Forfait Albarka

Le temps qui passe! : Par Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO

Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO Ce titre parmi tant d’autres ne contient ni ne renferme rien d’exceptionnel, sinon qu’il n’est pas dans la liste des titres couramment utilisés. J’en fais mien pour exprimer un point de vue personnel. En relation avec un certain nombre d’évènements que j’ai voulu décrire, dans le temps et dans l’espace .II s’agit d’une rétrospective comparative, Je profite de cette rubrique pour encore aborder d’autres sujets de société qui font corps avec l’actualité, même s’ils fâchent. Ils sont réels et nous interpellent dans tous les cas. Je ne cherche pas à «  réveiller  le chat qui dort  » Et même s’il en est ainsi, tant pis j’en assume D’ailleurs je retiens cette expression inventée par une haute personnalité politique d’un régime victime d’un coup d’ Etat militaire au Niger, le premier du reste de 1974 . A  la recherche des biens de l’Etat, disséminés ici et là étant accompagnée d’un Officier du nouveau régime qui tenait à voir plus clair. Comme dit l’adage «  il faut en effet battre le fer tant qu’il    est chaud  » .Ainsi , un nouveau régime venait de succéder à un autre par la   violence et il fallait procéder à un état des lieux, malgré tout.

POUVOIR OU NON ET SI SEULEMENT NOUS NOUS ECOUTIONS ?

En effet vivre ensemble exige des contraintes pour ne pas dire des comportements, ce que certains appelleraient tout simplement un savoir vivre .Enfin être d’une bonne éducation. Au niveau d’une Société organisée ou d’une communauté qui s’inscrit dans une logique de construction où chaque citoyen et citoyenne posent leurs briques, selon leurs capacités. Selon leurs devoirs et leurs droits, dans un Etat de droit. Tout simplement. La notion de la construction d’un Etat fort, respectable et républicain prend sa source dans les profondeurs d’une culture de valeur .Ciment d’une diversité autour d’un brassage, d’un métissage avec au Niger une richesse qui se nomme cousinage et parenté à plaisanterie Richesse héritée de nos traditions et qui demeure notre force d’attraction et le socle autour duquel nous bâtissons notre Nation et notre avenir . Les nigériens sont assez conscients et mûrs dans ce sens et ils le démontrent chaque jour, partout et en toute circonstance. Un peuple digne, courageux, valeureux et qui fait face à tous ces lâches et meurtriers assassins et autres enlèvements Avec une force de frappe que sont nos FDS qui se battent sur tous les fronts, payant ainsi un lourd tribu. Afin de sécuriser nos vastes frontières .Tout en protégeant nos populations et leurs biens. Honneur Gloire, Dignité.

LE POUVOIR D’ETAT ET DE SES DEMEMBREMENTS
L’Etat par sa configuration, gère le pays par hiérarchie. Ce qui lui confère une suprématie sur l’ensemble du pays qu’il dirige à travers des textes des lois, selon les cas ou les situations. Ces lois sont érigées pour protéger les citoyens en principe et pour créer l’égalité de chance pour tous, sans distinction aucune devant ces lois.

   Toute Constitution comporte en son sein une Majorité et une Opposition, les deux mamelles d’un pouvoir Démocratique et dont le Peuple se doit d’en être le véritable détenteur. La Majorité par la volonté du Citoyen, gouverne et en face le contre pouvoir. Avec sa liste de Syndicats , de la Société civile née à la faveur de la Conférence Nationale Souveraine au Niger et ailleurs la Table Ronde II y a aussi  ceux qui s’y opposent . Le pouvoir , l’Exécutif dispose de deux aspects de gérer ; le bâton et la carotte , c’est à dire la force ou la négociation , selon les situations ou les   évènements qui se présentent à lui . Refuser le dialogue c’est de rester sourd aux revendications souvent légitimes de l’autre partie  . Dans ce cas de figure, on aboutit à l’expression : ça passe ou ça casse. Et là, ce serait la rue qui risquerait de s’exprimer, n’assumant aucune responsabilité dans ce qu’il adviendra . Et l’on se dirigera forcément vers la casse au détriment du pouvoir ,unique responsable de la gestion de l’Etat : le Gouvernement, le Parlement et le judiciaire, seront confondus par la partie adverse qui bat le pavé. La Constitution lui donne ce droit Mais, pas de casser ni de détruire la chose publique Cependant, c’est parfois, le seul moyen qui lui reste comme voie de recours si le dialogue est écarté ou rompu. L’on se rejette mutuellement la responsabilité, de part et d’autre. On invoque et on évoque la médiation nationale, internationale ou des partenaires. On prend l’opinion nationale et internationale à témoin. Bref on se dirige vers un affrontement. La note risque d’être salée pour un pouvoir qui utilise la méthode ou la manière forte pour régler des évènements qui risquent toujours d’entrainer des conséquences plus graves. Heureusement que dans certains cas, la médiation peut venir des sages dits leaders d’opinions : de la chefferie Traditionnelle et des religieux. Ce qui peut tempérer parfois les ardeurs des uns et des autres pour les ramener à la table des négociations . Car il est toujours bon de tenir compte de l’avis de l’autre Mais, si les promesses ne sont pas tenues ( souvent paiements des salaires, octroi des primes, retards des bourses, augmentations des salaires , licenciements abusifs etc …)   De bonnes raisons pour réclamer encore et encore . Mais, l’Afrique et le monde, disons que partout ça va moins bien. Les Sociétés sont en ébullition partout. Notons également que la confiance s’effrite entre pouvoir et opposition , les réseaux sociaux y apportant leur grain de sel dans une sauce déjà assez diluée. On s’écoute de moins en moins si l’intérêt n’est pas de mise. Ainsi va le monde de nos jours où le matériel noie la valeur humaine. II n’est pas exagéré de nous poser la question suivante : où va le monde ? Ce qui a entrainé la disparition de nos valeurs, du moins d’une partie. Du reste la disparition de tant d’autres choses qui, hélas, auraient pu nous être utiles pour avancer. II reste que nous devons nous écouter, quitte , à ne pas s’entendre sur des points plutôt que le refus de se parler et même de reconnaitre des erreurs qui ne sont qu’humaines .  Les solutions sont souvent à portée de main Mais, on refuse de les examiner jusqu’à épuisement des stratégies  . La transparence au niveau de chaque dialogue doit servir de boussole. C’est vraiment bien dommage parce que ce sont les peuples qui en sont victimes et qui payent les pots cassés . Surtout si nous retenons que les hommes et leurs pouvoirs passent en laissant le peuple et le pays , les sempiternels témoins de l’histoire .

