samedi, 21 mai 2016 16:03

Histoire du mouvement syndical de 1958 à nos jours et perspectives

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Issoufou Boubacar KADO 001Avec la proclamation de la République du Niger ayant comme président DIORI HAMANI, l’U.G.T.A.N a connu un éclatement en raison du retrait de certains de ses affiliés qui estimaient également que l’U.G.T.A.N était d’obédience communiste.
C’est ainsi que les syndicats des pays du conseil de l’entente (Côte d’Ivoire, Haute Volta, Dahomey, Niger) se retirèrent de l’U.G.T.A.N. orthodoxe de SEKOU TOURE. Les gouvernements de ces pays ont créé des unions syndicales nationales sans relation avec l’U.G.T.A.N orthodoxe de SEKOU TOURE.

Compte du tenu des relations syndicats partis à cette période, un syndicaliste appartenant aux partis P.P.N.R.D.A en l’occurrence RENE DELANNE a été chargé de mettre en place l’union des travailleurs du Niger (U.N.T.N) dont le premier congrès s’est tenu à Niamey en septembre 1960.


L’EVOLUTION DU MOUVEMENT SYNDICAL DE 1960 A 1976 (U.N.T.N) :
L’Union Nationale des Travailleurs du Niger la centrale (U.N.T.N) naquit en septembre 1960.


Le secrétaire général RENE DELANNE se trouvait ainsi « entre le marteau et l’enclume ». En effet appartenant au P.P.N –R.D.A il ne pouvait démarquer la politique de la centrale syndicale de celle du gouvernement.

 

De 1960 à 1974, il n’y aurait pas incompatibilité entre les fonctions politiques et les fonctions syndicales. La première crise de l’U.N.T.N éclata en 1969 quand le bureau exécutif demanda à tous les militants travailleurs de boycotter la fête du 1er Mai 1969 pour protester contre la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs.


Avec l’acceptation du gouvernement d’augmenter le SMIG à la veille de la  grève un accord fut trouvé et le défilé eut lieu le 1er Mai 1969.


En septembre 1969 se tint à Niamey le 6ème congrès de l’U.N.T.N.
Les autorités politiques avaient organisé d’avance l’éviction du camarade RENE DELANNE. Il fut remplacé par le Camarade SIDDO HASSANE en septembre 1969.


Entre 1969 et 1974 le bureau exécutif de l’U.N.T.N s’était montré très passif face arrestations et tortures dont ont été victimes certains professeurs et étudiants. En dehors des interventions auprès des employeurs. Il n’existait pratiquement pas d’activité syndicale.


Le 8ème congrès fut tenu en septembre 1974. A l’issue de ce congrès des jeunes syndicalistes regroupés autour du camarade AHMED GARBA avec le soutien des enseignants et étudiants faisaient leur entrée dans la direction syndicale. Le 5 Août 1975 à l’issue d’une réunion  ordinaire du bureau exécutif de l’U.N.T.N et à la suite d’une discussion houleuse entre les membres du bureau exécutif, neuf camarades démissionnèrent tandis que six autres demeurent fidèles à AHMED GARBA.


En octobre 1975, le camarade AHMED MOUDDOUR fut élu en congrès extraordinaire secrétaire général de l’U.N.T.N.


En mars 1976 un coup de force est manqué. Le camarade AMED MOUDDOUR est impliqué il fut exécuté avec ses compagnons : MOUSSA BAYERO, ISSAKA DAN-KOUSSOU, SIDI MOHAMED etc.…


En 1976 au 9ème congrès extraordinaire le sigle U.N.T.N devient USTN  (Union des Syndicats des Travailleurs du Niger). Le camarade BOUREIMA MAINASSARA fut élu secrétaire général.

 

L’AVENEMENT DU L’U.S.T.N
Afin de concrétiser le changement dans la conduite des affaires syndicales né des assises du 9ème congrès statutaire de septembre 1976, une réorganisation radicale tant au niveau de la structure qu’à celui de l’orientation s’opéra.
De nouvelles structures furent créées : les commissions spécialisées et les sections au niveau des chefs-lieux des départements. Contrairement à la politique du « suivisme» entre 1960 et 1974 une charte fut adoptée avec un contenu digne d’une organisation syndicale. Le préambule de la charte stipulait clairement que l’U.S.T.N se voulait une centrale indépendante de tout pouvoir en place.


