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Droit de réponse à un article relatif à la chefferie du Canton de Tibiri, publié dans « Le Sahel » n°9389 du lundi 4 septembre 2017

Droit de réponse à un article relatif à la chefferie du Canton de Tibiri, publié dans « Le Sahel » n°9389 du lundi 4 septembre 2017Monsieur le Directeur de Publication,
Dans l’article susvisé, vous écriviez « le processus pour l’élection du chef du canton de Tibiri (Doutchi) a connu son épilogue le samedi 25 (26) août dernier avec l’élection de …..Bien que le processus ait été laborieux avec notamment les recours en justice de certains candidats (qui n’ont pas eu gain de cause), l’élection s’est déroulée dans le calme. Cependant, sur les 121 chefs de village qui devraient voter, 76 ont répondu présents, les autres ont préféré boycotter le vote. »

En vue d’une information juste et équilibrée de vos lecteurs, j’ai le devoir d’apporter les précisions suivantes :

  1. Le Larousse », définit l’épilogue comme : « ce qui termine, conclut une action longue et embrouillée ; dénouement ». Or cette élection organisée le samedi 26 août dernier, sur la base de l’Arrêté n°00501 du 1er août 2017 du Ministre Chargé de l’Intérieur modifiant l’Arrêté n°0737 du 28 octobre 2015, ne retenant que les seuls candidats de la communauté Goubawa à se présenter à l’élection du Chef de Canton de TIBIRI (Département de TIBIRI) s’est tenue suite à l’Arrêt N°46 du Conseil d’Etat du 24 mai 2017. Et cet arrêt qui a consacré l’exclusion de la totalité des candidats de la communauté Arawa à l’élection du chef de canton de Tibiri (réunissant toujours les candidats des deux (2) communautés Arawa et Goubawa) a fait l’objet d’un pourvoi en révision introduit le 18 juillet 2017 au Conseil d’Etat par les avocats des candidats Sarkin Arewa (non encore examiné à ce jour). En conséquence, prendre la liberté d’écrire que « les recours en justice de certains candidats n’ont pas eu gain de cause » alors même que le recours en révision de l’arrêt n’a pas été enrôlé, à plus forte raison examiné, est très tendancieux et suspect. Pour votre gouverne et celle de vos lecteurs, sachez que cette élection pourrait être annulée et le processus se poursuivre en cas de révision par le Conseil d’Etat de son arrêt. Ce qui pourrait intervenir dans les prochains mois. En conséquence cette élection ne constitue qu’un épisode de plus du feuilleton de cette affaire de chefferie du canton de Tibiri qui est loin de constituer son épilogue, comme vous l’affirmiez péremptoirement. A l’issue de la révision de l’Arrêt par la Chambre du Contentieux du Conseil d’Etat, l’élection pourrait être reprise. Donc en concluant hâtivement que cette élection est un épilogue du processus, vous vous êtes gravement mépris et pris des libertés sur une affaire que vous ne maîtrisez pas ou pour laquelle vous semblez avoir un parti pris. Enfin retenez que tout ce feuilleton a été déclenché par un grossier mensonge consistant à faire croire que Samna Karhé Tounkara, l’ancêtre des Goubawa, est fondateur d’une principauté indépendante à Tibiri en 1849 et du canton de Tibiri en 1912, alors même qu’il était décédé en 1860, soit 52 ans plus tôt. Cette vérité est attestée par le rapport n°85 du 22 août 1926 de l’administrateur Commandant de cercle de Dosso adressé au Gouverneur de Zinder disponible aux Archives nationales.Par ailleurs quand vous écriviez que « sur les 121 chefs de villages qui devraient voter, 76 ont répondu présents, les autres ont préféré boycotter le vote », nous vous invitons à la prudence, parce que l’huissier commis par les chefs de villages Arawa et Alliés a constaté qu’ils étaient quarante-sept (47), membres du collège électoral à ne pas avoir fait le déplacement de Tibiri pour participer à l’élection. Sur 121 chefs de village, il est difficile de voir 76 voter, quand 47 autres sont absents. Tout au plus, logiquement, 74 chefs de village ont pu voter au lieu de 76. Si vous aviez bien couvert cette élection, vous aviez dû suivre la conférence de presse de l’huissier de justice commis par les chefs de village Arawa et Alliés. Son refoulement sans motif par le Gouverneur de Dosso, président du bureau de vote à sa présentation à la table de séance du vote était en violation des textes régissant son métier. En temps normal, rien que ces deux constats constituent des motifs sérieux d’annulation de l’élection dont le collège électoral n’avait pas été convoqué par un arrêté du Gouverneur de Dosso « au moins 15 jours avant » conformément aux textes en vigueur.

  2. Ma conclusion : Si vous avez produit votre article sans maîtriser votre sujet, vous avez des circonstances atténuantes puisque nous sommes habitués à vos écarts sur le sujet. Encore que vous ayez le devoir, pour un équilibre de l’information, de prendre l’opinion de la partie adverse. Par contre si vous l’avez fait dans l’unique but de prendre parti en faveur d’une communauté contre une autre dans une affaire de chefferie traditionnelle que vous espériez valider dans l’esprit de vos lecteurs et l’opinion nationale et internationale, en tant que Journaliste fonctionnaire vous violez la déontologie de votre métier et les lois de la République qui vous obligent à relater les faits, rien que les faits, et traiter équitablement les nigériens qui sont « libres et égaux en droits et en devoirs ».

Niamey, le 02 octobre 2017

Djibrilla Mainassara BARE
Petit-fils et arrière-petit-fils du Sarkin-Aréwa Maiyaki Ba’aré Kaka (1919-1954), et Sarkin-Arewa Maiyaki  Kaka Daoura (1876 1910), 12 ème et  10 ème Souverains du Katarma actuel Canton de Tibiri.

 

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