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Autour du FCFA : Les langues se lient et délient

Franc cfa DebatLe débat autour de l’argent du toubab fait rage en ce moment dans le gotha politique nigérien. L’histoire de Kémi Séba, du nom de ce béninois qui a déchiré un billet de 5.000 FCFA pour contester la présence de cette monnaie africaine, se transporte finalement au Niger.

Les pères fondateurs de l’indépendance en Afrique ont pourtant discuté et accepté d’une manière consensuelle la manière et les principes directeurs de cette monnaie avec le colonisateur. Ce n’est pas pourtant parce qu’ils sont incrédules ou inconscients de ces effets sur les économies africaines. Pendant donc plus d’une soixantaine d’années, les africains, surtout les intellectuels de l’Afrique de l’Ouest utilisent l’unique monnaie sans remettre en cause son caractère «satanique ». Et voilà que le président du Conseil des ministres italien Guiseppe Conte arrive au Niger le 15 janvier 2019, comme un coup de baguette magique. Quelques jours après son séjour nigérien, il accuse la France d’appauvrir l’Afrique. Et boom ! Ça tire dans tous les sens dans les rangs des opposants. Bien sûr que c’est un ouf de soulagement, car les sujets qui dominent désormais dans le pays, ce sont les réalisations du régime de la renaissance longtemps voué aux gémonies par l’opposition. Comment faire pour éloigner les citoyens de leurs réalités quotidiennes pour les transporter dans l’univers des FCFA ? Comment amener les nigériens à s’éloigner des chantiers qui se dressent chaque jour dans le pays ? L’ «usurpateur », fait des miracles en changeant carrément le visage de la capitale, nettement mieux que ce qui s’est passé au cours des autres années antérieures. Loin des polémiques sur les sujets de l’heure, on fouille et refouille dans tous les sens à la recherche de la moindre occasion pour revenir sur le terrain. Et, hop ! , Massoudou Hassoumi tend la perche. A travers une interview accordée à la radio France Internationale sur la place du FCFA dans l’économie africaine, le Ministre des Finances du Niger de s’exprimer ainsi : «C’est un choix tout à fait souverain qui peut évoluer et qui continuera à évoluer », dira-t-il. Plus loin, Massoudou Hassoumi soutient que «nous sommes dans une dynamique, notamment dans le cadre de l’intégration de la CEDEAO au niveau de la construction de la monnaie de la CEDEAO.

Donc nous sommes engagés naturellement et sans beaucoup de ruptures vers la monnaie unique de la CEDEAO». Donc aucune contradiction avec la volonté du Président de la République d’aller vers une monnaie unique pour l’ensemble des pays de la CEDEAO. Pourtant, dans les différents commentaires qui ont suivi cette intervention, on voit une volonté de chercher des poux sur un crâne rasé. Loin de nous l’idée de défendre cette monnaie, mais il est indéniable que nous sommes loin du compte dans nos pays africains, aucun dispositif n’est mis en place pour remplacer cette monnaie. C’est un faux débat à partir du moment où les africains n’ont pas encore pris le chemin de remplacer la monnaie CFA actuellement. C’est un processus évolutif qui trouvera une réponse dans la volonté des Chefs d’Etat africains qui se réuniront à Niamey au mois de juillet prochain dans le cadre de l’élargissement de leurs relations bilatérales. Depuis de longues années, les africains se sont enrichis avec le FCFA. Des villas ont été construites, des grosses cylindrées ont été achetées grâce au FCFA. En fait, cette monnaie pouvait être utile pour les africains si eux-mêmes créent les conditions. En attendant, on s’emballe dans des diatribes inutiles. To kaji !

Ibrahim Amadou  

02 février 2019
Source : Le Hérisson 

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