mercredi, 15 juin 2016 09:07

Signe de temps : Après le Président DIORI Hamani à qui le tour ?

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Abdoulaye HASSANE DIALLO Dr 01Abdoulaye HASSANE DIALLO, Dr en Sciences Politiques, Fondateur et Directeur de Publication du journal La Liberté, Fondateur et Président de la Ligue Nigérienne de Solidarité Humaine LN SH BANI LAHIA, Ecrivain, Grand Officier. Nous venons de vivre un évènement inédit au Niger : la célébration du centenaire du   Président , de notre Premier Président de la Première République SE   Elhadj   DIORI Hamani né le 16 Juin 1916 à Soudouré.   Ce fut un évènement exceptionnel auquel, nous qui sommes ces jours- ci à l’Extérieur, avions aussi associé nos joies et nos pensées collectives. Pour fêter comme au pays, cet anniversaire que la Nation a voulu marquer d’une pierre blanche.   Le Président DIORI avait en effet conduit notre cher Niger à l’Indépendance le 3 Août 1960 père de la République ( 18 Décembre 1958 ), il fut aussi le premier père fondateur de notre espace francophone l’ACCT, le 20 Mars 1970.

Cette idée de la Renaissance Culturelle est  censée inscrire   des pages de l’histoire   de nos grands hommes, de nos devanciers et surtout de ceux qui ont  occupé le célèbre fauteuil Présidentiel. Une idée géniale mais la question que l’on se pose est celle-ci : Et maintenant à qui le tour ? Une question à laquelle il faut apporter une réponse claire et précise parce que chacun des dirigeants, civil ou militaire, a eu droit   à tous les honneurs que la Nation   lui a rendus   et rend encore aujourd’hui, l’Etat étant une continuité.  

 

A QUI LE TOUR?

  Nous pensons que chaque Président Nigérien a joué un rôle déterminant lors de son passage au pouvoir, tant soit peu. C’est pourquoi même si cette belle idée de la Renaissance   Culturelle fixe notre mémoire sur la glorieuse histoire des dirigeants de notre pays , il en va de soi que nous devons rendre à tous, un hommage mérité.   Je pense que de la même manière que le Président DIORI avait initié le prix d’Excellence dans les Ecoles et en  son temps, en invitant les meilleurs   élèves et   lycéens, à sa Résidence . le Président TANDJA , avait aussi mis en place la fête tournante du 18 Décembre, celle de la République . Ce qui avait permis à toutes les capitales des 8 Régions de notre pays, de tirer profit des richesses de nos  ressources . Et Dieu merci, quoi qu’on  dise, le résultat est là et les citoyens en tirent effectivement, grand profit . Le Président   KOUNTCHE, Lt Colonel de son Etat, Chef d’Etat Major en son temps, avait un 15 Avril 1974, d’un revers de la main balayé  ces 15 années de DIORI, considérés comme « oligarchiques, de corruptions, de népotismes etc...Mais, les 13 années de Régime « Militaire » du Conseil Militaire Suprême n’ont  pas fait que des malheureux parce qu’ils avaient crédibilisé notre pays grâce à une diplomatie mondialement reconnue   offensive. Toutes ces belles batisses   avec ascenseur appelées «  éléphants blancs » sont l’œuvre magnanimes du Général Président   KOUNTCHE qui disait « qu’ aucun nigérien ne mourra de faim » Et c’était vrai . Comme son prédécesseur DIORI , il avait réhabilité la culture nigérienne , symbole de nos valeurs traditionnelles : la Samaria, cette jeunesse homogène et d’entraide avec des semaines animées de danses et de chansons de  ballets de notre   Niger profond. On mangeait à sa faim , on travaillait, on avait son salaire et sa bourse et l’on s’amusait bien.   Nos greniers étaient pleins et l’on se lamentait moins. Et ceci aussi était vrais !

