Amères vérités : N’est-ce pas simplement immoral de s’attaquer à l’épouse d’un collègue du gouvernement alors que les voleurs de l’État sont ailleurs, libres et tranquilles ?

Amères vérités : N’est-ce pas simplement immoral de s’attaquer à l’épouse d’un collègue du gouvernement alors que les voleurs de l’État sont ailleurs, libres et tranquilles ?Faut-il vraiment se taire devant ce complot personnel d’individus sans scrupules à l’encontre de la banque de microfinance ASUSU ? Présente dans plus de 6000 villages, avec à la clé plus de 650 000 adhérents répartis aux quatre coins du Niger et recensés en majorité en milieu rural, ASUSU est en réalité un instrument de développement au service des couches les plus vulnérables. De sa création à ce jour, l’institution a soutenu et accompagné un nombre impressionnant d’entreprises et glané un chapelet de trophées et de témoignages officiels de reconnaissance pour l’efficacité de sa lutte contre la pauvreté. C’est cette politique salutaire que ASUSU a menée et sur une longue durée, avec en sus un soutien financier de taille au gouvernement dont elle a payé, par anticipation,les pécules des contractuels de l’enseignement qui bénéficiaient par ailleurs d’énormes avantages. Par cette action citoyenne, entièrement à l’initiative d’ASUSU qu’un réseau de «traders» s’échine à abattre aujourd’hui, la structure de Réki Djermakoye a permis, entre autres, d’apaiser les relations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants. Mieux, ASUSU a été à l’avant-garde du développement à la base en accordant les fonds de démarrage nécessaires au lancement d’activités lucratives, à des personnes sans ressources, notamment une majorité écrasante de femmes rurales,.

C’est cet instrument de développement, initiative entièrement PRIVÉE et NATIONALE, qui est en train de subir les pressions indécentes et inadmissibles, que dis-je, les coups bas de certains individus dont la spécialité, finalement, est de nuire aux intérêts du Niger et de son peuple au profit d’intérêts partisans. Car, ce sont des hommes sans état d’âme, prêts à mener toutes les sales missions du régime, qui se cachent derrière les misères de cette banque de microfinance. C’est un complot monté de toutes pièces par un réseau d’hommes habitués à s’enrichir de tout depuis sept ans et dont les motivations essentielles consistent à user et abuser de leurs pouvoirs pour enterrer ASUSU au profit de structures comme AL IZZA. Et l’alibi trouvé, c’est la perte d’un milliard de francs CFA, essentiellement due aux activités criminelles de Boko Haram, mais également des destructions sauvages du petit commerce à Niamey, à Tahoua et à Zinder ; une opération au terme de laquelle quelques 500 déposants d’ASUSU ont été ruinés. Parmi les sociétés d’État aiguillées pour exiger le retrait d’immenses sommes d’argent en un temps record, puis la totalité de leurs dépôts à terme (DAT), certaines ont même commis la maladresse ou pris la précaution de mentionner dans leurs lettres adressées à ASUSU, qu’elles agissaient sur instruction. Soyons sérieux. Et l’essentiel de ces fonds demandés sont allés nourrir le capital de banques en grosses difficultés à qui, au moins dans un cas précis, la commission bancaire a remonté les bretelles.

Est-il raisonnable de décapitaliser un instrument de développement comme ASUSU au profit d’une banque dont le capital, une dizaine de milliards, a été dilapidé en moins de cinq ans ?

À qui appartient AL IZZA ? Cette entreprise, qui est en train d’être érigée en établissement financier, n’a trouvé curieusement meilleure façon de recruter son personnel cadre que de débaucher celui d’ASUSU. Pour ça, on n’y est pas allé du dos de la cuillère. À des cadres qui gagnent 500 000 FCFA le mois, on a proposé 1 900 000 FCFA. Sachant qu’au Niger, même les organisations internationales ne paient pas autant pour les postes locaux, il y a lieu de s’interroger sur l’identité réelle des commanditaires de ce complot politique dont ASUSU est victime. ASUSU ? Non, il faut être clair. Celle qui gêne et dont Hassoumi Massoudou et autres ont juré d’avoir la tête, c’est la directrice générale, madame Ibrahim Yacoubou née Réki Djermakoye. C’est elle, en vérité, que ces faucons du régime ont décidé d’abattre.

Que son époux soit un allié du PndsTareyya, un collègue du gouvernement et si proche de Mahamadou Issoufou, n’est nullement suffisant pour arrêter ces hommes sans scrupules !

Que ce soit une femme qui a rendu de si grands services au gouvernement de Mahamadou Issoufou en proposant de payer une bonne partie des contractuels de l’éducation à des taux dérisoires et en leur accordant l’accès à des prêts, ne constitue pour eux aucune excuse pour l’épargner !

