vendredi, 24 mai 2013 14:29

Fait divers : le responsable d’une société de la place a failli laisser sa peau sur l’axe de l’infidélité

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A quelques encablures de la soixantaine, Rabiou refuse de raccrocher. Pour lui, les bonnes choses n’ont pas de fin. Pour lui, c’est l’homme qui a peur, sinon, il n’y a rien. Mais, la vraie vraie peur, la peur bleue au sens propre du terme, il ne va pas tarder à la croiser, sur justement le chemin des bonnes choses.

 

L’appétit vient en mangeant, a-t-on coutume de dire. Mais vraisemblablement, celui de Rabiou a pris du temps à venir. Et quand il est arrivé, bonjour les dégâts. Responsable d’une société étatique de la place de Niamey, notre monsieur est plus connu pour ses frasques que pour son travail, d’où son célèbre sobriquet de « tireur d’élite ». Allez y comprendre le sens. A quelques encablures de la soixantaine, Rabiou trouve assez d’énergie jusqu’à en revendre. Avec à son palmarès cinq mariages, il a pratiquement passé sa vie d’adulte avec au minimum deux épouses en fonction sans compter quelques « 2èmes bureaux » qui ont agrémenté sa vie de fonctionnaire. Donc, on peut dire qu’il a beaucoup emmagasiné dans sa vie au point de retirer sa révérence. Bien au contraire, avec l’âge, Rabiou va se découvrir des formidables talents de séducteur. Le retour de Casanova sur terre ! Si autrefois, il arrivait à faufiler discrètement dans la ville de Niamey sans se faire remarquer, depuis que le monde est devenu village planétaire, la capitale du Niger est devenue trop petite où du quartier Aéroport, on peut apercevoir les coins et recoins obscurs du quartier Koiratégui, humer l’odeur du parfum de la gabdi de la Rive droite et entendre les « cochonneries » de « La Croisette ». Pour Rabiou, il faut donc aller à la découverte des endroits plus discrets. Il choisit donc d’exporter son talent vers la capitale de la région du fleuve où d’ailleurs le temps peut paraître plus clément et où les populations sont sans doute portées vers le fleuve, sa fraîcheur et son poisson. Aussi, chaque semaine, ficelle-t-il bien son programme et sa programmée du week-end. Vive la belle vie, la mort n’est qu’une invention, tel semble être le slogan de « tireur d’élite ». Du moins jusqu’à ce jour du dimanche 19 mai 2013 où il fait la rencontre de l’ange de la mort sur l’axe de l’infidélité. La terre va se fâcher contre la voiture de Rabiou aux environs de 22h, au retour. Les deux âmes pécheresses vont se retrouver sous la voiture complètement « mélangées ». Heureusement plus de peur que de mal. Toutefois, pour Rabiou, c’est la plus grande peur de sa vie. Car jamais, il n’a vu la mort de si près et la honte au bon milieu de sa tête. Il aurait fallu toute une gymnastique pour les dégager de la voiture. La vraie version des faits (sa mésaventure avec sa maîtresse) ne tardera pas à arriver aux oreilles de ses deux épouses. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il pense être le seul dans sa famille à détenir son secret alors que chaque soir femmes et enfants le regardent en train de délirer et de débiner des sottises du genre : « Il y avait des trous noirs partout. Je crois que j’ai aperçu les portes de l’au-delà. » La porte de l’enfer, oui ! Dans l’espoir que cet incident change les idées de Rabiou. Une chose est sûre, il prendra du temps avant de retrouver la forme de son 5ème membre. Car la mort et le plaisir sont deux choses qui ne veulent pas se sentir.

24 mai 2013
Publié le 22 mai 2013
Source : Le Courrier

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Dernière modification le vendredi, 24 mai 2013 14:38