dimanche, 19 octobre 2008 20:06

Commercialisation du niébé : si cette opération est fortement salutaire, trois risques sont à considérer:

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Niebe_Niger1) Avec la porosité des frontières il y a un risque élevé d'acheter la production de notre grand voisin et donc une action qui profite plus aux producteurs de ce pays surtout que les grandes régions productrices sont celles de Maradi et de Zinder, deux zones frontalières

2) comment écouler toute cette production achetée estimée autour de 40 000 tonnes quant on sait que les pertes post récolte peuvent atteindre 25%. L'usage du nouvel emballage (nouveau sac en plastique), dont l'efficacité n'a pas encore été mise évidence en situation réelle, permet certes de limiter les pertes post récolte, mais pas de les éliminer totalement. Même une perte de 5% représente un tonnage perdu de l'ordre de 500 millions de FCFA sur la base du prix d'achat ce qui est inadmissible dans un des pays les plus pauvres du monde. En tout cas c'est une préoccupation qui devrait être prise en compte lors de la conception de cette opération. Il faut rapidement réfléchir sur cette question afin de trouver rapidement des débouchés.


3) quel est le niveau du  prix d’approche pour acquérir ce niébé avec 450 points de vente? Il faut les situer autour de 20% du prix d’achat (y compris le transport pour le regroupement de cette production dans les grands centres) ce qui aggraverait le prix de revient qui pourrait avoisiner les 30 000 F le sac de 100 kg (prise en compte du sac plastique, transport, rémunération collecteurs, rémunérations OPVN, autres logistiques…..). Quel sera alors le prix de vente face à la réalité du marché sous-régional. A prés cette opération, on peut s’attendre à une baisse drastique du prix du les marchés (les acteurs en présence ne sont plus les mêmes)


Une telle opération devrait à notre vais associée à la mise en place d'une unité de transformation de ce produit. Le produit transformé devrait permettre de fournir une farine prête à usage pour la confection des beignets de niébé (très apprécié et très consommée au Niger, faites un tour dans les marchés hebdomadaires on ne cuit que des beignets de niébé). Une bonne partie de ce tonnage pourra être consommé localement et peut être même envisagé l'exportation dans d'autres pays de la sous région).

Une partie peut être utilisée pour la confection de la farine destinée à préparer le tuwo du niébé (la farine de confection des beignets de niébé est différente de la faine issue de la pure mouture), un repas a imposé aux nigériens par entremise d'une campagne ardue d'éducation.... le slogan consommons le niébé peut être un bon thème de sensibilisation. Le Gouvernement peut même associer à cela l'organisation d'une semaine de consommation de niébé, période pendant laquelle il sera demandé à tous les nigériens de consommer plus de niébé. Nos dirigeants doivent en donner l’exemple.

La création de cette unité de transformation permettra de créer beaucoup d’emploi et de stimuler la production et la consommation nationale de cette denrée alimentaire de grande valeur nutritionnelle et donc une réduction de la malnutrition à la fois chez les enfants et les adultes. Cette augmentation de la consommation nationale se traduirait certainement par une diminution de la dépendance vis-à-vis du mil/sorgho (de plus en plus importés) et donc une réduction des importations alimentaires et donc moins de sortie de devises… A réfléchir...

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19 Octobre 2008
Publié le 19 Octobre 2008

 

 

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15

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