lundi, 27 octobre 2014 14:33

Faits d'ivers : Les beaux jumeaux de Hamado

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Bebe jumeauxHamado est un père heureux. Sa femme vient de lui donner un joli bébé le samedi. Le baptême prévu normalement pour samedi veille de la fête de Tabaski a été astucieusement déplacé par mon cher cousin pour le dimanche ; comprenez que cela coïncidait avec la Tabaski ; cousin n’aurait alors qu’à sacrifier un seul mouton.

 Pour parer à toute éventualité, surtout à ces griots qui circulent de maternité en maternité pour s’informer de la date des cérémonies de baptême, Hamado a collé un écriteau à la porte de la chambre de la maternité où séjournait Gambaro l’heureuse mère. Parallèlement, Hamado a vite fait de sauter dans le premier télé centre pour se faire confectionner des cartes d’invitation. Sur chaque carte, il y avait marqué en gras et en majuscule « le baptême auquel vous êtes cordialement invité aura lieu LE JOUR DE LA FÊTE DE TABASKI » ; Hamado s’en fichait de mentionner la date ; le jour de la Tabaski est une référence certaine.

Le lendemain, Gambaro s’apprêtait à quitter la maternité quand de vives douleurs au ventre l’immobilisèrent au lit. La sage femme prolongea son séjour. Rentré à la maison, Hamado fut surpris de ne pas trouver Gambaro. Il entra dans tous ses états, téléphona à la maternité et cracha sa bile sur la sage femme. Il finit par se rendre à la maternité où la sage femme lui expliqua que c’était pour la sécurité de son épouse et de son enfant qu’elle avait pris la décision de les garder pour 24 heures.

Chez Hamado, le mouton qui devait servir pour le baptême et aussi pour la fête de Tabaski bêlait sans cesse, heureux certainement d’être sacrifié pour une cause juste ; il parait que chaque animal nourrit cet espoir, celui d’être égorgé pour un baptême ou la Tabaski. Hamado ne cessait de remercier Dieu pour cette facilité qu’il lui a donné ; un seul mouton au lieu de deux. Surtout que même pour cet unique mouton, Hamado s’était endetté auprès d’un usurier qui le lui avait vendu à 200 mille. Certes c’était un vrai gros mouton ; cependant, 200 mille, c’était trop. Hamadou en était conscient mais le pauvre ne pouvait faire autrement. Six jours que Gambaro était toujours gardée à la maternité. Hamado n’en pouvait plus. Les charges s’accumulaient. Samedi veille de la fête et aussi veille du baptême de l’enfant. Hamado s’était rendu au Grand Marché chez un commerçant véreux où il négociait un sac de riz. Au bout de chaudes discussions, il obtint le sac à 30 mille francs, payables en deux mensualités.

Hamado arrivait chez lui quand un coup de téléphone lui demanda de se rendre urgemment à la maternité. Il enfourcha son vieux vélo, manquant de se faire écraser à plusieurs reprises par les taximen surexcités en cette veille de fête. Il s’introduisit dans la chambre de sa femme sans crier garde. Il fut accueilli par un large sourire de Gambaro encadrée par deux jolis bébés. « Taway tawassa baaba », lança Gambaro en direction de son époux. Hamadou s’écroula ; vite, la chambre de réanimation !

BIZO

 

Dernière modification le lundi, 27 octobre 2014 15:39