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Amères vérités : BONKANO Le Niger n’est pas peuplé que de gens qui peuvent produire un relevé bancaire de 400 millions probablement mal acquis.

Amères vérités : BONKANO Le Niger n’est pas peuplé que de gens qui peuvent produire un relevé bancaire de 400 millions probablement mal acquis.Si les Nigériens ne savent pas exactement de quoi souffre actuellement Mahamadou Issoufou, ils savent au moins que l’homme vit des moments troubles, faits d’incertitudes et de doutes, d’inquiétudes et d’angoisses morbides. Après les forfaits, commis dans la plus grande tranquillité et assurance, l’heure des comptes semble arriver. S’il a touché le plafond de la complicité «hollandienne» en 2016, avec le hold-up électoral, à présent, il commence à toucher le fond de l’exaspération «macronienne». Et c’est toujours la même France ; Si elle a, un temps (sous François Hollande), souillé sa propre histoire et écorné son image de pays, terreau de la démocratie, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, elle semble déterminée aujourd’hui à redorer son blason en refusant ce fourvoiement «hollandien» qui a énormément coûté au Niger. La démocratie en a pâti, les droits de l’homme et les libertés publiques ont été confisquées ; les ressources nationales bradées, la corruption, les trafics et les fraudes en tous genres, longtemps contenus dans des proportions négligeables et isolées, ont pris pied, l’économie, si prometteuse, a périclité, etc. Bref, Mahamadou Issoufou est à la croisée des chemins, là où l’appartenance à l’Internationale socialiste ne sert plus à rien. Là où Seuls les faits et les actes comptent, pas les discours. Il est, en un mot, face à son destin. Un destin difficile pour lui, mais certainement préférable. Pour le moment, il ne semble pas fléchir, mais il a probablement chaud, très chaud. Son tout dernier déplacement à l’étranger restera sans doute dans les annales d’une histoire longtemps truquée et triturée par ceux là mêmes qui ont cru qu’il suffit de faire semblant pour faire ; de discourir pour convaincre ; de falsifier pour pulvériser la réalité. Parti de Niamey pour participer à la...session des Nations unies, assortie d’une réunion de haut niveau sur le financement du G5 Sahel, Mahamadou Issoufou, qui a sans aucun doute voyagé plus que tous les présidents et chefs d’Etat nigériens réunis, écourte curieusement son séjour aux Etats Unis. Il a quitté le pays le ... puis revient, pratiquement sur la pointe des pieds, au petit matin du ... On raconte qu’il serait frustré. De quoi et par qui ? Aucune précision à ce propos. Par contre, une chose est certaine : Mahamadou Issoufou est revenu précipitamment, bien avant la fin des travaux, laissant le soin à Ibrahim Yacoubou, ministre des Affaires étrangères, de délivrer le message du Niger devant l’Assemblée nationale des Nations unies.

La vérité est amère, mais elle est bien meilleure au mensonge. Car, lorsqu’on emprunte la voie du mensonge, c’est à dire la propension à user du faux, de la corruption et de la fraude, on ne peut faire, à l’heure des comptes (les élections), que du hold-up électoral. Et lorsqu’on fait du hold-up électoral, c’est l’impasse. On passe, mais on ne passe pas. Les discours ronflants, les chiffres et statistiques tronqués, forgés dans un dessein de tromper, tombent comme des feuilles mortes, c’est à dire bonnes à être piétinés. Or, chez nous comme ailleurs dans d’autres cultures, ce qui est piétiné n’a plus aucune valeur. Ne vous faites pas d’illusions, Mahamadou Issoufou est aujourd’hui rattrapé par ses actes. Malgré le reportage pompeux des médias d’Etat, tout le monde sait que l’homme n’a pas la crédibilité que l’on chante. Ni au Niger ni à l’extérieur. Deux faits, justement liés à son bref séjour à New York, méritent d’être évoqués.

Le premier, c’est qu’il ne figure pas sur la liste des chefs d’Etat conviés à dîner par le Président américain, Donald Trump. Et tout le monde sait, là aussi, pourquoi ceux qui ne figuraient pas sur cette liste ne l’étaient pas. Trump n’a pas sa langue dans sa poche et il l’a dit sans...: « D’aucuns racontent d’ailleurs que Mahamadou Issoufou serait parti de New York pour ne pas digérer le coup de pied de Trump. En tout cas, pour quelqu’un que les médias d’Etat présentent comme un «président»crédible et écouté à l’extérieur, il est curieux de remarquer qu’il n’ait pas fait partie de ce dîner politique hautement symbolique.

Le second, c’est que, malgré ses discours et ses théories sur la sécurité ; malgré l’engagement du Niger au Mali, Mahamadou Issoufou a été littéralement éclipsé au profit du président mauritanien qui a finalement porté la voix des cinq pays membres du G5. Un pied de nez que la rumeur publique attribuerait au Président malien, Ibrahim Boubacar, qui n’aurait pas été correct avec Mahamadou Issoufou. Bref, le voyage de New York n’a pas été un heureux déplacement pour lui.

On ne gagne pas une élection comme l’a fait Mahamadou Issoufou, en emprisonnant son challenger direct et avec des taux de participation de 99,65% à Aderbissinaat ; de 104,25% à Danet et de 131,34% à Gougaram, entre autres, et espérer continuer à parader comme si l’on avait gagné les élections à la régulière. À New York, c’est tout simplement le retour de la manivelle pour un homme qui a juré, la main sur le Saint Coran, de ne jamais travestir les aspirations de ses compatriotes et qui a déclaré solennellement, à la face du monde, que le jeu démocratique sera respecté pour ensuite perpétrer un hold-up électoral. Mahamadou Issoufou n’a visiblement plus rien à vendre et le retour de la manivelle risque d’être douloureux, très douloureux/

18 mois après ces forfaits qui ne souffrent d’aucune contestation, il est regrettable, voire choquant, de constater que Boubé Ibrahim et maître KadriOumarouSanda ne sont nullement gênés de leurs performances. Au contraire, ils y tirent une satisfaction multiforme qui n’a pas besoin d’être décortiquée pour être comprise. 18 mois après ces forfaits qu’ils ont largement favorisés avec l’arrêté autorisant le vote par témoignage, ils viennent de déposer, enfin, le «rapport» de leur travail. Et à vrai dire, il est plus convenable de parler d’une compilation de documents liés à l’organisation des élections qui ne saurait prendre plus de dix jours, au maximum. Un véritable déni de la réalité, ce rapport de la Ceni ! Un déni qui vient s’ajouter à ce forcing de Mahamadou Issoufou, vu désormais sous son vrai jour.

Le faux peut faire diversion pendant un temps. Et le Niger, malgré tout, se relèvera de ces coups de poignard de certains de ses fils égarés. Car, il n’est pas peuplé que de gens qui peuvent produire un relevé bancaire de 400 millions. Probablement mal acquis.

29 septembre 2017
Source : Le Canard en Furie

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