A contrario, un pouvoir qui prend et assume toutes ses responsabilités, devrait d’abord chercher le contact avec ceux qui réclament ou qui posent des ultimatums, afin de bien jauger le contenu et l’aspect des réclamations et revendications. Cette méthode ou démarche permet au pouvoir de disposer du temps en discutant afin de préparer l’opinion puis, de saisir le pourquoi et le réel motif de ces marches, meetings settings ou débrayages . Reculer pour mieux sauter dans un face à face où l’Etat pourra s’en tirer avec honneur sinon avec peu de casses. Un Etat ou un pouvoir réputé être, démocratique, issu de la volonté populaire, devrait toujours négocier quel qu’en soit le motif et doit se fixer des règles du jeu déontologique. En se disant qu’il y a des limites à ne pas franchir parce qu’une seule étincelle peut faire basculer les choses dans une direction non souhaitable Et ce qui n’est souhaitable par personne Un pouvoir qui écoute est lui-même capable de désamorcer des bombes sociales tout en prenant en compte les points saillants des revendications pour améliorer ses prestations . Certes, la fermeté accompagnée d’une ouverture et d’engagement du dialogue , peut également demeurer les vertus d’un pouvoir sûr de lui et qui ne craint pas les critiques . Des critiques objectives et franches .D’ailleurs qu’on me dise s’il a existé ou existe un pouvoir et un chef au monde qui n’ait été critiqué, à tord ou à raison ? Notre doyen le Pr Amadou Hampâté  Bah a défini le pouvoir en trois étapes Au début tout pouvoir est adulé , disons a valeur d’une belle jeune fille et tout monde l’aime . Ensuite dans la deuxième phase, on le craint comme un lion , mais on ne l’aime pas. Enfin dans sa dernière phase les gens en sont fatigués car il se comporte comme une hyène . C’est vers le déclin C’est pourquoi il faut toujours intéresser le peuple afin de bien achever sa course . Nous perdons trop de temps autour des futilités pendant que nous laissons le temps emporter, enterrer ou laisser  s’envoler nos espoirs et nos espérances. J’ai une comparaison , une seule à émettre ici Même si comparaison n’est as raison dit-on En Mai 1968 , les étudiants et les travailleurs avaient déclenché leurs grèves, leurs marches et installé les barricades puis saccagé et brûlé les symboles de l’Etat en réclamant un changement . Le tout puissant Général De Gaulle  le plus illustre des Généraux de France, avait quitté Paris en catimini pour aller se réfugier à Baden Baden en Allemagne auprès du contingent de l’Armée Française . Après 24 h de réflexion, il regagnera Paris pour calmer les esprits dans un message à la Nation Sa sagesse a eu raison de la Force, des chars , des avions et des fusils dont il disposait en quantité pour tenir les foules en respect puis les dissuader Mais en 2017 , plus d’un demi siècle , un Président français, Emmanuel MACRON, compte célébrer cet évènement inédit et qui servira d’exemple de gouvernance et pour l’histoire de France sinon pour la mémoire collective Le pouvoir doit pouvoir freiner le pouvoir Un bel exemple à méditer . L’autre cas, s’est déroulé chez moi dans mon pays au Niger en 2005 lorsque la Société Civile, les syndicats, les élèves , les commerçants , certaines catégories des fonctionnaires appuyés dans leurs revendications par certaines formations politiques, le pouvoir en place avait fait marche arrière . Evitant de mettre en danger la stabilité des institutions Républicaines  II s’agissait de la hausse des prix des denrées alimentaires Cette flambée des prix aurait   pu fragiliser le pouvoir à défaut de l’avoir emporté. Et Dieu seul sait   combien de pouvoirs ont fini leur course dans le mur rien que pour de telles divergences   Je me rappelle le cas du premier renversement du premier Président de la Haute Volta   actuel Burkina Mr Maurice Yaméogo le 3 Janvier en 1966 par la rue pour des mesures d’austérité   budgétaires et le Président Hubert Maga du Dahomey actuel Bénin En effet , il était de passage à Niamey en 1963 en rentrant chez lui et qui disais de la manifestation qui avait dégénéré là bas que « c’est une petite affaire » mais c’est à l’aéroport qu’on avait mis fin à son pouvoir Le pouvoir doit arrêter le pouvoir. La sagesse peut toujours   sauver quelque chose  ,à condition que l’on en fasse usage . Enfin, je vais terminer ma plaidoirie par cette sagesse du Révèrent Martin Luther KING qui dit ceci «  Nous devons apprendre   à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots  »

Abdoulaye HASSANE DIALLO, Dr en Sciences Politiques, Journaliste, Ecrivain.

Imprimer E-mail

Idées et opinions