samedi, 02 juillet 2016 23:27

Billet-La grande muette : Entre radiations et mis aux arrêts

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Prison Niamey 3Sale temps pour la grande muette serait-on tenté de dire. En effet, depuis l’annonce tonitruante de ‘’Coup d’Etat déjoué’’ par le président de la République en personne, il y a comme qui dirait un vent de panique qui souffle dans les rangs de l’armée. Après la mise aux arrêts des présumés putschistes, c’est la radiation de leur quasi-totalité qui vient d’être décidée par le chef suprême des armées en l’occurrence le président Issoufou Mahamadou. Cette « retraite avant l’heure » n’est pas sans susciter des interrogations au sein de l’opinion publique nationale et internationale.

D’aucuns affirment que par ce geste tout aussi inexpliqué que hâtif, les autorités anticipent l’issue du procès qui pourrait éventuellement blanchir ces militaires, comme en 2012 pour le lieutenant Hambali. D’ailleurs, le général Salou Souleymane, le supposé ‘’cerveau de l’opération’’ n’a cessé de clamer son innocence. Et puis, s’il est vrai qu’un tribunal militaire a été mis sur pied pour juger ces ‘’putschistes’’, alors, pourquoi ne pas laisser la procédure suivre son cours normal ? Malheureusement, ce cas de radiation massive n’est pas la seule tourmente dans laquelle se débattent des militaires. Lors de notre séjour à la maison d’arrêt de Niamey pour les fallacieuses raisons que vous savez, nous avons côtoyé nombre de soldats de tous grades incarcérés pour s’être repliés face à l’assaut meurtrier de Boko Haram sur Bosso. Selon plusieurs sources, le camp militaire de Tondibiah serait également devenu un centre de détention pour une partie de ces soldats ayant simplement décidé de sauver leurs peaux. Au vu de ces abus de pouvoir, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est dur, très dur, d’être militaire ces derniers temps.

03 juillet 2016
Source : Le Courrier

Dernière modification le dimanche, 03 juillet 2016 14:00

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