Idées et opinions

Lettre au “président de la République” : Monsieur le “Président”, Si vous aviez été à l’opposition, il y a longtemps, depuis la découverte de cette commande clandestine de maître Souna, que vous auriez sonné la mobilisation pour un boycott actif du procesJ’ai suivi votre visite d’amitié et de travail en France, la seconde en l’espace deux semaines si je dois croire à l’information officielle de vos services, et je dois dire que vous n’avez pas surpris grand monde en déclarant, face à la presse française, que vous ne comptez ni vous représenter ni faire modifier la constitution. Comme tant d’autres, au Niger comme en France, votre profession de foi m’a fait sourire. Je suis certain que ni la journaliste de Rfi qui vous a posé la question sur l’incarcération des leaders de la société civile, ni l’auditoire devant lequel vous avez parlé, encore moins le Président Macron, ne vous croît. « De façon irrévocable, je ne modifierai pas la constitution et je ne briguerai pas un troisième mandat », aviez-vous dit. Ah ! Ah ! Ah ! Que c’est vraiment drôle, car c’est là une musique que nous avons déjà entendue. Vous souvenez-vous des propos que vous aviez solennellement tenusle 17 décembre 2015 dans la perspective des élections générales de 2016 ?Vous avez dit« Je n’accepterai jamais l’organisation d’élections tropicalisées... ». En fin de compte, nous avons eu un droit à un ignoble hold-up électoral. Alors, j’ai pensé, pendant longtemps, que vous ne parleriez plus jamais de valeurs, particulièrement lorsqu’il s’agit de démocratie et d’élections. Or, à Paris, vous avez remis ça. J’espère au moins que vous ne vous attendez pas à ce qu’on vous croit. Du reste, vous n’avez pas besoin de répéter que vous n’irez pas au-delà du terme légal de votre mandat. Vous ne le pouvez pas simplement. Il n’y a donc aucun mérite à clamer partout et à tout bout de champ que vous ne modifierez pas la constitution. Par contre, vous avez fait sensation sur plusieurs points et je voudrais, pour l’histoire, vous les notifier. D’abord, vous avez affirmé que les organisations de la société civile voulaient manifester à minuit. Ce qui n’est pas exact. Il s’agissait de manifester de 16 heures à Minuit. De toute façon, c’est un vulgaire alibi que vous avez utilisé pour interdire systématiquement des manifestations populaires qui drainaient des foules immenses à travers tout le Niger. Hier encore, un meeting de la société civile prévu à huit heures a été interdit et le siège d’Alternative Espace citoyens a été fermé et interdit d’accès au personnel. Alors ? Tout le monde sait que votre régime est impopulaire. Vous n’avez pas besoin de ce que vous fait à Paris.

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