 

UNE CONFERENCE NATIONALE SOUVERAINE

Tout ceci s’arrêtera un 1O Novembre 1987 avec la mort brutale du Président KOUNTCHE à Paris à l’Hôpital   de La Pitié Salpêtrière, entre les mains de ses médecins, dont   le Professeur Gentyllini , son médécin traitant. La Nation en deuil   et orpheline , les fils du pays se tournaient vers un nouvel avenir   avec inquiétude .   La grande muette va se réunir pour lui désigner un successeur en la personne de son Chef d’Etat Major le Colonel Ali CHAIBOU , fidèle parmi les fidèles qui reprendra les rennes du pouvoir, mais pas pour très longtemps. Parce que la rue, les manifestions, les grèves, les marches auront raison d’un Etat Républicain et stable.

 

LA RUPTURE

A peine ayant   porté ses nouveaux habits de Chef Suprême d’un Conseil   National de Développement pour préparer, une transition, Ali CHAIBOU, aura à croiser le fer avec les étudiants , les syndicats et la nouvelle Société Civile qui occuperont la rue. C’est l’affrontement des étudiants contre les forces de l’ordre sur le pont qui feront déborder le vase. Des étudiants y   trouveront la mort tandis que d’autres seront blessés. Le Président Ali qui n’aura que le temps de mettre en place des textes Constitutionnels et d’effectuer un mandat qui n’aboutira pas, va écouter et prendre en compte les doléances de ceux qui crient à hu et à dia.            

 

DU REGIME DE LAISSE GUIDON A UN ETAT DE DROIT

Ainsi va débuter le vrai combat pour aboutir à un futur Etat de Droit après 3 mois et 3 jours de rencontre entre les   forces Progressistes du pays représentées par des groupes dont la Diaspora nigérienne. Le Général Ali, acceptera la tenue de cette Conférence Nationale qui permettra d’aboutir à la libre expression, à un bilan exhaustif des actions des divers pouvoirs et surtout à la remise en cause du Parti Etat . Un parti Etat le MNSD, né d’un Régime d’Exception et Militaire . C’est la fin de la pensée unique et du monopole du syndicalisme étatique. C’est surtout la floraison des Formations Politiques, de la multiplication des Associations et des ONG. La Conférence s’achèvera sur des diverses   recommandations et surtout    avec la mise en place d’un pouvoir bicéphale . Un pouvoir bicéphale où le Chef de l’Etat n’était que figurant, inaugurant les chrysantêmes  alors qu’un Haut Conseil de la République dirigé par le Professeur André SALIFOU avec un Premier Ministre élu en la personne de CHEFFOU Amadou , auront en charge le destin du pays. Ces structures seront chargées de l’organisation des élections   démocratiques, transparentes , libres et pluraliste dans un délai de 9 mois à un an. Pour mettre fin à  un Etat en déliquescence et de doter le pays des Instituions   Républicaines Solides à travers une Constitution consensuelle.  

 

LA LONGUE MARCHE DU PAYS EN DENTS DE SCIE

De la première République gérée par un Parti Etat, en passant par le Régime Militaire d’Etat d’Exception et les divers pouvoirs civils, notre cher Niger, a traversé un long et difficile chemin. En effet,  nous avons connu des régimes des Alliances contre nature, des cohabitations éphémères qui  ont conduit à 4 coups d’Etats et à la 7è République qui a enterré bien d’autres avec 9 Chefs d’Etats usés depuis l’Indépendance en 1960. Et que dire de tous ces régimes qui , de la première à celle d’aujourd’hui qui ont aussi à leur actif bien d’ombres qui ont déchiré beaucoup de familles . Aucun des dirigeants et aucun de nos régimes   n’a seulement édifié que de bonnes choses à l’endroit des citoyens. En effet chaque régime ou pouvoir a eu ses prisonniers, ses morts, ses détracteurs et naturellement   ses supporteurs bien sûr. En mode de gouvernement ou de gouvernance, tous nos pouvoirs et régimes rivalisent aussi d’injustices même  s’ils tentent de bien faire. On peut pardonner mais on n’oublie pas. Heureusement pour nous nigériens   qui sommes tout de même souvent humains, solidaires et au nom de notre religion et de notre nature, savons mettre nos   dérives souvent au compte du destin . Nous ne sommes pas agressifs et avons un sens beaucoup humanitaire dans notre vie de chaque jour . Nous sommes un peuple tolérant. Dieu merci.

