait combien les deux bouts du mois de Taher sont très éloignés l’un de l’autre ! Des mois souvent de 40 à 50 jours.

Autre motivation pourTaher, la plus grande peut être, le jeune homme voulait faire preuve de patriotisme en aidant ses jeunes frères à acquérir un niveau conséquent en Physique-Chimie, une matière dans laquelle les élèves ont énormément de difficultés ces derniers temps.Taher s’est donc retrouvé dans un CEG de la place comme professeur de Physique Chimie avec deux classes de 3ème et une classe de 4ème.

 

C’est justement dans cette fameuse classe de 4ème que Taher va vivre une expérience tumultueuse. Il faut signaler que Taher est un jeune homme dans la fleur de l’âge. A peine 24 ans, un physique enviable et un look très chic, comme le lui a fait comprendre Hadiza, une des élèves de la classe. Hadiza, tout a commencé par elle. C’est une fille effrontée dans son genre, libérée et qui n’a pratiquement pas froid aux yeux. Taher l’a compris quand il n’a su par quelle osmose la jeune fille était arrivée à avoir son numéro de téléphone. Au tout début, il recevait des messages très tendancieux sans jamais comprendre de qui ils venaient. Il savait juste que ces messages venaient d’une jeune fille qui lui faisait ouvertement une déclaration d’amour. Il n’avait pas répondu au 1er message et d’autres plus précis, plus significatifs avaient suivi. On louait sa beauté, son charme, son élégance, allant jusqu’à apprécier sa démarche et son sourire. Non, Taher ne pouvait pas se tromper, il avait à faire à une admiratrice enflammée qui ne reculait devant rien pour lui témoigner son amour. Aussi, quand son admiratrice lui proposa un rendez- vous, il répondit favorablement et se rendit au lieu indiqué dans le SMS. Grande fut la surprise de Taher d’être en face de Hadiza. Au début, il voulut se rétracter et changer de direction, histoire de cacher son rendez- vous galant à sa jeune élève. Ce n’est quand même pas bien pour un enseignant qui se respecte de se faire surprendre par ses élèves en pleine scène d’amourette. Hadiza l’en dissuada et, avec l’élan entreprenant de ses SMS, elle lui fit savoir qu’il s’agissait bien d’elle. Taher n’en revenait pas. Il était à de martyrisantes réflexions quand la jeune fille le tira de sa torpeur : « monsieur, je suis plus belle que Mariama ; il faut la laisser tomber ; elle a trop de copains ; c’est moi qui vous aime beaucoup ; je ne peux même pas suivre vos cours normalement quand vous êtes en classe ». Face à la sagacité dont fait preuve Hadiza, Taher comprit que la jeune fille était résolument engagée et la rejeter risquerait de provoquer une grande frustration qui l’amènerait à ériger « un mur » comme on dit en psychopédagogie. Alors, Taher l’accompagna dans son élan. Cependant, il ne manqua pas de lui poser la question de savoir qui est cette Mariama à laquelle elle faisait allusion. Avec un sourire naïf et innocent, Hadiza renchérit : « Hé Monsieur ; tout le monde sait dans notre classe que vous êtes le copain de Mariama la responsable adjointe ; elle raconte partout que vous sortez ensemble ». C’en était de trop pour Taher. Il expliqua à Hadiza qu’absolument rien ne le liait ni à Mariama ni à aucune autre fille de l’école. Plus, il fit comprendre à elle-même Hadiza qu’il est son enseignant et qu’il serait dangereux et pour elle et pour lui d’entretenir une relation amoureuse avec elle. Néanmoins, il lui tint ce discours : « Merci beaucoup Hadiza pour ta décision de vivre une aventure amoureuse avec moi. Saches que tu es comme une soeur pour moi et je ne veux pas que quelque chose vienne perturber tes études. Accroche- toi d’abord à tes études ; le reste peut venir après, avec moi ou avec un autre ». Hadiza sourit et prit congé de Taher. Episode ou incident clos. Eh oui ; épisode clos pour Taher, non pas pour Hadiza qui, de tout le discours tenu par Taher, elle ne retint que les derniers mots : « avec moi ou un autre ».

Le lendemain à l’école, Taher passait à la 3ème heure dans la classe de Hadiza. Il porta au tableau le sujet du devoir qu’il avait programmé. Après avoir distribué les copies, il se mit à circuler entre les rangées de tables pour dissuader les éventuels tricheurs. Au moment où il arriva à la table de Hadiza, elle retourna son avant-bras qu’elle exhiba sous les jeux ahuris de Taher : il y avait un tatouage d’un coeur percé par une flèche ; à l’intérieur du coeur, il y avait son nom et celui de la jeune fille. Hadiza leva les yeux sur Taher avec un sourire des plus tendres sur le visage. Soudain, un mitsuiii sonore vint de derrière lui. Il se retourna et surprit le regard rageur que Mariama posait sur Hadiza. Il comprit la situation et très vite, il s’éloigna de la table de Hadiza. A la fin des épreuves, il convoqua les deux jeunes filles au laboratoire de l’établissement, un endroit discret où il avait l’habitude de faire ses expériences. A peine entrée dans le laboratoire, les deux jeunes filles se mettent à se lancer des invectives, des injures fortes et ouvertes. Taher s’interposa entre elles au moment où déjà elles se lançaient l’une sur l’autre, les griffes dehors. Dans leur élan, les deux jeunes filles bousculèrent Taher qui perdit ses appuis et se retrouva à terre. Elles le retrouvèrent et le clouèrent au sol. Taher se débattait de toutes ses forces pour se tirer de la mauvaise posture dans laquelle il s’est malencontreusement retrouvé. En vain. Des élèves puis des professeurs accoururent. Même le directeur de l’école finit par arriver. Deux jeunes professeurs réussirent à détacher d’abord Hadiza qui était sur Mariama qui elle était sur Taher qui lui était directement en contact avec le sol.

Le lendemain sur le tableau d’affichage de l’école, une main effrontée avait osé une caricature des plus burlesques. En gros titre, il y était marqué : deux élèves filles violent un professeur.

BIZO

21 mai 2013
Publié le 20 mai 2013
Source : Le Canard Déchainé

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Dernière modification le mercredi, 22 mai 2013 05:31