Idées et opinions

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Vous voici, cinquante et quatre, formant aréopage
Niamey vous salue et vous accueille
Au carrefour des réminiscences
Au tournant des remembrances.

Voici Nia, la mère qui n’oublie pas
Voici Mey, la bouche qui rappelle
La mémoire pluriséculaire des déportés.

Niamey est mère, comme l’Afrique
Elle me prête sa bouche qui parle
De la procession des enchaînés sur la voie du non-retour
De la complainte des entassés dans les cales qui tanguent
Les âmes qui errent, demandent repos.

Me voici porte-voix d’outre-mer, d’outre-tombe
Dans ma mémoire tournent sans cesse
Depuis Addis-Abeba, depuis Durban
Le spectre des caravelles qui engouffrent
Le spectre des caravanes qui emportent.

Par la bouche de Niamey avertie
Par cinquante-quatre voix unies
Conjurez, je vous prie
L’esprit de la traite
L’ombre de la servitude.

Proclamez pour le continent, pour l’homme
Pour sa descendance et pour la postérité
Le jour convenu, le jour bienvenu
De la commémoration attendue
Des siècles meurtris de notre histoire.

Farmo M.

 

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