Sanef 2018

Déclaration des Chefs de village Arawa et Alliés du Canton de Tibiri du 26 avril 2018 sur l’organisation d’une cérémonie d’investiture frauduleuse du Chef de Canton mal élu le 5 mai 2018 de Tibiri

Image d'illustrationNous,
Chefs de Villages Arawa et Alliés de l’ex-Katarma, actuel canton de Tibiri,
Réunis ce jeudi 26 avril 2018 à Angoual Magagi Ango (commune de Douméga) ;
Faisons la déclaration qui suit :
Depuis le rejet par deux arrêtés du ministre de l’intérieur datés de septembre et octobre 2015 des candidatures Sarkin Arewa à l’élection du chef de canton de Tibiri, les relations sociales entre les communautés ne font que dégrader de jour en jour du fait de cette remise en cause injuste de nos droits de succession à la chefferie du canton de Tibiri, pourtant reconfirmés le 15 mai 1980 par la dernière véritable consultation électorale à laquelle ont pris part les deux lignages.
Suite à l’élection controversée du 26 août 2017 à la chefferie de notre canton de Tibiri (Département de Tibiri) entachée d’irrégularités, les provocations et tentatives d’intimidations de l’Administration se sont multipliées, orchestrées par des personnes parfaitement identifiées depuis fort longtemps, dont les deux (2) dernières en date sont :

  1. la traduction de dix-sept (17) chefs de village Arawa et Alliés triés sur le volet devant la Commission de discipline pour leur refus renouvelé de reconnaître le chef de canton contesté par des dizaines de chefs de villages ;
  2. le lancement intempestif d’invitations à une investiture inopportune du chef de canton contesté, le 5 mai 2018 à Tibiri, donnant l’occasion à des acteurs sournois de travestir l’histoire du canton dont nos cousins sont passés champions, alors même que le dossier du contentieux est pendant devant la Cour de justice de la CEDEAO et le conseil d’Etat ;

C’est pourquoi,
Et en considération de tout ce qui précède :
Nous,
Chefs de villages Arawa et Alliés de l’ex Katarma, actuel canton de Tibiri,

  • Réaffirmons unanimement et irrévocablement notre refus de reconnaitre, au prix de nos vies, un chef mal élu de notre canton issu d’un processus tronqué jusqu’à une reprise totale de ce processus électoral dans des conditions acceptables par toutes les deux principales communautés ou alors une décision définitive de la justice ;
  • Demandons aux autorités le report de la cérémonie d’investiture d’un chef de canton contesté et dont le contentieux est pendant devant la justice prévue le 5 mai 2018 qui n’aura pour conséquence que de creuser davantage le fossé (existant) entre les communautés et provoquer des troubles à l’ordre public ce, en respect des engagements internationaux souscrits par notre pays en ratifiant le traité de la CEDEAO.


Nous rappelons que suite à l’arrêt du Conseil d’Etat du 24 mai 2017,

  •   nos quinze (15) candidats Sarkin-Arewa, écartés du processus de l’élection du chef de canton, avaient officiellement saisi, le 16 janvier 2018, la Cour de Justice de la CEDEAO, par une requête pour violations de nos droits légitimes ;
  • Et par ailleurs 39 parmi nous avaient introduit le 6 mars 2018, un recours pour demander l’annulation de l’arrêté n°642 du 18 septembre 2018, nommant le chef de canton de Tibiri suite à l’élection du 26 août 2017 entachée de multiples irrégularités prouvées et dénoncées en son temps par voie d’huissier ;
    Nous informons d’ores et déjà l’opinion nationale, régionale et internationale, avoir opposé une fin de non-recevoir à toutes les démarches entreprises par les promoteurs de cette mascarade pour nous faire participer à cette funeste cérémonie, et plaise à DIEU nous n’y assisterons pas et invitons toutes les personnalités éprises de paix et soucieuses de l’harmonie du canton à ne pas se rendre à Tibiri le 05 mai 2018.
    Nous déclinons à l’avance toute responsabilité sur tous les débordements susceptibles de se produire si cette cérémonie sans fondement devait avoir lieu.
    Nous prions ALLAH (SOUBHANA WA TA’ALLA) pour que la paix et la sérénité reviennent dans le Département de Tibiri et que nos cousins qui nous ont traité de « Kaikai » reviennent à la raison au lieu de raser les murs pour chercher un rapprochement sans frais.
    Un bon proverbe de chez nous, ne dit-il pas que « zaman lahiya ya hi zama dan sarki » autrement dit la « vivre en paix, vaut mieux qu’être prince ».


Lue à Angoual Magagi Ango, le jeudi 26 avril 2018, par Abdoul Salami Garba, Chef de village de Tounga Chayaou au nom de soixante (60) Chefs de village Arawa et Alliés du canton de Tibiri

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