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Le blackout de la honte : par Ibricheick

La centrale thermique de Gorou BandaQue des coupures d’électricité surviennent de temps en temps, on serait tenté de dire qu’on y ait habitué. Tant, on a du mal à se rappeler de quand date ce qu’il conviendrait de considérer comme des incidents. On y est en quelque sorte habitué…C’est pourquoi, nous nous attarderont pas sur le phénomène en soi. Non, franchement ce qui suscite notre colère dans ce dernier blackout où tout le pays a été privé d’énergie électrique est la réponse à la question de savoir, si oui ou non une telle chose aurait pu être évitée !

Car insidieusement la question qui vient à l’esprit est de savoir à quoi donc sert la Centrale de Gorou Banda ?

Cette « centrale » électrique qui a coûté les yeux de la tête - près d’une centaine de milliards de francs CFA- est constituée en fait de l’importation de quatre groupes électrogène de 20 mégawatts chacun, associé à nos capacités de production actuelles, dont l’électricité produite par la centrale de Goudel, devaient permettre de suppléer de manière relativement efficace à une interruption éventuelle d’énergie fournie par le Nigéria.

Seulement voilà, lorsque l’idée de la construction d’une centrale qui devait permettre à notre pays d’être indépendant de l’électricité fournies par notre voisin, avait été émise, il semblerait que deux options avaient été envisagées au départ :

  • La construction d’une centrale thermique à base de fuel qui présentait l’avantage d’être alimentée à partir de la production nationale de pétrole.
  • Une centrale photo voltaïque plus écologique fonctionnant avec une source d’énergie renouvelable pour ne pas dire éternel et gratuite !

Les arguments justifiant le choix qui a été fait n’ont convaincu personne. Les mauvaise langues susurrent même que l’élément déterminant aurait été les pots de vin. Qui sait ? Toujours est-il que nous voilà aujourd’hui avec un problème qui fait de notre pays la risée de toute la sous-région !

UNE CATASTROPHE NATIONALE

Sinon comment imaginer qu’un pays, quelque soient les raisons invoquées (certains ont même parlé de problème d’impayés de la Société Nationale d’Electricité vis-à-vis du fournisseur nigérian), cesse de fonctionner pendant 24 heures pour une question de fourniture d’électricité ! Si les retombées sociales de ce blackout sont des plus déplorables (chaleur étouffante, coupures d’eau, infrastructures sanitaires en état de dysfonctionnement, rupture de la chaine de froid dans les supermarchés et les domiciles et son impact sur la conservation des aliments…), l’impact financier sur l’économie du pays, de ce qu’il convient de considérer comme une catastrophe nationale est tout simplement difficile évaluer.

Comment la Nigelec dont les comptes sont déjà au rouge va faire pour rembourses toutes les pertes et dommages causés aux particuliers et aux entreprises ? Car les excuses tardives n’occultent en rien la responsabilité de la Nigelec, dans le gâchis engendré par une situation dont la survenue devait être intégrée dans la stratégie globale de la société ! Car gérer, c’est aussi prévoir. A moins de se complaire dans une gestion au jour le jour !

BRISER LE MONOPOLE DE LA NIGELEC

Il faut le dire tout net, une bonne partie des incuries de la Nigelec provient de sa situation de monopole. A défaut de privatiser cette entreprise, il faut au moins permettre à des sociétés privés de fournir les mêmes prestations. Les pays africains qui se sont résolus à cette solution connaissent une situation de fourniture d’électricité dont leurs clientèles se félicitent.

La concurrence aura également l’avantage pour la clientèle d’offrir de meilleures prestations commerciales, notamment en mettant fin aux suspensions de la fourniture d’électricité à la tête du client.

Il s’agit donc de tirer les conséquences, toutes les conséquences du blackout pour établir les responsabilités et disqualifier toutes les incompétences à l’origine de ce désastre.

Ibricheick

20 septembre 2017
Source : La Nation

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