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L’Éclipse de l’Etat ?

La mal gouvernance Niger 01L’Etat en Afrique, dans la vision des politiciens, est identique à une denrée commerciale : ceux d’entre eux qui accèdent au pouvoir, n’exercent plus le pouvoir au profit des gouvernés, mais pour leurs intérêts personnels. Il est judicieux donc de parler « d’éclipse du pouvoir » organisé par les gouvernants pour mieux s’occuper de leurs affaires, ou business. C’est dans ce sens que peut se comprendre rigoureusement le concept « d’éclipse de l’Etat », dans l’exacte mesure où la Mal gouvernance est érigée en règle de gouvernance. En d’autres termes, Mal gouverner, n’est-ce pas pour mieux s’enrichir ? On peut donc avancer qu’en Afrique, et particulièrement au Niger, la Mal Gouvernance n’est pas un mal en soi, mais la voie royale pour devenir Crésus. Or, Confucius a écrit : « Gouverner, c’est rectifier ».

Pour l'opinion éclairée nigérienne par exemple, l'arrivée au pouvoir d'un Pré- sident socialiste était l'occasion propice pour une aube nouvelle, pour une « Renaissance » qui ferait de l'exercice des droits de l'homme la règle d’or en vue d’asseoir une démocratie civilisée : par exemple qui s'empêcherait d'interpeller, de mettre en garde à vue des citoyens qui exercent normalement leurs libertés, ou de priver (confisquer) les droits de l'opposition. La Renaissance (I et II) aurait pu être hypostasiée, mais dans la pratique des suppôts militent souterrainement pour la pervertir. Le Prince proclamé Démiurge des Libertés (signature de la Table de la Montagne, et le Trophée historique pour son engagement) s'est métastasé en stoïcien, indifférent à tout ce qui se passe dans la Citadelle. La Ruse de la Raison a-t-elle eu raison du naturel ingénieur démocrate ? A-t-elle leurré tout le monde, au point qu'on pourrait aujourd'hui s'interroger s'il n'y avait pas eu erreur de Casting, comme dans le cas de Donal Trump ? Y aurait-il un miracle au retour du Vrai socialiste Zaki ?

Le régime de Issoufou Mahamadou a occulté un principe cardinal de l’exercice du pouvoir, à savoir que : la Volonté de gouverner et passion de gouverner, sont diamétralement opposées, voire antithétiques. Dans la volonté de gouverner est subsumé le souci de l’intérêt général, et dans la passion « dévorante » de gouverner, c’est la domination d’une classe, la dictature de la classe au pouvoir (le gurisme) contre le peuple. Cette passion de gouverner fait fi par exemple de la réalité du « Tayi Tawri », fait fi des souffrances causées à des citoyens transformés en « misérables de Victor Hugo, je voudrais parler de tous ces déguerpis, ces laissés pour compte de la Renaissance-II, sans aucun droit à des dédommagements. Et comble des combles : la démocratie de la renaissance II s’attaque violemment aux Etudiants, aux élèves, et vandalise une Bibliothèque universitaire. In fini, la Renaissance II est une pure invention, « une mythologie », une dénégation délibérée de la misère sociale : cela s’appelle du sadisme politique. Gageons que Le Bon Prince peut rebondir en vue de l'accomplissement de sa « Glorieuse Renaissance ». Mé- ditons alors cette pensée de Karl Marx : « Des idées ne peuvent pas mener au-delà d'un ancien état de choses ; elles ne peuvent jamais que mener au-delà des idées de l'ancien état de choses. En fait les idées ne peuvent rien réaliser. Pour réaliser les idées, il faut les hommes, qui mettent en jeu une force pratique. » (La Sainte Famille).

Mika

08 octobre 2017
Source : Le Nouveau Républicain

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