vendredi, 29 novembre 2013 06:37

Fait divers : le Vieux a failli faire main basse sur la clef de la moto

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Entre les amis, on l’appelle affectueusement « Le Vieux », histoire de lui témoigner du respect pour son âge et aussi pour la sagesse dont il est dépositaire. Et, en réalité, depuis qu’il a effectué le voyage en terre sainte de l’islam, le Vieux s’est réellement rangé, abandonnant toutes les turpitudes de sa vie passée ; et Dieu sait combien de bordes et de gaffes il en a commises au grand dam de toute préséance. Le Vieux est devenu à présent un sage homme, très respecté par son entourage.

Pour moi, c’est tout simplement « Na songhaï », comme pour dire que c’est un ressortissant du fond Songhaï, un cousin émérite pour moi que je ne ménage guère et cela malgré son séjour en terre sainte. Ce n’est ni de l’effronterie ni un manque de considération pour le vieux mais une marque de cette richesse dont le peuple nigérien est dépositaire par excellence : la parenté à plaisanterie. C’est dire que ce fait divers est une histoire que nous avons réellement vécue, au grand dam des détracteurs qui passent tout leur

temps à critiquer et à vilipender les créateurs sans jamais proposer autre chose. C’est le propre du nigérien de détruire sans pour autant proposer quelque chose de réellement constructif. Chers lecteurs, sachez qu’un fait divers est juste une histoire, réelle ou pas, maquillée par l’ingéniosité des créateurs, juste pour vous servir, pour vous aider à rompre d’avec la monotonie de votre vie. Ce n’est donc point une école de savoir qui obéit à un académisme quelconque. Nous voulions juste demander la compréhension et la tolérance de certains internautes qui passent tout leur temps à traîner dans la boue les petites historiettes des autres. Soit.

Na Songhaï s’est levé de mauvaise humeur en ce jour. Enseignant de carrière, il était loisible de remarquer ce comportement car il a passé les deux premières heures à vociférer sur ces élèves ; quand vous voyez un enseignant se mettre en colère, c’est pour deux choses : ou il ne maîtrise pas sa matière, ou il a été piqué à la maison par qui vous savez. Et pour mon ami Na Songhaï, c’est la deuxième hypothèse qui tient car… ne m’obligez pas à dévoiler le calvaire de mon cousin qui a du mal à dompter une de ses soeurs du Songhaï qu’il avait prise pour épouse. On dit des femmes Songhaï qu’elles sont as en la matière. Soit.

Après ses deux heures, Na Songhaï était parti se reposer dans la salle des professeurs. Là se retrouvent les professeurs, les collègues pour échanger ou sur les anecdotes vécues en classe ou sur des perspectives pédagogiques. Ce jour là Na Songhaï arriva et ne dit mot à ses collègues. A une question que je lui posais, il s’était renfrogné, comme pour dire qu’aujourd’hui ça avait chauffé à la maison. Il lisait un livre de sa matière, le nez plongé dans les lignes. C’était alors que je m’étais approché de lui et… je remarquai qu’il tenait le livre à l’envers. Pour ne pas frustrer mon cousin, je me penchai à son oreille pour le lui faire observer. Humilié et blessé dans son amour propre, il sortit précipitamment, non pas pour aller en classe mais direction la maison : certainement pour aller répondre à cette effrontée qui l’avait secoué.

Midi 30. Bachard avait fini son cours et il s’apprêtait à prendre sa moto pour rentrer à la maison. Bachard avait cherché dans sa classe, dans la salle des profs, au laboratoire, partout il avait cherché les clés de sa moto sans succès. Il se résolut à appeler un de ses cousins pour lui ramener la clé de secours. C’était à cet instant un déclic se produisit dans ma tête. J’avais vu Na Songhaï s’asseoir à la place où Bachard était assis. Quand je fis la remarque, personne ne voulut me croire. Pourtant, un simple coup de fil acheva de convaincre tout le monde. Bachard revint, un bandage sous le menton. Il se confia à moi : « Elle m’a mordu ». Je lui dis : « Et la clé de Bachard ? ». Il répondit ; « J’ai oublié et je l’ai fourrée dans ma poche ». Les gens à côté éclatèrent de rire. Sauf moi qui compatissait au traumatisme de mon cousin.

Madougouizé

29 novembre 2013
Publié le 27 novembre 2013
Source : Le Monde d'Aujord'hui

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