Idées et opinions

 Situation sociopolitique au Niger : Le pire est à venir27 acteurs de la société civile, quelques 300 scolaires, tels sont les nombres de citoyens nigériens embastillés et jetés en prison ces deux derniers mois. Ils ont tous en commun d’avoir protesté et contesté des mesures gouvernementales. En vérité, acteurs de la société civile et étudiants sont vus d’un oeil craintif du fait de leurs capacités de mobilisation. Si les scolaires sont connus pour leur fronde habituelle et leur esprit de rébellion, les acteurs de la société civile nigérienne ont fait changer la peur de camp depuis qu’ils ont entrepris d’organiser des journées d’action citoyenne contre la loi de finances 2018. La mobilisation devenant de plus en plus monstre, le régime a vite craint d’être débordé par cette marée humaine qui bat le macadam deux fois par mois.Alors, il a décidé de sévir. Aux interdictions systématiques et sans fondement juridique qui tienne, succèdent les matraques, les gaz lacrymogènes, les interpellations et les emprisonnements. La démocratie est mise entre parenthèses, les lois sont ignorées et les décisions de justice sont bafouées. Cette gouvernance autocratique vient se greffer à une gestion calamiteuse aux plans social, politique et économique. La tasse est donc pleine. Au plan judiciaire par exemple, le deux poids, deux mesures en vogue a depuis longtemps fini d’achever la faible confiance qu’ont les Nigériens en leur justice. Du jamais vu dans l’histoire du Niger ! Les 27 acteurs de la société civile se trouvent ainsi dans une sorte d’impasse, sans perspective de jugement selon certains observateurs. C’est pourquoi, au lieu d’être jugés en flagrant délit, ils ont été placés sous mandat de dépôt en ouvrant une information judiciaire. Pour bon nombre de leurs collègues, le stratagème est de les oublier en prison en prétendant que l’instruction serait en train de suivre son cours normal. Aux dernières informations en provenance des milieux de la société civile, il y aurait une vive tension entre le Parquet de Niamey et les avocats des acteurs de la société civile. Selon l’information, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, la défense accuse le Parquet d’avoir refusé de transmettre la récusation du juge d’instruction.

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