jeudi, 26 mai 2016 05:56

La Mendicité : Comportement social ou perversion culturelle ?

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Mamane HIMA DrA Niamey comme dans la plus part des capitales ouest africaine, la mendicité est un véritable fléau social.
Au-delà, des enfants (5 à 12 ans), abandonnés par leurs géniteurs qui, comble d’irresponsabilité, ont décidé « d’élever » leurs progénitures par « procuration » en les confiant à des « alphaga », d’autres types de mendiants ont pignon sur rue.
Il s’agit, de ces mendiants à col blanc, drapés dans des boubous amidonnés, au volant de grosses cylindrées, affichant des signes ostentatoires d’aisance si ce n’est de richesse , et qui vous agressent littéralement durant les cérémonies .

Ils ont compris comme le renard, que « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute » Jean De LA FONTAINE, à moins qu’ils ne considèrent Niamey comme le pays de cocagne ou le Pérou. Nous sommes loin, de la quête pour satisfaire des besoins primordiaux mais devant une activité génératrice de revenus substantiels puisque leur gain quotidien dépasse les émoluments mensuels des valeureux contractuels et se chiffre en multiple du SMIG.
Ainsi sans honte ni vergogne, ces partisans du « sans effort » , véritables parasites , ont tourné le dos au travail , pire , à certaines de nos valeurs culturelles , car comme le souligne un adage de chez nous « Haa ga dou hawi no , sokofa haa ga jan » autrement dit « Demander et obtenir est honteux , à fortiori ne pas avoir » . Pour ces cols blancs la vie est simple Vivre du fruit du travail des autres.
Peut-on continuer à accepter voire encourager ou tolérer pareil comportement social ? That is the question.
Il me plait aussi d’évoquer le cas de ces femmes, qui trainent plusieurs enfants dénudés et sans chaussures , « des va nu pieds » , qui établissent leur quartier général au niveau des carrefours et autres lieux publics , qui jouissent pourtant de toutes leurs facultés psychiques ainsi que leurs capacités physiques ,mais dont il est permis de douter de leur moralité , (en tous cas pour certaines) et qui ont décidé soit de tendre la main pour leur pitance quotidienne soit « se marchandiser » . Les mécanismes traditionnels d’absorption des chocs ont-ils volé en éclat ? Quel traitement notre société réserve aux mères célibataires, aux veuves et aux orphelins de bas âge ? Autant de questions pour lesquelles des réponses, mieux des solutions sont à rechercher et à mettre en œuvre. Il y va de la cohésion sociale.
Qu’en est-il de tous ceux qui vous exigent un mouton pour le baptême de leur enfant , ou pour la Tabaski. Doit-on se reposer sur les épaules d’autrui pour ses propres obligations ? cette perversion peut-elle continuer ad vitam aeternam ?
Toutefois, ces lignes m’offrent l’opportunité de rendre hommage à toutes ces personnes en situation de handicap, parmi lesquels les victimes de la poliomyélite qui disent non à la fatalité en s’adonnant à divers métiers , dont la confection de meubles, en vue de subvenir à leurs besoins .
Devons-nous, observer notre société se muer en un « grand corps malade », où certaines de nos valeurs culturelles entre autre « vivre dignement », semblent reléguer aux calendres grecques.
Le mal est profond et une politique de l’autruche n’en viendra pas à bout. Alors chers concitoyens la balle est dans notre camp.
Dr Mamane HIMA
Consultant Santé / Environnement

Dernière modification le vendredi, 27 mai 2016 22:17

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