Sanef 2018

Idées et opinions

Rupture au CNDP :  Par Dr Farmo Moumouni Samedi 3 novembre 2018, l’opposition nigérienne annonce la suspension de sa participation au dialogue portant sur la révision du code électoral, elle quitte le CNDP. D’aucuns parlent précipitamment d’impasse. La situation n’est pas encore sans issue. Le temps long plutôt que court est un allié. La volonté éclairée peut rouvrir le chemin de la Primature. L’échec n’est pas avéré. Le dialogue n’a pas dit son dernier mot, la négociation non plus.
Le Conseil National de Dialogue Politique est un espace de négociation, on y vient pour négocier. Mais a-t-on véritablement négocié au CNDP? A-t-on vraiment observé ces quelques règles essentielles de la négociation?
La première est qu’il ne sert à rien d’ouvrir des négociations quand on envisage de camper sur ses positions.
La seconde est qu’en s’engageant dans une négociation, on se prépare à perdre une chose pour en gagner une autre, on s’oblige à faire des concessions.
La troisième exige qu’en venant aux négociations, on dissocie le problème à traiter des parties impliquées : les individus et les partis politiques.
La quatrième consiste à placer les intérêts des parties au-dessus des positions figées. Mais les négociations sont ici politiques, et en ce domaine, l’intérêt général prime l’intérêt des parties.
Il faut enfin en se rendant aux négociations avoir déjà présent à l’esprit les conséquences que pourraient entraîner leur échec. Avec cela, on ne badine pas, puisque c’est devenir d’un peuple qui est en jeu.
L’échec survient lorsqu’on n’accorde pas à ces règles une place prépondérante. On ouvre alors la porte à une tierce partie : le médiateur, qui reprend le problème là où notre incapacité l’a laissé.
Nous n’en sommes pas encore là, il n’y a pas échec, mais suspension. Nous sommes capables de responsabilité. Nous pouvons et devons régler nos problèmes sans recourir aux bons offices d’un médiateur.

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