 

Je reviens sur le sujet qui me préoccupe ici : celui de l’équité, de la solidarité et du devoir de mémoire qui nous anime. C’est   pourquoi   j’adhère à cette idée de la Renaissance Culturelle qui consacre nos dirigeants . C’est pour cela et pour aller dans cette direction que j’avais dans une contribution pour souhaiter que la 7è République remette l’histoire à l’endroit en réhabilitant les noms de ceux à qui le Régime RDA, celui de DIORI avait donné à des rues, des places et des établissements. Ceux que le régime d’Exception Militaire de KOUNTCHE avait balayés et que nos divers pouvoirs dits démocratiques ont aussi emboité le pas. C’est l’occasion où jamais de remettre chaque nigérien dans ses droits en rendant hommage à nos anciens Présidents . En leur dédiant une Institution à défaut de fêter leurs centenaires . Si nous tenons, voulons et souhaitons que la Renaissance Culturelle, qui s’édifie au nom de nous tous, survive à l’épreuve du temps.   Et si seulement, la génération actuelle qui l’ a initiée laisse des traces dans l’Histoire  oh  combien glorieuse de notre beau et vaste pays, le Niger. Nous pouvons le faire, nous en avons les moyens la volonté et la force pendant qu’il est temps. Nous avons toujours su dominer nos passions, transcender nos différences, taire nos querelles pour faire face à l’intérêt national. Nous en tirerons tous un bénéfice . J’en suis sûr car la liste est longue lorsque nous pensons aussi à un certain DJIBO Bakary, ( Paix à son âme) qui fût un digne fils de son pays, combattant de première heure , syndicaliste d’abord, puis homme politique qui avait avec courage combattu l’administration coloniale   pour décoloniser notre peuple. Oui, il mérite un hommage, je vais dire celui qui avait comme Sékou TOURE de la Guinée affronté la puissance coloniale à travers le Général De Gaulle à qui il avait dit en face « NON » à la soumission et l’embrigadement et oui à l’indépendance totale et immédiate du Niger le 28 Septembre 1958 . Comme beaucoup d’autres compatriotes, il avait payé cet acte durant toute sa vie. Une vie qu’il avait été contraint   de monnayer en vie d’exilé hors de son pays. II était le cousin du Président DIORI   dont nous venons de célébrer avec faste le Centenaire il y a deux jours Et comme le Président DIORI  , sa   dépouille mortelle repose à SOUDOURE, dans le caveau familial . Deux cousins, deux hommes d’Etat, deux idéologies politiques opposées ; mais deux bons, braves et courageux nigériens qui ont tous en commun le sens de la République, de la Nation, de l’Etat enfin de la République . Nous n’avons pas le droit d’oublier et de marginaliser les dignes fils de la Nation au nom d’une idéologie politique que nous ne partageons pas alors que nous appartenons à la même Nation. Le Professeur André SALIFOU, qui avait brillamment conduit les travaux de la Conférence Nationale   Souveraine, ancien Président du Haut Conseil de la République, Mr CHEFOU Amadou, pourraient aussi et tant d’autres citoyens porteurs de tenue ou   non être honorés , pourquoi pas ? Parce que le Niger est Un et Indivisible et parce qu’il n’y a pas des bons d’un côtés et les méchants de l’autre . Ceci aussi c’est pour l’Histoire .                                          

Abdoulaye HASSANE DIALLO, Dr en Sciences Politiques, Fondateur et Directeur de Publication du journal La Liberté, Fondateur et Président de la Ligue Nigérienne de Solidarité Humaine LN SH BANI LAHIA, Ecrivain, Grand Officier.                                                   

 

 

   

Dernière modification le mercredi, 15 juin 2016 12:52

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