Idées et opinions

 Amères vérités : Grâce à quoi et à qui Mahamadou Issoufou a réussi à faire libérer des otages occidentaux, la première fois, moins de trois ans après son accession au pouvoir ?Mahamadou Issoufou est décidément un chef d’Etat atypique. Il a, en moins de deux mandats, arrachés au forceps, tenu son pari de faire ce qu’aucun autre, avant lui, n’a fait. Il bénéficie d’une économie assainie, avec des réserves financières appréciables à la Bceao, il la coule en moins de cinq ans. Il bénéficie d’un climat social apaisé, le perturbe au point où le Niger a frôlé, à maintes reprises, la tragédie. Il trouve une justice plus ou moins respectable, il la pollue au point où la justice est confondue à un bras armé du régime. Le climat politique ? Il n’a jamais été autant corrompu que sous la 7e République et le rapport du Fonds monétaire international (Fmi) est sans ambiguïté là-dessus. Quant à la sécurité, on ne peut dire que le Président Issoufou est un artisan de la paix. Récemment, on ne sait plus dans quel dessein, il a déclaré, dans les colonnes de Jeune Afrique, que Kidal est une menace pour la sécurité intérieure du Niger » et qu’ils ne peuvent pas continuer à fermer les yeux sur le statut actuel de cette localité malienne. N’ayant pas eu peut-être les échos recherchés dans cette déclaration tapageuse qui transgresse les règles du langage diplomatique, fait de tact et de discrétion, il va à Bamako et profère les mêmes propos devant le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Il a si martelé ce que certains appellent ses vérités qu’il a suscité une vague d’indignation vers Kidal, et en fin de compte l’échec du processus de paix puisque la CMA s’est retirée du comité des accords d’Alger. La CMA n’est pas la première à le faire. Mahamadou Issoufou a bien suspendu la participation du Niger aux travaux du comité de suivi des accords d’Alger en guise de protestation contre le statut actuel de Kidal. Puis, les choses se gâtent. Du côté de Kidal, une certaine jeunesse, sans doute émotive et impulsive, a manifesté contre les propos du Président Issoufou, brûlant ses photos et le qualifiant de Hitler du 21e siècle. Du côté de Niamey, les esprits non avertis et insuffisamment informés ont vite fait de crier à l’insulte proférée à l’endroit de tout le Niger dans la mesure où, disent-ils, des gens se sont attaqués à un grand symbole du pays, le président de la République qui est tout de même la première institution de la République. Peut-être est-ce là le début des résultats escomptés par Mahamadou Issoufou. Et c’est pourquoi il y a lieu de se dire certaines amères vérités.

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