Orange Money 300%

Lettre ouverte adressée au Président de la République du Niger 

Mohammed ELHADJIExcellence Monsieur le Président de la République du  Niger (Avec l’expression de mes  hommages les plus déférents).
« Epargnez-nous de l’indifférence,  de l’incivisme politique  et du  déchirement interne, car la démocratie va bien au-delà de ce que d’aucuns de vos partisans pensent»
Excellence Monsieur le Président de la République,
J’ai l’insigne honneur de vous saisir encore une fois, en vertu du droit constitutionnel me donnant la chance et la liberté de m’adresser à un père, en vue de vous exprimer tout haut et en toute sincérité ce que beaucoup des nigériennes et nigériens  disent tout bas, par crainte ou par manque d’opportunité de vous atteindre.
Excellence Monsieur le Président de la République, 
« Ce qui m’a décidé à écrire cette lettre ouverte qui aurait pu être fermée, dis-je, c’est avant tout le sentiment de l’urgence, un sentiment qui peut se définir en trois mots,  « inquiétude », « tristesse » et « espoir ».
Monsieur le président, père distingué,
L’inquiétude m’habite quand je vois la situation économique du Niger, si mauvaise et qui depuis une cinquantaine  d’années ne fait que s’aggraver. Dans l’agriculture, l’industrie, le commerce extérieur, les budgets, il y a plutôt un recul que progrès à la hauteur des attentes et les défis auxquels nous faisons face. Ce déclin économique atteint forcément les structures sociales et risquerait de désagréger les communautés traditionnelles ou récentes.
La plupart des responsables occidentaux sont fort pessimistes quant à l’avenir à court terme et à moyen terme du Niger après les important et considérable efforts que votre ministre des Finances ne cesse d’apporter au lieu néanmoins qu’ils soient productifs mais stériles quant aux réalités de notre pays. Posez-vous plutôt la question de ce que pense et dit votre peuple plutôt que de ce que l’occidental et les multinationales en pensent et en disent. 

