Idées et opinions

 La pandémie du coronavirus ébranle le monde, bouscule les habitudes, change les modes de vie, instaure l’isolement, cultive la méfiance de l’un vers l’autre, restreint la mobilité, impose le confinement. La science est prise de court, et n’a plus que ces conseils pour protéger le monde dans lequel le ‘’virusninja’’ a créé la psychose et partout, l’on ne rencontre que des hommes et des femmes qui ont pris peur, anxieux d’apprendre chaque matin par la radio et la télévision que la pandémie avance, que des cas nouveaux sont enregistrés, que des morts sont enregistrés. Le monde tâtonne pendant que le covid 19, sûr de sa puissance avance, impose au monde ses bilans macabres.

Mais la science, celle-là même que nous avons crue ultra-moderne, tâtonne, hésite, doute, manque de courage de décision. Le monde scientifique, depuis des semaines se confine dans les laboratoires, cherchant pour nous, le remède ou le vaccin qui sauvent. Pourtant, elle connait bien le virus car elle a suivi ses mutations ; les virologues ayant cerné la petite bête dans toute sa configuration animale. Mais du mal dont il est capable pour l’homme, elle ne connait que des symptômes, un diagnostic à poser, non un traitement curatif à administrer pour débarrasser les hommes de leurs horribles souffrances auxquelles il les soumet. Aussi, si le coût de la pandémie peut se chiffrer en vies humaines emportées ou martyrisées, il faut aussi et surtout souligner que dans un monde secoué partout par une crise économique profonde, l’autre conséquence de la pandémie, par les charges imprévues qu’elle impose au monde et aux Etats, est la fragilisation d’économies exsangues, la mise à sac d’économies moribondes avec des populations qui vivent, dans des parties importantes du monde, dans le dénuement total, au jour le jour. Quand on voit les sommes colossales que les pays développés injectent dans la « guerre » contre le coronavirus, l’on ne peut que s’inquiéter pour une Afrique aux moyens modestes et aux systèmes de santé précaires.

Mais alors qu’ici et là, en France, aux USA, en Chine, en Russie, presque partout dans les pays développés, l’on ne parle que de recherches sur le virus, que fait l’Afrique qui devrait, depuis l’annonce de l’apparition du virus en Chine, être sur ses gardes, pour prendre ses précautions pour s’éviter le pire. Mais elle ne l’a pas fait. Elle a cru peut-être que le mal état loin d’elle, et surtout que, peutêtre, les pays très avancés pourraient vite trouver la solution médicale pour sauver le monde d’une possible pandémie que le virus pourrait provoquer dans le monde. Tenue par ses complexes, l’Afrique – du moins une partie – ne pouvait pas penser qu’elle puisse être capable de porter et de mêler sa voix dans les débats scientifiques en cours dans le monde et faire valoir l’expertise avérée de ses savants dans le domaine médical. Au lieu de cette attitude qui l’anoblit, cette Afrique-société-deconsommation n’a eu que la même vile et humiliante attitude qui consiste à lancer un appel aux donateurs, eux-mêmes pris au piège de la maladie, pour leur demande, “don Allah” de leur donner de l’argent – des milliards et des milliards – pour faire face chez elle à la pandémie. C’est triste. Quand l’Afrique, par ses dirigeants, finira-t-elle par être responsable pour s’assumer ?

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