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lundi, 03 mars 2014 20:48

Fait divers : Les Choses de Monsieur sont dehors

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Habi est un de ces jeunes enseignants sortis tout fraîchement de l’Ecole Normale. Comprenez alors quel genre de type est Habi. Issu du double flux, Habi a aussi croisé sur son parcours scolaire toute une série de ces années qu’on ne saurait définir avec exactitude.

Une semaine de cours, une autre de débrayage des scolaires suivie de celle des enseignants dont il faut distinguer les contractuels et les titulaires, cela fait un peu trop de vide pour former un intellectuel plein. Habi est tout simplement un fruit incomplet, un de ceux-là qui ont du mal à construire une phrase à la syntaxe correcte. Il avait marchandé son BEPC et s’est frotté à quatre reprises au BAC, 2 fois le BAC D et 2 fois le BAC A sans succès. Il s’est résolu alors à rejoindre l’école de formation des assassins de nos progénitures. Comprenez là aussi que ces petits cerveaux qui cherchent refuge dans les écoles professionnelles ne sont en réalité que des ‘’ratés’’ de notre système éducatif qui reviennent après une ou deux années pour soit disant encadrer nos petits enfants. A l’école normale où ils sont admis, les encadreurs n’ont jusqu’à présent pas compris que ce genre de ‘’racailles’’ ne peuvent pas supporter l’enseignement ni de la pédagogie en termes théoriques ni celui de la psychopédagogie, deux matières pourtant fondamentales pour tout enseignant. En effet, qu’est-ce que ces ‘’ratés’’ peuvent réellement comprendre des articulations quasi philosophiques de ces matières, eux qui ont du mal à saisir le sens d’une simple phrase d’un texte de récit. Ces gens ont réellement besoin de syntaxe, d’apprendre comment construire des phrases et comment même parler correctement le Français.

Habi est un de ceux-là. Un jour, il s’est réveillé de très mauvaise humeur. La veille, il avait passé la moitié de la nuit à chercher le mot « pourchassasse » dans le dictionnaire. Il avait mis sens dessus dessous le Robert sans retrouver ce mot qu’il a rencontré dans un texte qu’il devait étudier le lendemain. Il s’était endormi avec ce mot qui sonnait fort dans sa tête et au réveil, il n’avait que ce mot à l’esprit. Arrivé à l’école, il se confia à son directeur qui, lui aussi, lui promit de chercher dans le dictionnaire. Déçu, Habi regagna sa classe, dans l’espoir qu’un enfant indélicat ne lui demandât d’après ce mot qui peut-être n’existe même pas dans la Langue de Molière. (Un adage de chez nous dit que le petit savoir est un danger pour qui le possède).

Habi entra en classe le visage froissé d’humiliation. A peine eut-il déposé son sac sur le bureau qu’un jeune élève s’aperçut d’une anomalie dans l’habillement de son maître. Idi était le seul à remarquer la braguette du pantalon de monsieur était ouverte et, les choses étaient franchement dehors car il n’y avait rien pour les cacher. Scandalisé, Idi promenait son regard du pantalon à monsieur, dans l’espoir que la maître s’aperçoive de l’anomalie. Rien. Après s’être assuré qu’aucun des élèves dans la classe n’a découvert l’anomalie, Idi s’est levé pour aller vers son maître. Il croisa les bras comme s’il demandait une permission. Tout, ne se faisant entendre que par le professeur, il lâcha : « s’il vous plait monsieur les fo… de monsieur sont dehors ». On évite de compléter le «..rou » du mot pour ne pas blesser les âmes sensibles. Le « pauvre » Idi, il ne maîtrise pas le nom de ces choses en Français. Soudain, Habi se retourna et porta la main à son pantalon. Il releva sa braguette pour protéger ces choses qui étaient dehors depuis le matin. Le lendemain à l’école, une vague de tumulte y sévissait. Le père d’Idi protestait contre le renvoi de son enfant que le maître accusait de lui avoir manqué de respect. Comme quoi, il n’y a pas que la baisse de niveau qui mine nos maîtres ; il y a aussi le déficit de discernement.

BIZO  

04 mars 2014
Publié le 03 mars 2014
Source : Le Canard Déchaîné

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