mardi, 04 février 2014 22:08

Fait divers : une folle pas comme les autres

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Chez nous en Afrique, les faits sont souvent inimaginables, très proches de la fiction romanesque. En effet, ce que le Blanc raconte sous fond de tergiversations fictionnelles, nous en Afrique, nous le racontons tel ; rien que notre quotidien est une véritable fiction. Suivez plutôt l’histoire de Safiya.

 

Safiya est une folle qui habite un des quartiers de la Rive Droite. Quand nous disons folle, il faut peut être relativiser car cette folle n’a rien perdu de ses atours féminins. Pouponne, voluptueuse, Safiya fait en réalité rêver n’importe quel mal. On raconte que cette grâce fut à l’origine de sa folie. En effet, elle contracta cette maladie suite à un sort jeté sur elle par un prétendant vis-à-vis duquel elle s’était montrée un peu arrogante ; c’est le péché des femmes belles et voluptueuses. Depuis ce malheureux acte, Safiya avait perdu la raison et elle erre à travers les rues en prononçant des paroles incompréhensibles. Cependant, tout en Safiya restait intact, surtout qu’elle vivait en famille où ses soeurs lui faisaient prendre un bain deux fois par jour, quelque soit la période de l’année. Dans le quartier de Safiya vivait un grand El hadj nommé Hamado, un de ces riverains « civilisés » qui ont élu domicile à Nia- mey pour de bon. Cependant, Hamado est resté collé à la tradition et dès qu’il a un temps libre, il descend dans son Wanzarbé natal pour prendre conseil auprès de ses frères. C’était lors d’une de ces descentes qu’on lui avait recommandé de s’attacher le service d’une folle, de coucher avec une folle. Chose facile, se dit-il car sa maison voisinait avec celle de Safiya et, avec sa voiture aux vitres fumées, il lui était facile de ramasser la belle dame et d’assouvir ses desseins. Chose faite. Un soir, en sortant de chez lui, il trouva Safiya adossée à sa voiture. Personne dans les environs. Il ouvrit la portière et la poussa à l’intérieur. Hamado ne s’arrêta qu’à plus de 50 kilomètres de Niamey, dans une brousse naissante. Le soleil disparaissait à l’horizon quand Hamado acheva de poser son acte. Il ramena Safiya et la déposa loin de la maison.

Neuf mois plus tard, le quartier était réuni pour célébrer le baptême de l’enfant de Safiya. Après la fatiya dite, les commentaires allaient bon train entre les sages du quartier. Surtout, Hamado était le plus en colère contre ses hommes inconséquents qui s’attachent le service d’une folle. Il jura de mener une enquête et de faire châtier l’homme qui n’aurait pas retenu sa braguette contre cette folle innocente.

BIZO

 

04 février 2014
Publié le 03 février 2014
Source : Canard Déchaîné

{module 583}

 

Dernière modification le mercredi, 05 février 2014 09:07