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Amères vérités : Nouhou Arzika met le pied dans le plat et de la plus belle manière.

Nouhou Arzika 001Nouhou Arzika met le pied dans le plat et de la plus belle manière. Sans trembler, il a répété, sur de défi au pouvoir en place, les propos pour lesquels le Parquet a interpellé puis placé sous mandat de dépôt, Gamatié Mahamadou, mettant à nu la sélectivité dont beaucoup de Nigériens accusent la justice face aux justiciables. Ainsi, pour la même raison, le même acte ou propos, on arrête les uns tandis qu’on ferme les yeux et se bouche les oreilles lorsqu’il s’agit des autres. Les autres, ce sont les journalistes mal-pensants, les acteurs de la société civile et les militants de l’opposition politique, particulièrement ceux du Moden/FA Lumana Africa, victimes d’une stigmatisation outrancière au point où certains observateurs estiment qu’ils sont pratiquement assimilés à des terroristes de Boko Haram. Les uns, ce sont les militants du Pnds-Tarayya,  ceux de leurs alliés «faire-valoir» ainsi que tous ceux qui, comme Nouhou Arzika, semblent détenir une licence à tout dire, y compris que ce sont Mahamadou Issoufou, Bazoum Mohamed, Hassoumi Massaoudou et leurs complices qui ont assassiné le Président Ibrahim Maïnassara Baré. Grave, très grave accusation mais qui est restée sans la moindre suite. Même pas une interpellation ! Curieuse façon de faire la justice dans un pays où ceux qui dénoncent les auteurs de délits et autres infractions sont souvent ceux qui sont traînés à la police judiciaire, avec interdiction de visite comme si l’on a affaire à des criminels. Pourquoi n’arrête-t-on jamais Nouhou Mahamadou Arzika même lorsqu’il déclare des choses très graves ? Les Nigériens ont une diversité d’explications et il faut dire qu’elles ne sont pas toujours de bonne facture. Toujours est-il que ses propos et actes osés ont quelque chose de magnifique. Ils apportent la preuve de la sélectivité d’une justice qui s’assombrit pourtant parce que des voix s’élèvent pour dénoncer le deux poids, deux mesures. Il a tout dit, tout fait et il reste plus libre que ceux qui n’ont commis, en vérité, aucun délit, aucune infraction véritable et que l’on garde en vue pendant des jours sans fin avant de les mettre sous mandat dépôt et de repousser sans cesse leur comparution devant le juge. Peut-on objectivement parler d’État de droit dans ces conditions ? Peut-on parler de justice dans un pays où les justiciables ont un traitement différencié suivant leur appartenance politique ou à cause d’autres considérations détestables ?

Nouhou Mahamadou Arzika n’est qu’un exemple dans cette jungle de bénéficiaires de licence à tout faire. Il n’est pas le seul. Mais son cas est sans aucun doute le plus révélateur de ce malaise judiciaire dont on parle tant au Niger. Avant-hier, il a carrément renversé le plat en déclarant qu’il sera le prochain président de la République…avant 2021, soit avant la fin du mandat actuel de Mahamadou Issoufou. Il est pourtant toujours libre. Un autre, je veux dire s’il s’agit de ces Nigériens de seconde zone, on l’accuserait rapidement de complot contre la sûreté de l’État et l’alpaguerait pour un séjour en prison dont personne ne connaîtra la fin. Pas même le juge qui délivrera le mandat dépôt.

Que Nouhou Mahamadou Arzika se rassurer. Il n’est, dans cette affaire, qu’un argument que l’on ne peut s’empêcher d’évoquer pour parler de ce grave problème social et judiciaire qui semble s’aggraver avec le temps. Il le comprendra sans doute. Les privilèges, peut-être obligés ou contractés dont il bénéficie sont pour nous autres, des arguments massues que nous ne pouvons ignorer. Il est presque un salut qu’il faut saluer – excusez la répétition – puisque permettant de faire facilement la preuve que la justice a bien ce visage que le Saman ne veut entendre parler et il le sait parfaitement. Il n’y a pas une autre lecture possible des faits.

05 juillet 2017
Source : Le Canard en Furie

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