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lundi, 27 octobre 2014 14:44

Fait divers : La chèvre de l’enseignant a mangé…

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Chevre NigerLes moyens mis à la disposition des administrations scolaires cette année pour la rentée ont soulevés souvent de gigantesques polémiques. Pour les uns, les fournitures scolaires sont très suffisantes cette année. Pour les autres, là n’est pas la question car l’encadrement pour utiliser ces fournitures à bon escient fait défaut.

 

L’un dans l’autre, il faut dire que quelque part, un jeune administrateur scolaire a tenté en vain de jouer à « la chèvre mange là où elle est attachée » ; mal lui en a pris car il s’est retrouvé devant les autorités policières de sa commune.

Garba a été nommé tout récemment directeur d’un établissement secondaire, un CEG comme cela s’entend. Inexpérimenté et de surcroît orgueilleux, il n’a pas jugé utile de prendre conseil auprès de ses aînés. Une semaine avant la rentrée, il avait enregistré l’arrivée de milliers de cahiers dans son établissement. Devant ce qu’il a considéré comme une aubaine, Garba a décidé de n’en faire qu’à sa tête. Alors, il se mit à faire les comptes. Son établissement compte 1770 élèves. Garba s’était dit qu’il devait économiser 5 cahiers sur chaque élève, ce qui revenait à 8850 cahiers de 300 pages qu’il mettrait de côté pour son business. Il s’attacha le service d’un libraire véreux qui lui reprenait le cahier à 400 francs pour les revendre lui à 600 francs. Tout calcul fait, Garba s’était retrouvé avec la rondelette somme de 3.540.000 Francs que le fameux libraire lui avait versée cash.

 

Le compte était bon pour le fameux directeur qui s’empressa d’acheter un véhicule à hauteur de 2 millions ; que voulez-vous ? Ce n’est quand même pas tout à fait normal un directeur sur une vieille moto qui crachote à tout bout de chemin.

 

Une semaine après la rentrée, partout on louait les efforts des autorités en charge de l’éducation pour les efforts accomplis en matière de fournitures scolaires, les cahiers notamment. Des directeurs d’école témoignaient sur les ondes du nombre de cahiers que les élèves avaient reçus par niveau. Un administrateur scolaire est allé jusqu’à demander aux élèves qui se sentiraient lésés dans la distribution de réclamer ce qui est désormais « leur dû ».

 

Voilà la puce qui glissa à l’oreille de Mounkaïla, un jeune élève de 3ème dans l’établissement de Garba. De plus, Mounkaïla a su que dans les autres établissements publics, les élèves de son niveau avaient eu le double de ce que ceux de son établissement avaient reçus. Il tenta d’en parler à son responsable de classe qui lui savoir qu’il n’en savait rien. Il se rabattit sur le surveillant de l’école qui le menaça même d’exclusion si jamais il répétait une telle indélicatesse.

Frustré, Mounkaïla se retira sans crier garde. Cependant, il avait sa petite idée en tête. Un mercredi matin, au commissariat du11ème Arrondissement, il y régnait une fébrile agitation. Un groupe de dix élèves attendaient l’arrivée des autorités régionales de l’éducation. Dans une cellule, le directeur Garba lui aussi attendait la même chose.

 

A l’heure où je vous raconte cette histoire, Garba officie comme directeur dans un établissement secondaire de l’intérieur du pays.

 

La chèvre a mangé là où elle est attachée ; cependant, elle a été protégée par la politique !

 

 

Dernière modification le lundi, 27 octobre 2014 15:51