lundi, 04 juillet 2016 05:23

Amères vérités - Détournement de fonds à l’Assemblée Nationale : Daouda Mamadou Marthe et Amadou Salifou dans de sales draps

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Salifou Amadou Daouda Mamadou MartheTous ceux qui prennent la peine de s’informer, notamment par voie de presse, ont dû apprendre les malversations financières imputables à Daouda Mamadou Marthe et Amadou Salifou, le premier en qualité de Premier vice-président de l’Assemblée nationale qui a fait main basse sur des fonds politiques alors qu’aucune loi ne lui en donne la moindre permission ; le second en qualité de président de l’Assemblée nationale nommé par Mahamadou Issoufou en remplacement de Hama Amadou, destitué par un coup de force institutionnel ; processus au cours duquel, si la constitution et le règlement intérieur du parlement n’ont été délibérément piétinés, ils ont été mis au placard, l’essentiel étant, comme l’a clamé Mohamed Ben Omar - le fou du roi de cette folle croisade anti- Hama Amadou – d’en finir avec lui, quels que soient les moyens dont il faudra user. C’est peut-être – qui sait ? – la palme promise à ceux qui ont accepté d’assumer devant l’Histoire ce sale boulot pour lequel ils pourraient aller en prison si jamais il y a alternance politique à la tête de l’État.

Peut-on refuser un butin de guerre à des soldats qui ont accepté de risquer gros pour conduire telle une mission ? 700 millions de FCFA pour quelques coups de pinceau sur les murs, quelques réglettes, ampoules, sanitaires de la résidence officielle du président de l’Assemblée nationale, 38 millions de francs CFA pour sa résidence privée, louée en sus à l’Assemblée nationale, il en faut en principe dix fois moins que ça pour envoyer le vieux cowboy derrière les barreaux pour le restant de ses jours. Combien Amadou Salifou a-t-il pu détourner en peu de temps à l’Assemblée nationale ? Nul ne le sait pour le moment. La certitude, c’est qu’il sait qu’il n’a rien à craindre et que ceux qui prendront la peine de révéler qu’il a commis un délit ne savent manifestement pas sous quel régime le Niger se trouve.

