Forfait Albarka

IN MEMORIAM : Repose en paix Colonel Moussa Moumouni Djermakoye !

IN MEMORIAM : Repose en paix Colonel Moussa Moumouni Djermakoye ! La Grande Faucheuse vient encore de faire son Œuvre ce 19 novembre passé !
Elle vient nous rappeler que nous ne sommes finalement que poussière ou comme le disent les fortes paroles du Poète Ponge, d’« Informes mollusques, foule qui sort dans les rues, millions de fourmis que les pieds du temps écrasent ! ». Qui n’ont finalement pour unique « demeure que la vapeur commune de notre véritable sang : les paroles. Tout n’est que paroles. »
Puisque « les pieds du temps » viennent d’écraser l’un des nôtres, l’un des plus valeureux Officiers de la Nation, le Colonel Moussa Moumouni Djermakoye et que nous n’avons « pour (unique) demeure que la « vapeur commune de notre véritable sang : les paroles ! Et finalement « Tout n’est que paroles. » Alors parlons !
Parlons du Colonel Moussa Moumouni Djermakoye !
Tu fus ce Chef d’Etat-major Général des FAN émérite, qui avait osé refuser « le Fauteuil », Siège à l’origine de tous nos malheurs ;
Tu osas donc rejeter cette Charge suprême pour honorer un Compagnon d’armes aussi valeureux et patriote que Toi, sur qui des « proscrits » (O. Bongo dixit !) venaient de tirer à l’arme lourde, dans le dos, sacrilège suprême dans le code de ton noble métier d’armes ;
Alors même que convives pressés débutaient leur ronde autour de la dépouille pour entamer leur macabre …restau…ration démon…cratique ;
Tu rejetas la ..ration infecte que les proscrits du jour tenaient à te refiler comme part de leur maudite restau…ration dans le but de sceller un pacte de la noble branche des FAN !


Je compris davantage ton geste chevaleresque et unique quand tu me confias dans le secret de ton bureau il y a de cela plus de deux mois, que l’alors Colonel Ibrahim Baré, proposé aux Hautes charges de Chef d’Etat-major Général des FAN en 1995, consécration suprême dans votre noble métier d’armes, il t’avait placé face à un choix cornélien de n’accepter l’honorable charge que si tu acceptais de l’accompagner en devenant son Adjoint. Ce que tu tout naturellement tu acceptas……
Quatre années plus tard, le 9 avril 1999, tu lui rendras de la plus noble des manières l’ascenseur, en refusant le Fameux Fauteuil, Ce maudit Fauteuil dirais-je à Siège unique, source de tous les malheurs et des déboires des Nigériens trois décennies durant. Cette Station pour laquelle, plus d’un est prêt à troquer contre le sein de sa génitrice ou à poignarder dans le dos l’ « ami » de 40 ans ;
Qui pouvait alors être étonné de ton acte ? Certainement pas moi, puisque je le sais, et l’adage l’a consacré depuis fort longtemps : « bon sang ne saurait mentir » ;
Ton sang et rang princiers ne t’offraient aucune autre alternative !
Tu l’as refusé, ce maudit Fauteuil, source de nos déboires, et tu es devenu Grand par et pour l’Histoire (avec un grand G et un grand H) ;
Certains l’ont pris et sont devenus petits ou tout petits (avec un petit p) et encombrent ou encombreront les poubelles de l’histoire (avec un petit h) ;
Homme de Parole et d’Honneur tu as été toute ta vie et tu demeureras pour l’éternité. Je dis bien Parole (sans s), puisque, j’ai été témoin et pas seul, les paroles (avec petit p et petit s), tu détestais de ton vivant ;
Tu fus cet Officier Supérieur, unique en son genre, qui pouvait venir à bout de n’importe quelle mutinerie comme il en a plu sur notre jeune République ;
Tu t’es engagé sur le tard en politique, toi l’Homme de Parole, mais n’étais tu pas condamné à l’avance, à l’instar de notre regretté Ibrahim Baré dans cette jungle, où il est désormais unanimement admis, que « (…) l’homme est un loup pour l’homme », comme l’a annoncé le célèbre Philosophe Hobbes ;
Mais rassure-toi, comme en amour où Lamartine suggère « un seul être vous manque et tout est dépeuplé », en politique itou, un Seul acte de haute portée est posé, et la porte du Panthéon s’ouvre à son auteur. Ad vitam Aeternam.
A l’inverse un seul acte ignoble enfouit son auteur dans les poubelles de l’histoire. A méditer !
Comme le valeureux Officier, Colonel Issaka Labo Bouché, l’auteur de ton émouvante oraison funèbre, dont le choix ne doit rien au hasard, ton compteur sera bloqué à….. Colonel, malgré la pluie d’étoiles qui s’était abattue sur zone.
Mais rassure-toi, nous comprenons. Nous comprenons que l’Honneur et la dignité ont un prix, et surtout ton pacte avec le Général Baré devait être, pour rester dans l’air du temps, « fiscalisé » au prix fort !
Ainsi, tu t’en es allé, en Grand Homme pour ton repos Eternel ! Tu es parti en nous laissant confrontés à l’éternelle et sempiternelle équation : Et nous ?
Sur ce point, la seule et unique réponse que je ne me lasserais jamais de proposer à nous autres vivants…ou du moins survivants…en sursis, puisque la Grande Faucheuse elle, passera et repassera, est de se remémorer la célèbre formule de STENDHAL « Puisque la mort est inévitable, oublions-la. »
Repose en paix, Moussa Moumouni Djermakoye !
Veuve Kadidiatou et enfants, séchez vos larmes, Moussa repose au paradis !
Djibrilla Mainassara BARE

 

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