Airtel Niger

Forfait Albarka

Amères vérités BONKANO On leur donnerait le Bon Dieu sans confession. Et pourtant...

Amères vérités : Si le choix de Amères vérités BONKANO On leur donnerait le Bon Dieu sans confession. Et pourtant...Issoudou,.. ne s’est pas porté sur le train de vie de l’Etat et les milliers de conseillers qu’il entretient, mais plutôt sur l’école, il n’y a rien à dire en termes de commentaireLe samedi 2 septembre 2017, le Niger a célébré l’Aïd El Kebir ou fête de Tabaski, occasion traditionnelle pour se demander mutuellement pardon et rémission de nos péchés auprès de Dieu. Une occasion qui, par-delà le symbole, très fort pour la communauté musulmane, offre à tout le monde, ceux qui sont sincères comme ceux qui sont hypocrites, de se livrer au même devoir, donnant ainsi d’un pays comme le Niger l’image d’une communauté exemplaire, fidèle aux dogmes divins et respectueux des droits humains et des deniers et biens publics. Or, tout le monde sait qu’il n’en est rien. Que notre pays est très éloigné de ce modèle de société où les membres de la communauté agissent effectivement, à la fois dans la crainte de Dieu et le respect strict des lois. Nous n’avons, malheureusement, ni l’un ni l’autre, particulièrement sous le Niger de Mahamadou Issoufou où les lois sont piétinées et violées allégrement, y compris par celui qui doit, non seulement donner l’exemple d’une observance stricte et rigoureuse de ces lois, mais veiller à ce qu’il en soit toujours ainsi. Un Niger où l’on vole, pille et détourne les deniers et biens publics sans honte de se faire indexer comme un voleur de deniers et biens publics ; un pays où, au nom du même peuple que l’on a juré sur le Saint Coran de servir loyalement, jusqu’au sacrifice suprême, on peut contracter des prêts et s’en mettre plein les poches ; un pays dans lequel l’on est fier de ce que l’on possède alors qu’on l’a acquis en faisant main basse sur les deniers et biens publics ou qu’on l’a obtenu en trahissant la confiance que d’autres ont placé en vous. Un pays dans lequel il n’y a plus de barrière à la corruption et où la vertu est insultée et les vertueux sont traités d’imbéciles qui n’ont rien compris à leur monde. Un pays dans lequel, jusque dans l’organisation du hadj, des gens, maîtrisant parfaitement le Coran et connaissant les conséquences de leurs actes, ont plutôt choisi de s’enrichir que de servir la voie de Dieu qu’ils prétendent servir. Un pays dans lequel des hommes croupissent en prison alors que l’enquête de gendarmerie et le témoignage des bailleurs de fonds les en épargne totalement.

Tel est le Niger actuel. Pourtant, à les voir alignés derrière l’Imam de la Grande mosquée de Niamey, Cheikh Diabiri Ismaël, on leur donnerait, tous, le Bon Dieu sans confession comme diraient les Chrétiens. Il s’agit, ni plus ni moins, que de se donner bonne conscience en offrant, à l’extérieur de son monde véritable, l’image, correcte, d’un musulman accompli. Alors que, parfois, derrière l’air placide et condescendant, se cache tout autre chose. Car, s’afficher à la mosquée et effectuer le pèlerinage à la Mecque ne suffit pas à « légitimer » les biens d’autrui expropriés, détournés ou volés. Pour effectuer le hadj avec la sincérité d’accéder au pardon divin, il faut commencer par restituer ces biens.

Tel est, malheureusement, le Niger ! Un pays que la pratique religieuse devrait aider à surmonter les problèmes de corruption, de détournement de deniers et biens publics, de trafics délictueux, d’abus de pouvoir, etc., mais qui patauge actuellement dans une mare boueuse dans laquelle se retrouvent tous ces maux. Il n’y a pas pire péché que l’hypocrisie.

Ce samedi 2 septembre et jours suivants, notre pays vivra ainsi au rythme de ces salamalecs hypocrites de gens qui vivent pratiquement dans la défiance quotidienne de Dieu et la violation des lois. Dans quel pays peut-on assurer durablement l’ordre et la discipline alors que ceux qui doivent donner l’exemple violent régulièrement les lois ? Des lois qui les protègent et qui constituent le pouvoir dont ils se parent pour en imposer aux autres. Ce pays n’existe pas et les propos du juge kenyan, David Maraga, le rappellent à ceux qui semblent l’oublier. «La grandeur d’une nation réside dans sa fidélité à la Constitution, dans le strict respect de la loi et surtout dans la crainte de Dieu », dit-il, en invalidant le scrutin présidentiel qui a donné gagnant le président sortant Uhuru Kenyatta. Des propos pleins d’enseignements dans un pays comme le Niger.La conduite de David Maraga est un exemple incontestable de vertu. Lorsqu’on est respectueux de la loi et que l’on vit dans la crainte de Dieu, on ne peut accepter de compromettre son honneur, sa dignité et sa rencontre avec son Créateur pour faire plaisir à un autre ou pour gagner quelques billets de banque.

Le Niger a un problème majeur : il est de l’ordre moral d’abord. L’intégrité est devenue une tare tandis que le vol, l’escroquerie, le détournement, le trafic, bref tout ce qui est antivaleur est érigé en normes. Et si ces maux sont aussi vieux que le monde, y compris au Niger, ils n’ont jamais été aussi prononcés au point de devenir quasiment la règle que sous Mahamadou Issoufou. Car, lorsque dans un pays, on peut épingler des personnalités qui font office de leaders au-dessus de tout soupçon dans des trafics et fraudes, il n’y a rien à attendre d’une telle classe dirigeante. Absolument rien !

BONKANO

07 septembre 2017
Source : Le Canard en Furie

Imprimer E-mail

Idées et opinions