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Renaissanticides : Par Dr Farmo Moumouni

J’aurais pu me taire, mais il est des moments où taire c’est conspirer.
J’aurais pu fermer les yeux, mais quand la réalité crève l’œil, il faut gémir.
J’aurais pu faire semblant, mais le faux semblant est exécrable.
J’aurais pu approuver, mais accorder mon approbation heurterait ma conscience.
On connait les catilinaires : discours prononcés par Cicéron contre Catilina qui conspirait contre la République romaine. Voici les renaissanticides, propos tenus contre le mouvement dit de la Renaissance qui corrompt notre République.
Gens de chez nous,
Je parle au nom de votre humanité, au nom de la responsabilité que vous esquivez, au nom de l’engagement que j’assume.
L’heure, gravissime, n’autorise ni indifférence ni laxisme. Elle exige que s’arrêtent les manigances et les querelles politiciennes, ainsi que l’insouciance criminelle, car ce qui est menacé, c’est notre existence en tant que citoyen, de même que l’existence de notre pays en tant qu’État soucieux du devenir commun.
Derrière les propos que je tiens, ne cherchez aucun parti politique, je n’en ai point. Ne cherchez aucun maître à penser, je n’en ai guère. Je suis seul avec moi-même. Que ma plume soit mon témoin!
Gens du terroir,
Le Niger n’est pas « le havre de paix » que les voix les plus autorisées, mais aussi les plus trompeuses décrivent. Il est assailli de toute part, par l’islamisme, le terrorisme, la mauvaise gouvernance, l’incurie des gouvernants et l’apathie des gouvernés.
N’attendons de personne, sinon de nous-mêmes, la prise en charge et la résolution de nos problèmes.
Ce qui nous unit, ce qui nous est cher, et que nous partageons : la patrie, est en danger. Ce que nous ambitionnons de construire de nos efforts conjugués : la nation, s’éloigne. Et s’épaissit le spectre de la déliquescence.


La démocratie qui apaise les mœurs politiques et tempère les velléités totalitaristes, est travestie par des partis politiques dévoyés. Les libertés fondamentales garantissant notre humanité, notre dignité, sont en ruines. L’insécurité, protéiforme, s’accroit et s’étend. Elle est dans nos têtes et dans nos pensées; elle est hors de nos frontières, elle est sur nos frontières. Elle est à l’intérieur du pays : en orient et en occident, dans les zones septentrionales et méridionales. Elle est sur les fronts et sur les champs de bataille. Elle occupe les foyers, préoccupe les ménages. Elle campe dans l’économie, et se meut dans les finances.
Hommes et Femmes, Jeunes et moins Jeunes,
Depuis six Républiques, vous n’avez jamais connu autant de déboires, et jamais votre existence n’a été aussi précaire. Votre sort est-il de vire le martyr ad vitam aeternam?
Et je vois les ennemis de la pensée libre m’accuser d’incitation à la révolte. Dois-je faire l’apologie de la soumission et de la démission devant tant de malheur?
Oui, j’appelle à l’insurrection des consciences, l’insurrection de toutes les consciences libres soucieuses du sort fait à ceux qui subissent l’intolérable en silence, dans la peur, dans la terreur.
Dira-t-on peut-être que je trouble l’ordre public, là où il n’y a que désordre?
Insensé!
C’est contre ce désordre que je m’insurge. J’appelle au rejet de ce désordre voulu par quelques-uns au détriment du plus grand nombre. J’appelle à l’abolition de ce désordre qui engendre des privilèges pour un petit nombre de citoyens, et fait porter des fardeaux aux autres. Je hais ce désordre qui hisse les contempteurs au sommet et rabaisse les patriotes.
Je milite pour l’avènement d’un autre ordre, un ordre nouveau, aseptisé, débarrassé des mêmes qui, depuis bientôt trois décennies cultivent l’injustice, la corruption et la misère.
On dira aussi, peut-être, que je porte atteinte à la sûreté de l’État. Mais de quoi parlez-vous? De cette entité, cette principauté au service du monarque, de ses collaborateurs, et de ses courtisans?
J’appelle l’érection d’un État libre, jaloux de sa souveraineté, d’un État de droit dans lequel la séparation des pouvoirs est effective, un État dans lequel les personnes, physiques et morales jouissent de l’égalité devant les règles de droit. J’attends l’État qui garantit la sécurité de tous.
On dira peut-être enfin que je suis ennemi de la démocratie, arguant qu’il y eu des élections et que je dois doit attendre l’alternance des urnes.
Vous le savez, Partisans des élections tronquées, et vous Observateurs internationaux, que les élections sont une parodie, une officine dans laquelle des suffrages sont créées, achetés ou vendus, que les urnes sont des boîtes de pandore desquels le diable sort pour nous dévorer.
Et vous voulez qu’au nom de vos croyances erronées, de vos principes moribonds, au nom de votre démocratie qui n’est pas la nôtre, nous nous fassions occire?
Partisans d’ici, votre manière de triompher est sans lendemain. Observateurs de là-bas, votre manière de protéger vos intérêts est saugrenue. L’intérêt bien entendu : le vôtre et le nôtre, exige des métamorphoses.
Partisans falsificateurs! Muez, faites peau neuve, sortez de la tricherie. Observateurs intéressés! Abandonnez le cocon de votre paternalisme, humez les temps présents, ouvrez-vous au partenariat d’un type nouveau dans lequel vous gagnez autant que nous gagnons.
Lorsque votre règne s’interrompra, parce qu’il ne saurait être éternel, on dira alors qu’en dépit de tout, vous n’aurez pas été inutiles, car votre avènement aura concouru à dissiper les ténèbres dans lesquelles nous végétions.
L’existence avilie par vos turpitudes, la destinée tourmentée par vos errances, nous les arrachons de vos mains coupables, les assumons, leur donnons une direction nouvelle, afin que plus jamais, un pouvoir semblable au vôtre n’interfère dans nos affaires.
Farmo M.

13 novembre 2017
Source : https://www.facebook.com/groups/niger.s.a.p/

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