Idées et opinions

Au-delà du triomphalisme... : Par Dr Elisabeth SherifEn parcourant certains commentaires et discours officiels relatifs à la tenue du sommet de l’UA et les réalisations occasionnées, on peut être frappé d’une part par leur caractère triomphaliste, qui est tout à fait compréhensible et voire légitime à certains égards, et d’autre part par leur caractère surréaliste, qui tranche avec les réalités du pays et les défis auxquels il fait face.
En effet, les efforts qui ont été déployés pour honorer la légendaire tradition d’hospitalité du peuple nigérien ne sont pas négligeables. Ils sont à saluer. Et il est tout à fait normal, de ce point de vue, que l’élite oligarchique, ses ramifications et ses clientèles, se retrouvent dans un concert de sublimation et d’"autocongratulations".

Cet accent triomphaliste, prend cependant des allures surréalistes, et notamment avec la tendance qui consiste à présenter, consciemment ou inconsciemment, la tenue du sommet de l’UA et les réalisations occasionnées comme une consécration ultime. Une étape plus que décisive dans la quête du développement économique et social d’un pays habité par des populations vivant dans une précarité sans précédent.

Ces commentaires et discours exagérément triomphalistes, sont par ailleurs révélateurs non pas du fossé, mais du gouffre existant entre l’oligarchie régnante, ses clientèles et leurs orientations, d’une part, et, d’autre part, le peuple nigérien et ses attentes fondamentales.

Bien enfermée dans un entre-soi douillé, l’oligarchie nigérienne est de plus en plus coupée de la réalité du peuple nigérien. Plutôt tournée vers l’extérieur, obsédée par les enjeux extérieurs et plus précisément par les humeurs des acteurs dominants de la scène internationale, elle ignore le quotidien de plus en plus pénible des Nigériens.

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