Et, malheureusement, une certaine désespérance se propage dans les milieux urbains et dans les masses villageoises.
Devant cette situation, comment ne pas être envahi par la tristesse ?
– tristesse pour tous ces paysans qui voient leurs rendements stagner, ces terres disponibles se raréfier, le couvert végétal se dégrader, les prix de leurs produits s’effondrer sur lesquels ils paieront une taxe sur mesure qu’ils ne méritent et n’avoir rien reçu ni de fait au préalable par l’Etat que vous dirigiez ;
– tristesse pour ces jeunes étudiants, pour ces diplômés, dont certains me sont très proches, qui ont peiné pendant des années pour faire des études difficiles, ont finalement réussi, et se voient au chômage, sans travail, sans avenir ;
– tristesse pour ces jeunes paysans qui partent en ville à cause des difficultés de l’agriculture, attirés aussi par les « lumières de la ville », et qui bien vite sombrent dans le chômage, sont coupés de leurs attaches et vont un peu à la dérive ;
-triste de voir une  société civile muselée et bâillonnée  alors qu’elle se sert au quotidien de ces mêmes délices prévus par la démocratie et qui, au demeurant, ont  fait de vous le président  de la République  du Niger ;
-triste de voir d’aucuns déchoir de leur nationalité pour des crimes qu’ils n’ont  souvent pas commis ;
-triste aussi de vous voir Zeller sur des questions qui prisent les préoccupations  du Monde alors que chez vous et nous ½ des familles nigériennes peine à joindre les deux bouts, des civiles et militaires mourir comme des mouches au Niger et sur les fronts sans que cela ne vous en préoccupe ;
-triste également de voir tout ce chapelet de promesses  non-tenues en matière de l’éducation, de la santé, de la sécurité physique et alimentaire ;
-triste de voir l’Etat, ses responsables et certainement vous à leur tête assister à l’abattage des monastères bâtis de la microfinance nigériens et au Niger pour des intérêts particuliers et particularistes de certains de vos partisans d’une part   pour des règlements de compte personnel et de l’autre l’usage et l’abus d’un pouvoir mal assimilé et dangereusement acquis à la cause d’une  haine contre une personne ;
  -triste de vous voir vous  acharner sur des journalistes qui vous brillent et font au quotidien parler de vous par leur infatigable vocation incluant en elle l’acide et le miel ; 
-triste de vous voir complice avec les fossoyeurs de la démocratie et qui peine en marge de vos sentiments exprimer le véritable sens d’une  démocratie qui vient de la majorité et pour la minorité. Ce rapport de force hélas beaucoup d’eux l’ignorent et n’en ont cure ;
Ces exemples, parmi tant,  je suppose, montrent  l’insouciance des hommes engagés pour la renaissance et non pas pour l’abîme, ses excès et la profondeur du travail à accomplir en matière de réformes et de simplifications, d’arrêt pour se poser des bonnes questions et de volonté politique qui vous attendent . Nos mentalités  doivent  évoluer, si nous voulons que la Niger devienne un site attractif, attirer des investissements étrangers ; de rêve et d’Esperance. Un long travail nous attend, pour que les mentalités et la culture de la gestion factuelle évoluent.
Et pourtant, pour de nombreuses raisons, je garde espoir.
-Espoir à cause des jeunes cadres nigériens, compétents et dynamiques ;
-Espoir pour des jeunes nigériens qui ont enfin compris que le développement du Niger est intimement lié à leur participation dans  la construction du Niger ;
-Espoir quand je  vois l’énergie, l’entêtement, le courage et la détermination que vous vous donniez pour construire un chemin de fer, des échangeurs et mêmes certaines routes et avion que les nigériens ont  eu du mal à ingurgiter ; 
-Espoir qu’à chaque fois qu’on vous présente un plateau d’inquiétudes vous avez le sens de responsabilité d’endiguer les vicissitudes et en retour apporter des solutions ; 
Monsieur le président de la République,
J’ai bon espoir qu’avec peu de civisme, de volonté les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Angleterre et leurs affiliés jalouseront notre option et notre choix pour  un Niger prospère et d’avenir ; 
J’ai aussi bon espoir que votre engagement  politique si tant soit  peu réacquis un deuxième Rwanda de progrès et de challenge  est possible au Niger.
Je pense souvent à tous ces jeunes qui veulent tant apporter d’eux pour le développement de notre pays, que j’ai rencontrés ces dernières années ;
Espoir parce que depuis des années des dirigeants nigériens  ceux d’hier comme vous aujourd’hui avez  pris une conscience plus nette de la situation de vos  pays, des erreurs passées et des changements à faire pour un avenir meilleur.
Voilà pourquoi j’ai rédigé cette lettre ouverte, le redressement me parait indispensable et possible. Pour ma part j’ai souhaité contribuer dans la mesure de mes moyens à la recherche de solutions. L’espoir Monsieur le Président  voilà ce qui nous laisse en vie et j’ose croire que le temps qui vous reste vous permettra de redresser la barre. 
Et pour bien montrer que ma passion pour le Niger  n’est pas feinte mais réelle, je réitère mon  engagement pour ce pays à vos côtés  en écrivant :
« Je me suis dit que je pouvais apporter ma vision d’un homme de terrain, qui parle de ce qu’il a vu, entendu et senti, avec toute la passion que peuvent donner toutes ces années de mon existence   au Niger comme en France en passant  par le Maghreb et ma sympathie avec les différentes visions  justes des pouvoirs d’Etat ». 
Excellence Monsieur le Président,
La République du Niger, notre cher et beau pays, se trouve aujourd’hui à un tournant très décisif de son histoire politique. A moins de trois ans  de votre deuxième et dernier mandat, la situation socio-politique ne fait que s’aggraver. L’emprisonnement des acteurs de la société civile, l’expulsion d’un compatriote pour un notre pays faisant de lui un apatride devraient vous interpeller et vous pousser à une bonne et profonde introspection. Vous amener à réfléchir et à vous remettre en cause. Vous pousser à briser le silence et à parler à votre peuple il n’est ni bas ni ridicule de revenir sur cette fameuse loi des finances qui fait plus d’un mécontent, laisser en marge de vous l’orgueil car l’orgueil est l’ombre de Satan et l’épée qui tue les rois. Vous pousser à comprendre le message que vous lance vos concitoyens, dans leur grande partie et qui n’est autre que celui de vous demander de respecter la constitution, de revoir les mesures comprises dans la même loi.
Excellence Monsieur le Président, cher père, 
C’est encore possible de sauver des meubles et d’épargner à notre pays le spectre d’un cycle infernal de violence et du chaos qui se profile à l’horizon.
Et, vous êtes la personne la mieux indiquée pour nous éviter tous ces problèmes. Voilà pourquoi, Excellence Monsieur le Président, le Jeune cadre de ce pays à mon nom, a résolu de vous saisir afin de vous dire qu’il n’est jamais tard pour bien faire. 
Les nigériens souffrent et continuent de souffrir Monsieur le Président alors qu’il suffisait qu’il y  ait la volonté d’un homme que vous êtes  pour que tout aille mieux. Mon interpellation d’un fils à son père est de vous dire ceci : voir le NIGER avant de voir tout intérêt personnel et partisan devrait caractériser chacun de citoyens nigérien en général et vous les dirigeants en particulier. Pareil engagement  vous élèverait et vous ferrait entrer par la grande porte dans l’histoire du monde entier et la Nation nigérienne toute entière vous resterait reconnaissante à jamais. Le contraire vous obligerez à porter toute la responsabilité de tout ce qui arriverait à notre pays et votre conscience en souffrirait toute votre vie sur cette terre des hommes où sommes tous passagers.
Excellence Monsieur le Président,
Permettez-moi de clore ces lignes  en invitant votre Excellence à privilégier la paix et la cohésion nationale, voir en grand la souveraineté, réfléchir en grand sur toutes les interrogations et mettre en œuvre toutes les propositions  que j’ai dû à vous formuler lors de mes précédentes lettres ouvertes au détriment de la politique de la vengeance et de la terre brulée. Je vous exprime sur ce et ici mes  craintes légitimes de voir aggraver la situation si vos services de sécurité et la justice poursuivaient sur cette lancée très dangereuse de chasse aux sorciers et harcèlement de toutes les voix discordantes. Tout en espérant que vous vous laisserez guider par la voie de la sagesse et que vous privilégieriez la Nation Nigérienne  au-delà de votre égo, je  vous prie de croire,
Votre concitoyen, fils et nigérien qui aime tant son pays.


Mr. Mohammed ELHADJI

Imprimer E-mail

Idées et opinions