Précisions sur l’interview de Hama Amadou sur VOX AFRICA du 02 février 2018

Hama-Amadou-Interview-AfricaVox-06.jpgSuite aux propos tenus par M. Hama Amadou dans son interview susvisée relatifs au coup d’Etat du Colonel Baré du 27 janvier 1996, j’ai le plaisir de fournir par votre journal les précisions ci-après :

1 – Sur la nomination du Colonel Baré comme Chef d’Etat-major général des FAN Il est vrai que ladite nomination est intervenue sur proposition de son ami Hama Amadou du MNSD, parti impulsé par Seyni Kountché et légalisé par le Général Ali Saibou, tous deux mentors du Colonel Baré, mais l’intéressé n’avait accepté la proposition qu’après avoir consulté le président Mahamane Ousmane qui était le chef Suprême des armées. Au terme de la constitution de la Troisième République, aucune nomination d’un chef d’Etat-major général des armées ne pouvait alors se faire sans son accord et il avait prévenu le gouvernement qu’il n’accepterait pas n’importe quel officier du fait d’une cohabitation conflictuelle. Le Colonel Baré avait lui-même ensuite conditionné l’acceptation du poste par la nomination du Colonel Moussa Moumouni Djermakoye (Paix à son âme !) comme son Adjoint.

2 – Sur l’emprisonnement de Hama Amadou : Le président de la République, le premier ministre et le président de l’Assemblée nationale avaient été détenus dans un camp militaire pour des raisons de sécurité, mais ce n’était que pour quelques heures. En tout et pour tout, Hama Amadou en tant que premier ministre a été détenu moins de 48 heures, le temps de maî- triser la situation et d’éviter certaines bavures de la part d’éléments proches de l’un ou l’autre camp. Le Colonel Baré avait même été soupçonné d’avoir fait la part belle au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre supposés être de son camp puisqu’ils étaient en liberté. Les trois personnalités avaient finalement été placées en résidence surveillée à leurs domiciles respectifs après quelques heures de détention dans un camp.

Le président Mahamane Ousmane a même eu droit pendant ses quelques jours de garde, à un repas préparé au domicile familial du président Baré du Quartier Nouveau marché afin d’éviter tout risque d’empoisonnement de la part des militaires qui lui en voulaient à mort. Je défie les sceptiques de tout bord de me citer un seul cas de toute l’histoire des coups d’Etat de par le monde où des personnalités renversées ont eu droit à un tel égard de la part de leurs tombeurs.

Le président Baré lui, n’a pas eu cette chance de passer une seule heure de prison le 09 avril 1999.

3 – Sur le coup d’Etat du 27 janvier 1996 proprement dit, dans son livre interview « Mon Ambition pour le Niger » (Jeune Afrique Livres, avril 1997), le président Baré, avait tenu à préciser que face au refus du président Mahamane Ousmane de s’entendre avec le premier ministre Hama Amadou, en tant que Chef d’Etat-major des FAN, il avait pris le risque de les mettre en garde sur l’intention des FAN en ces termes : « en cas de persistance de la crise, l’armée ne restera pas l’arme au pied ». Pourquoi n’avait-il pas alors été écouté ?
Salutations fraternelles
Niamey, le 13 février 2018
Djibrilla Mainassara BARE
Ancien Conseiller Spécial
du Président Baré

 

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