Que son entreprise, ASUSU, représente un instrument majeur de développement que, dans certains pays, le gouvernement aurait tiré la plus grande fierté à sauver en cas de difficultés, n’a aucune valeur pour Hassoumi et ses potes de l’ombre !

Que la dame dont on cherche la tête soit le principal actionnaire d’ASUSU, par conséquent celle qui détient le droit de désigner celui ou celle qui doit diriger l’entreprise et/ou son conseil d’administration, n’a pas de valeur juridique aux yeux de Hassoumi et on sait pourquoi ! L’uraniumgate est là.

Ainsi, en violation des règles élémentaires du droit du commerce, on veut contraindre l’actionnaire majoritaire d’ASUSU à démissionner pour faire place à un homme ou une femme politiquement parrainé(e) et qui travaillera à la faillite de la banque de microfinance. On veut lui dénier tous ses droits et placer à la tête d’une entreprise dont elle est propriétaire à une large majorité, une marionnette qui fera le boulot comme on le lui demandera. Exactement comme un certain Yves Billecart, avec Air Afrique, la compagnie de transport panafricaine.

Sans scrupules et sans aucun remords, sans égards pour l’époux, le sieur Ibrahim Yacoubou, ministre des Affaires étrangères et des Nigériens de l’Extérieur, des collègues membres du gouvernement travaillent, depuis des mois, à ruiner l’épouse. Leur unique préoccupation est politico-personnelle ; elle n’est pas économique. Peut-être cherche-t-on à prendre Ibrahim Yacoubou et son Kishin Kassa en otage à travers la guerre ouverte contre Réki Djermakoye ? Car, contrairement à ce que ses bourreaux, de véritables monstres politiques qui se disent sans état d’âme, ont fait courir comme bruit dans certains médias de la place, la commission bancaire n’a rien relevé de si alarmant dans la gestion d’ASUSU. Elle n’a ni fait d’injonction, ni parlé de redressement, encore moins d’administration provisoire. Ceux qui prétendent le contraire sont invités, à commencer par les médias qui ont véhiculé l’information, à publier le rapport de ladite commission bancaire. La réalité, c’est que la direction générale d’ASUSU a même mis en œuvre, au moins à 70%, les recommandations faites par la commission, avec mention à qui de droit. Demandez à tous les banquiers et à Hassoumi Massoudou lui-même de rendre publics les rapports de la commission bancaire et à propos de toutes les institutions financières du pays, y compris les banques primaires, vous vous rendrez compte que l’affaire ASUSU n’a pas lieu d’être. Ce n’est qu’une affaire à la fois politique et personnelle.

Alors ?

Alors, c’est que Hassoumi Massoudou, en particulier, cherche des poux sur un crâne rasé. Pourquoi affiche-t-il tant de compréhension et de mansuétude à l’endroit des banques auxquelles la commission bancaire a remonté les bretelles pour manquements graves ? Ce n’est pas d’ailleurs un hasard si certains fonds de la SOPAMIN, logés à ASUSU, devaient être virés au profit de certaines banques.

N’est-ce pas simplement immoral de s’attaquer à l’épouse d’un collègue membre du gouvernement alors que les voleurs de l’État sont ailleurs, libres et tranquilles ?

N’est-ce pas politiquement incorrect qu’un complot soit ourdi contre l’épouse d’un allié politique dans le seul dessein de servir des intérêts sordides et individuels, au détriment de tout ce que représente ASUSU au plan social ?

Si le gouvernement est incapable d’accompagner cet instrument de développement que représente ASUSU à surmonter ses moments difficiles, consécutifs à des risques pays auxquels, par ailleurs, le gouvernement n’est pas étranger, il doit nécessairement faire profil bas. Ne serait-ce que par respect pour Ibrahim Yacoubou et son parti. Pourquoi la BAGRI, pour ne citer que cette banque, a abandonné son corps de métier initial pour devenir une banque commerciale comme les autres ? Où est passé ce colossal capital avec lequel la BAGRI a débuté ses activités ?

Pourquoi, dans les procédures de dédouanement, c’est plutôt à SONIBANK que les usagers sont appelés à payer et non dans toutes les banques ? Soyons sérieux ! Lorsqu’on manque d’humanisme, il faut au moins faire preuve de considération et de respect vis-à-vis de son collègue, de son allié politique et mieux encore, de la femme entre preneure qui a construit et mis à la disposition de son pays un instrument de développement aussi important que ASUSU. C’est une question d’humilité et de respect de soi-même.

BONKANO

24 mars 2018
Source : Le Canard en Furie

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