mercredi, 18 décembre 2013 22:05

Fait divers : un deuil imposé à la FrançAfrique

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On a coutume de dire que « le linge sale se lave en famille » et c’est certainement cette sage préoccupation qui a guidé tant Papa Hollande que ses « Fils », nos présidents sous le joug de la FrançAfrique, pour convoquer une rencontre, un sommet qui avait au départ pour ordre du jour « La sécurité en Afrique subsaharienne ».

Le six décembre donc, les fameux Champs Elysées recevaient les fameux chefs d’état africains sous la houlette du fameux Hollande, Président de la fameuse mère patrie la France. Décidément, tout est fameux à la FrançAfrique, sauf bien sûr la fameuse objectivité. Ce matin donc, en maître absolu sous le régime despotique de la FrançAfrique, Hollande était planté au seuil de l’entrée principale de la salle de réunion des champs Elysées. Il procédait à l’appel et les autres se suivaient en répondant « Présent Papa ». On appela Boni, Eyadéma, Bongo….etc. Au tour de notre président, il répondit : « présent Papa… euh…je demande la permission d’annoncer à mon peuple le décès de Mandela et lui demander d’observer un deuil d’une semaine ». Surpris, Hollande acquiesça de la tête. Tour à tour, tous les enfants répondirent présent à l’appel de leur papa et allèrent prendre place à l’endroit qui leur avait été réservé.

 

On ne sut par quelle osmose Papa Hollande prenait un temps fou à se présenter face à ses enfants. De leurs côtés, les enfants affichaient, chacun en ce qui le concerne, un air chagriné, totalement abattu par on ne sait quel événement. Ils se penchaient l’un à l’oreille de l’autre pour se chuchoter des paroles inaudibles mais certainement chargées d’émotions ; car les visages à chaque fois devenaient de plus en plus sombres à chaque fois qu’il le révélait au public. C’était émouvant, très émouvant. Arrivée tonitruante de Papa Hollande, précédée par on ne sait quelle calamité ; c’était une de ces femmes qui se croyaient fortes, influentes et incontournables, allusion faite à : « Les Femmes Savantes ». Elle précédait Papa et balayait des yeux les petits enfants d’un regard en coin, un de ces regards enseignés à l’école coloniale : il faut fixer le nègre dans les yeux et ne jamais les rabaisser ni cligner avant que lui ne le fasse ; il est trop susceptible le nègre et si jamais il vous domine par le regard, il vous prendrait pour faible et vous ne pouvez plus rien obtenir de lui ; en tout cas pas son obéissance. La Mamie dégommée déposa sur la table de Papa Hollande l’attaché-case diplomatique et se rangea à sa droite, juste à l’endroit d’où elle pouvait se pencher à son oreille pour qu’à chaque fois que cela s’impose, lui murmurer des éléments de réponse à une de ces questions ambiguës et mêmes déroutantes dont sont spécialistes certains enfants de Hollande. Eh oui, parmi eux, il y a une génération d’effrontée qui a vu le jour depuis l’avènement d’un certain Sankara. Il est parti mais il a laissé un riche héritage aux présidents africains désireux d’en découdre avec la FrançAfrique.

Soudain, la Mamie au regard perçant perçoit un brusque geste de la main, un échange entre deux mains, d’un enfant à un autre : ils se passaient une information d’un président à un autre. Elle se leva tel l’éclair et de façon discrète, « Ordre du jour : MANDELA ». Hollande comprit arracha le bout de papier. On y jeta un coup d’oeil : « Mandela » ou rien. Elle secoua la tête et comprit la donne ; ainsi, ces petits enfants de Hollande veulent changer l’ordre du jour de la rencontre. Elle se précipita vers son patron qui s’apprêtait à prendre la parole et lui murmura à l’oreille : et afficha un sourire débonnaire avant de lâcher : « Bonjour, notre ordre du jour est : hommage à Mandela ».

Madougouizé 

 

18 décembre 2013
Publié le 17 décembre 2013
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Dernière modification le jeudi, 19 décembre 2013 09:05