Malgré la pratique de la participation responsable de 1978 à 1990 l’U.S.T.N n’a pas encore atteint le stade souhaité au plan de son organisation structurelle à cause de la carence de la quasi-totalité des syndicats affiliés ainsi que ses sections.


D’autres facteurs résident dans l’impossibilité pour le congrès de choisir des responsables qui, même s’ils ne sont pas syndicalement bien formés, ont au moins la foi et la vocation nécessaire pour se dévouer au syndicalisme.
Telle était la situation de l’U.S.T.N jusqu’aux tragiques évènements du vendredi 9 Février 1990 point de départ de la prise de conscience d’une véritable lutte syndicale.

LES GRANDES ACTIONS DU MOUVEMENT SYNDICAL DE 1989 A 1991:
Le Syndicat National des Enseignants du Niger (S.N.E.N) fut le premier syndicat pendant l’année 1989 -1990 a donné le ton pour un syndicalisme de mobilisation et de lutte conséquente. En effet ce dernier déclencha du Jeudi 19 octobre 1989 au 26 octobre 1989 une grève largement, suivie sur toute l’étendue du territoire national par les enseignants en vue de protester contre la politique éducative du gouvernement en général et en particulier contre la suspension de leurs indemnités et des salaires des auxiliaires. Suite à une rencontre avec le bureau exécutif du S.N.E.N dirigé par IBRAHIM MAYAKI, le chef de l’Etat de l’époque, le général  ALI CHAIBOU est revenu sur sa décision.


Depuis les évènements du 9 Février 1990 et la grande marche du 16 Février 1990, la réunion du bureau exécutif de l’U.S.T.N est élargie aux secrétaires généraux des syndicats affiliés pour les raisons d’efficacité dans la lutte. Les réunions étaient présidées par le camarade Laouali MOUTARI, Secrétaire Général de l’U .S.T.N .


Malgré les arrestations et menaces d’emprisonnement proférées à l’endroit des responsables syndicaux, notamment l’arrestation du camarade Issoufou BOUBACAR KADO, Secrétaire Général du Syndicat National des Impôts et Trésor (SNIT) et de son adjoint, Amadou MAIRIJIA, en juin 1990, les travailleurs nigériens ont soutenu avec enthousiasme et détermination toutes les luttes engagées pour le triomphe de la démocratie et l’avènement d’une conférence nationale souveraine et sereine. Les luttes étaient axées sur deux objectifs : économique et politique.


Sur le plan économique : le mouvement syndical a mobilisé comme seul homme tous les travailleurs en vue de revendiquer notamment la levée des mesures adoptées par le gouvernement portant atteintes à leurs maigres salaires et à leur faible  pouvoir d’achat.


La revendication a porté également sur la levée de la mesure remettant de nombreux auxiliaires à la disposition  des collectivités territoriales déjà déficitaires.


Suite aux différents meetings et marches de protestation les travailleurs ont dénoncé la gabegie et l’enrichissement illicite de ceux qui dirigent le pays.
Des projets du régime tendant à privatiser des sociétés bien portantes comme la S.N.T.N l’O.F.E.D.E.S, la NIGELEC, la S.N.E, la SONIDEP et de mettre encore au chômage d’autres camarades ont été violement critiqués à la place de la concertation (lieu des grands meetings de protestation).
Au plan politique: l’U.S.T.N a demandé au gouvernement de juger les auteurs du massacre des étudiants et élèves du 9 Février 1990 et de faire la lumière sur les évènements de TCHNITABARADEN  et a exigé que justice soit faite.
Et enfin l’organisation d’un débat qui permettra à tous les nigériens à travers des cadres démocratiques de se retrouver autour d’une même table et de penser avec sérieux les conditions pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le Niger.


Telles sont très brièvement les grandes actions menées ces dernières années par le mouvement syndical nigérien de 1960 à 1990.
Issoufou Boubacar KADO

Dernière modification le samedi, 21 mai 2016 17:57

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