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Après l’embastillement des mal-pensants locaux : La Renaissance s’en prend aux organisations internationales

NIGER RsfC’est tout simplement déplorable, pitoyable ce qui se passe dans notre pays. Un gouvernement qui panique à la moindre déclaration d’associations de renommée internationale. C’est ainsi que suite au communiqué de presse publié par Amnesty international le 11 juillet, le ministre de l’Intérieur s’est offert les colonnes de Jeune Afrique pour déverser une colère d’une rare violence. Nous ne reviendrons pas sur les propos de Bazoum qui ont été déjà largement diffusés et commentés.

Cette épaisse fumée ne s’est pas encore dissipée que suite à la condamnation à 2 ans de prison ferme de notre confrère Baba Alpha, l’association Reporters sans frontières sort un communiqué pour qualifier ladite condamnation d’ « inique » avant de « s’insurger » contre cette décision « disproportionnée » dont le but n’est autre, que d’écarter et de faire taire « un journaliste réputé pour son professionnalisme et sa vision critique de la gestion des affaires publiques ». Mieux, RSF appelle « les autorités nigériennes à revenir sur cette condamnation ubuesque ». C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la Renaissance. Dans son communiqué de réplique, le gouvernement n’est pas allé du dos de la cuillère. Il dit n’avoir surtout pas de « leçons, à fortiori d’injonction à recevoir d’une Organisation dont le dirigeant le plus emblématique s’est révélé être un extrémiste, raciste et xénophobe. » Là, c’est de trop. La charge est « mortelle » mais pas tant que ça, puisque le gouvernement qui faisait allusion a Robert Menard, ne sait pas que celui-ci n’est plus président de RSF depuis 2008. Autre contrevérité relevée dans le communiqué du gouvernement Nigérien, c’est sa prétention que « le Président de la République du Niger est à ce jour, le premier et seul chef d’Etat à avoir signé la Déclaration de la Montagne de la Table ». Faux rétorque l’ancien président de la Maison de la presse Boubacar Diallo pour qui « Hélène Johnson du Libéria a aussi signé la déclaration de la Table de la Montagne en juillet 2012. »

« Le gouvernement aurait pu éviter cet amalgame en s’informant tout simplement » renchérit Albert Chaïbou, un journaliste expérimenté sur sa Page Facebook.

L’un dans l’autre, dans plusieurs de ses messages à la Nation, le président de la République Issoufou Mahamadou citait expressément Reporters sans frontières (RSF) aujourd’hui vilipendé. Rien que dans son message à la nation du 2 août 2016 à l’occasion du 56ème anniversaire de l’indépendance du Niger, le Président Issoufou disait « en 5 ans, (…) dans le domaine de la liberté de la presse, le Niger a gagné 87 rangs pour se hisser à la 52ème place mondiale dans le classement de Reporters sans frontières (RSF). Notre pays est aujourd’hui le 7ème pays le plus libre d’Afrique. »

Peu avant, aux vœux du nouvel an 2015, le chef de l’Etat a encore cité RSF dans son adresse aux Nigériens : « contrairement au progrès réalisé dans la lutte contre la corruption, notre classement sur la liberté de la presse s’est, selon reporter sans frontière, dégradé en 2014 puisque nous passons de la 43ème à la 48ème place dans le monde. Néanmoins, nous sommes le 5ème pays le plus libre d’Afrique. Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour consolider et faire progresser la liberté de la presse »

En 2014 également, Issoufou Mahamadou s’est aussi référé au classement mondial de RSF : « (…) cela est confirmé par tous les indicateurs de bonne gouvernance : de l’indicateur de perception de la corruption de Transparency international à celui de reporter sans frontière sur la liberté de la presse ».

Ainsi, c’est aujourd’hui que le gouvernement voit en Reporters sans frontière comme une association dirigée par un « extrémiste, raciste et xénophobe ».

En vérité cette réaction disproportionnée est le propre du régime de Niamey qui, dès qu’il est dit autre chose que la gloire de son chef suprême perd complètement les pédales et se met à injurier dans tous les sens. Ce faisant, la Renaissance prouve à la face du monde qu’elle est un régime aux relents dictatoriaux qui ne tolère aucune contradiction d’où qu’elle vienne et quel que soit son objectivité. Pour s’entendre avec ce régime, il faut toujours applaudir les actions du Président Issoufou dont les actes ne seraient que trop bons pour le devenir de l’humanité. Depuis tout ce temps que nous crions à la dictature, c’est maintenant que la communauté internationale commence à comprendre la nature cachée de cet Etat policier drapé sous le manteau démocratique. Mais en fait, la vérité finit toujours par éclater au grand jour. La Renaissance est désormais à découvert, la nostalgie de l’ami Hollande se fait ressentir chaque jour un peu plus.    

27 juillet 2017
Source : L'Eclosion

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