Amères vérités Ça fait, certes mal, de le dire, mais le Mnsd a trahi toutes ses valeurs…

Seini_Oumarou MNSD NassaraLe Mnsd Nassara serait-il finalement devenu le griot du PndsTareyya ? En tout cas, bon nombre d’observateurs soutiennent qu’il ne vaut pas plus que ça et il y a, au moins, deux bonnes raisons qui le prouvent. Premièrement, les réalités de ses rapports avec le PndsTareyya sont guidées par des instincts primaires, essentiellement liés à une question de subsides. Le Mnsd n’a plus aucun principe lié à des valeurs quelconques ou du moins, ceux qui tiennent les rênes du parti, aujourd’hui, ne chercheraient pas autre chose que de l’argent et puisqu’ils en gagnent, ils se fichent pas mal du reste. Seïni Oumarou dispose d’un pactole sans rien faire, l’homme fort du parti, un certain DKO (un homme d’affaires qui ferait marcher Seïni Oumarou à n’importe quelle heure) gagne les marchés publics qu’ils convoitent à tours de bras ; Almoustapha Garba et Abdoulkadri, les deux moustéquaires qui ont goupillé l’alliance Pnds-Mnsd, ont des postes ministériels et la petite clientèle politique proche des nantis profitent. L’homme d’affaire qu’on appelle DKO, du nom de son entreprise, est devenu, d’homme d’affaire gravitant autour des leaders politiques de ce parti à homme à tout faire, celui qui tiendrait dans sa main cinq des huit sections régionales du Mnsd. C’est lui qui commande ce qu’il y a lieu de faire, quels choix opérer et qui soutenir. Et puisque manger est devenu la principale préoccupation des leaders de ce parti, au détriment de tous autres principes et valeurs dont le Mnsd était porteur, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec cet esprit mercantiliste et déshonorant sont pratiquement « excommuniés » et présentés comme des indisciplinés qui seraient en train de poser des actes compromettant les intérêts du parti. Tamboura Issoufou fait partie de cette classe de militants, mais il n’est pas seul.

Tout le Niger a compris aujourd’hui que Seïni Oumarou et ses « amis » de l’intérieur du parti ont inventé des raisons que seul le ventre commande. C’est bien dommage pour un dirigeant de ce rang de renier, en un temps record, principes et valeurs, pour accepter de s’effacer en contrepartie de quelques millions versés comme une pension de retraite. C’est bien dommage pour ce parti, qui a incarné tant de valeurs et d’espoirs, aux quatre coins du Niger, de se résumer à un club de personnes qui cherchent en priorité à capter quelques subsides et à y vivre. C’est également dommage pour les leaders de ses partis alliés, dont certains, à l’image de Ousseïni Salatou, président du parti Labizé et hommelige de Seïni Oumarou, qui mangent finalement de tous les pains. Pourfendeur devant l’Éternel, du régime actuel, Oussseini Salatou s’est ainsi retrouvé dans le douillet cabinet du président du Mnsd où les millions pleuvent, sans rien faire. Il n’y a qu’à se courber pour en ramasser. Il a préféré oublié tous ses actes antérieurs contre le même régime qui a d’ailleurs sombré davantage dans les dérives pour gagner, lui aussi, sa part de gâteau. Labizé ? Mon œil !

Pour Salatou comme pour le constitutionnaliste Maïna Karthé – ce ne sont que des exemples - la politique et la défense de la démocratie et de l’État de droit se résume à cela : faire le maximum de bruit pour déranger celui qui est au pouvoir jusqu’à ce qu’il vous donne quelque chose. Ce ne sont pas de vaines critiques, c’est la réalité que nous imposent les actes qu’ils ont posés. Or, lorsqu’un homme manque de constance, c’est qu’il n’a ni principes ni valeurs auxquels il croit, en dehors de l’argent.

C’est le même Mnsd, victime de discrimination, de privations, de division, qui hurlait aux scandales et qualifiait la gouvernance de Mahamadou Issoufou de satanique, c’est ce même Mnsd avec les mêmes leaders qui ont accepté de se ranger derrière un parti qui n’a jamais caché sa volonté de le détruire. Ikon Allah ! Seïni Oumarou, qui est arrivé à la tête de ce parti dans les conditions que l’on sait, n’a pas fait mieux que de « vendre » et de se taire. Doit-on tout vendre, y compris principes et valeurs, parce que l’on a 68 ans ?

Ça fait, certes mal, de le dire, mais le Mnsd a trahi toutes ses valeurs. Ainsi, face au Code électoral et à la Ceni, le parti de Seïni Oumarou, suffisamment graissé, se complaît dans un silence qui trahit une chose : ceux qui décident ont la bouche pleine. À la place du Mnsd, dont DKO et sa quête insatiable d’argent symbolise la nouvelle philosophie, c’est Kishin Kassa, le parti d’Ibrahim Yacoubou, qui a relevé le défi du principe « Le Niger d’abord ! ». Pendant que les premiers se perdent dans des calculs d’épiciers, les seconds renoncent aux privilèges et lambris du pouvoir, dénonçant avec fracas le Code électoral et la Ceni-Pnds. Du reste, Seïni Oumarou a désigné, au titre de son parti, un proche parent d’Elback Adam, militant chevronné du parti rose. C’est un signal fort.

Le 21 avril prochain, paraît-il, ce parti fêtera son 27e anniversaire, assorti d’un forum national des jeunes et des amazones. Va-t-il se ressaisir ou continuer à manger ? La seconde hypothèse est plus probable, des personnalités comme Abdoulkadri Tidjani ayant pris goût à la chose tandis que d’autres comme Almoustapha Garba ayant des trous à combler.

BONKANO

23 avrril 2018
Source : Le Canard en Furie

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