Ce que je pense, famines, maladies, pauvreté, migration : Une responsabilité collective

Ce que je pense, famines, maladies, pauvreté, migration : Une responsabilité   collectiveJe vais commencer ma contribution sans utiliser ni la langue de bois moins en gardant ma langue dans ma poche. Et puisque j’ai en tant que citoyen droit à la parole sinon à la parole libre, je vais interpeller et incriminer des Nations, des pouvoirs et des hommes qui, sur cette planète, se taisent et observent des hommes, des femmes et des enfants périr, disparaître et mourir. Comme des rats, loin de leur patrie parfois à la recherche de l’introuvable. Cet eldorado qui, en fait n’est qu’une illusion et réverbération. Pourtant, des questions très pertinentes se posent à nous tous.

Pourquoi nos Etats africains indépendants depuis plus de 50 ans voire 60 et plus, sont-ils encore à la traîne ? Nous finirons par donner raison à ces titres comme « l’Afrique noire est mal partie, ou mal gouvernée, des affamés, des misérables parfois même des Sauvages » et que sais-je d’autres ? Des titres des colons mafieux nostalgiques d’une époque pourtant révolue et cela  à contrario du livre de cette grande journaliste Editorialiste au Monde Diplomatique, Anne Cécile ROBERT : «  L’Afrique au secours de l’Occident  » ou de notre ami Antoine GLASER qui a écrit et beaucoup publié sur l’Afrique également. Nous retiendrons un : « Arrogant comme un français en Afrique » publié en 2016 à Fayard à Paris.

FAIRE LA PART DES CHOSES EN SITUANT LES RESPONSABILITES
Si rien ne va ou tout ne va pas bien, c’est qu’il y a cause à effet. II faut dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu et dans ce cas précis, nous devons aussi reconnaitre qu’il y a d’un côté, les Etats qui n’ont pas été convenablement gérés à cause de tant de laxisme. Ces fléaux se nomment : corruption, affairismes, passe-droits qui aboutissent à l’injustice tout court. Sinon, comment peut-on comprendre et admettre un seul instant que dans un Etat de droit, où nous dit-on que le peuple souverain est le détenteur du pouvoir, que des citoyens souffrent ? Comment peut-on accepter qu’en 2018 que des hommes et des femmes ainsi que des enfants empruntent des routes de la mort pour un voyage sans retour ? Un saut dans l’inconnu. Soyons sérieux parce que tout ce monde n’aurait jamais pensé ni osé quitter les parents et les pays tant aimés et qui représentent tout sur cette terre. Comment comprendre que celui qui reste pendant 3 jours sans manger ne se révolte face à celui qui prend ces 3 repas par jour ? Pourquoi ceux qui sont chargés de veiller au grain afin que justice soit faite croisent-ils les bras devant un tel drame ? Pourquoi et toujours pourquoi nos peuples africains doivent-ils souffrir alors qu’ils élisent des dirigeants et sont gouvernés comme les autres peuples ? Mais, s’il est vrai que les gouvernants ne sont pas de magiciens ni des acrobates, il n’en demeure pas moins qu’il leur a été confié un mandat ou des mandats pour diriger et gérer correctement et surtout humainement leur électorat. Cette responsabilité, nous la partageons aussi hommes politiques, leaders de la Majorité de l’Opposition et intellectuels à travers les mandats que nous accordons à nos élus pour gérer à notre place, pendant 5 ans, 10 ans et plus parfois. Oui nous partageons parce qu’après les consultations électorales, c’est la course à la recherche des postes et nous n’attirons jamais l’attention ou n’exprimons clairement nos points de vue contre les actes de mal gouvernance ou sur des dérives. Mais, c’est vrai qu’on me rétorquera le pouvoir enivre et qu’il est à l’image d’une gourde de mil que l’on refuse de remettre au suivant à moins que l’on ne vous torde les mains. C’est bien possible mais dans une communauté ou un groupe de personnes pour ne pas dire à l’échelle d’un pays que beaucoup de gens sont lucides et intelligents pour refuser d’accepter d’être conduits dans le mur. Et ils le manifestent souvent sinon régulièrement. D’ailleurs, on raconte que quelques aurait dit «  A quand la fin de l’indépendance ? » Une telle réflexion aurait fait sourire, mais il avait comparé la période coloniale à celle des indépendances et ce qui rappelle l’adage qui dit que «  celui qui s’est rappelé de l’année dernière n’a pas tiré profit de cette année » Ces deux réflexions doivent nous interpeller parce qu’on racontait aussi qu’une fois les élections terminées certains citoyens disaient que «  le peuple va souffrir et que les élus vont toucher  » Toutes ces phrases traduisent un état d’insatisfaction et qu’il serait bon que nous soyons regardants sur notre gestion de notre patrimoine commun . En période électorale, les Présidents candidats ou candidats Présidents devraient utiliser leurs propres moyens pour effectuer leurs campagnes comme le font les autres candidats indépendants ou d’autres postulants. Mais comme dit l’autre dans des pays où l’état des lieux à chaque changement de Majorité les constitutions sont banalisées, allons y comprendre comment peut se conformer à cette exigence. Et pourtant, si nous voulons démocratiser nos institutions, nous devons nous y conformer à la lettre à cet état des lieux et à la bonne gestion de nos biens appartenant à l’Etat. Ma contribution coïncide avec la journée de l’enseignant, je profite pour rebondir cette fonction qui est l’une des épines dorsales pour ne pas dire de notre développement. En effet, enseigner, c’est procéder à un sacrifice intégral, à un don de soi en dispensant un savoir pour ouvrir à l’enfant un avenir assuré. D’ailleurs en d’autres temps, l’enseignant avait tous les droits sur l’élève et aucun parent ne pouvait aller contre la décision de lui donner le savoir, ce que nous avons de meilleur . C’est pourquoi nous pensons que l’Etat peut au niveau du Ministère de l’Education créer les conditions d’alphabétisation au profit des adultes .Ce que l’on appelle «  les Cours d’adultes  » dispensées pendant la colonisation et au début d nos indépendances et qui résorbait l’analphabétisme en organisant des cours du soir , au moins deux fois par mois ou par quinzaine. Beaucoup d’adultes et pères de familles pourraient profiter également de ce droit dévolu à tout citoyen. Et ceux qui accomplissent leur service civique pourraient s’en charger au nom de la Solidarité Nationale. Une piste à explorer et les anciens ne me démentiront pas si nous voulons donner à chacun et à chacune la chance de s’impliquer dans la construction nationale et de son développement.  

   Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO, Politologue, Journaliste, Ecrivain

 

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