Quant à Daouda Mamadou Marthe, qui s’est octroyé les fonds politiques destinés au président de l’Assemblée sait que tant ça dure, il ne risque rien puisque ailleurs, d’autres ont prétendu avoir investi une trentaine de milliards dans l’achat d’un vieux coucou de 16 ans acquis dans des conditions mafieuses tandis que le secrétaire général du gouvernement se donnait la permission, de façon tout à fait illégale, de se substituer à la Direction générale des impôts (DGI) pour procéder à des opérations scandaleuses qui ont spolié l’État de plusieurs milliards de nos francs. Daouda Mamadou Marthe sait que, dans ce bled aux allures de Far West où les plus forts prennent ce qu’ils veulent, sous l’oeil bienveillant du chérif, personne ne lui fera la leçon. Tout comme Daouda Mamadou Marthe qui a accepté – n’est-ce pas un acte de défiance vis-à-vis de la loi ? – d’apposer sa signature pour prendre de l’argent qui l’enverrait en bagne lui revenait pas ou Amadou Salifou et sa bande qui ont fait pire que les Dalton, Gandou Zakara s’est dit que, du moment où la règle tacitement acceptée par tous les membres de la fratrie, c’est d’attraper ce qui passe sous la main pour ceux qui gèrent les deniers publics, il faut bien qu’il se débrouille comme il peut, quitte à se hasarder loin des pâturages du Secrétariat général du gouvernement qu’il trouvait trop maigres. Les actes crapuleux de Amadou Salifou qui a dû d’abord se débarrasser de Issoufou Kado, alors payeur général de l’Assemblée nationale, ne sont pas une tâche noire sur un tableau blanc. Ils constituent plutôt la caractéristique de la gestion de Mahamadou Issoufou qui serait lui-même incapable de dresser un bilan exhaustif des malversations commises durant les cinq ans de son magistère. Essayez, rien que sur la base de ce qui a pu être porté à votre connaissance par la presse – ce qui représente une portion négligeable – de faire la liste récapitulative des méfaits commis sous Issoufou Mahamadou. Vous serez vite débordés et comprendrez aisément pourquoi Mahamadou Issoufou et les siens ont perpétré un coup d’État électoral, allant à un second tour qu’ils n’avaient pu d’ailleurs gagner qu’en remplissant des procès-verbaux en dehors de toutes opérations électorales. La faute électorale a donc une explication dans la gestion des finances publiques. Lorsque vous débutez par le faux, eh bien, vous êtes condamné à continuer sur du faux jusqu’à ce que…comme un Blaise Compaoré ou un autre dont je tairais volontiers le nom, vous finissiez par payer cette faute Des journalistes se font arrêter pour avoir dénoncé les malversations commises par de hautes personnalités, des hommes politiques, dont certains, entre temps sont élus députés, sont incarcérés injustement depuis des mois ; des milliards de l’État finissent dans les poches et les comptes bancaires de quelques dignitaires du régime, la misère croît chaque jour qui passe, des travailleurs de l’État accumulent les mois d’arriérés ; plus de deux millions de compatriotes sont en insécurité alimentaire ; les droits humains sont violés ; les libertés publiques sont catégoriquement refusées à une certaine catégorie de citoyens tandis que d’autres, même pris en flagrant délit, sont, sinon ignorés, carrément promus à de plus hautes responsabilités d’État ; l’État est presque en faillite ; Mahamadou Issoufou en personne, viole la Constitution, ignorant par ailleurs superbement les plaintes des citoyens contre ces violations répétées dont il se rend coupable, des officiers de l’armée sont radiés pour un prétendu coup d’Etat sans avoir été jugés, de grandes icônes de la République, notamment la présidente de la Cour constitutionnelle, sont dénoncées dans un trafic d’influence, etc. La coupe, vous le savez, est loin d’être pleine. Jamais le Niger n’a connu une gouvernance aussi éloignée des lois et règlements de la République et jamais des gouvernants n’ont trempé dans autant de scandales. Et pourtant….

Et pourtant, il y a dans ce pays une certaine société civile se prétend citoyenne, patriote et républicaine, mais dont les principaux animateurs s’occupent d’amuser la galerie en initiant un carnaval dans un contexte critique où des compatriotes, dans l’Est du Niger notamment, vivent les pires moments de leur existence. Des compatriotes qui, s’ils ne sont pas fauchés par les balles de Boko Haram, sont livrés à une errance terrible, en proie à la soif, à la faim et aux intempéries. La solidarité dont ont besoin nos frères et soeurs de Diffa n’a rien à voir avec un défilé au cours duquel, des gens frappés d’hystérie, se donneront à coeur joie de partager leur maladie avec des foules manipulées pour des causes qu’elles ignorent souvent. Des harangues de foules inutiles qui, en vérité, ne sont que la justification de fonds publics mis à disposition pour mener, cagoules au visage, des missions que les porteurs véritables ne peuvent conduire. Exactement comme à l’ARTP, hier, où 16 millions d’abord ont échoué dans la sébile de Nouhou Arzika avant que trois millions, toujours de l’ARTP, finissent dans les poches de deux autres.

Alors, de qui veut-on se moquer pour se parer des beaux habits de la République, du patriotisme et de la citoyenneté responsable, pour prêcher la bonne parole alors que l’on est incapable, parce que s’étant abreuver à la source intarissable de l’ARTP, de protester et de dénoncer avec véhémence tant de scandales qui ont ruiné le Niger et plongé les citoyens dans le désarroi. Ces deux acteurs de la société civile ne sont plus crédibles et ils le savent. Mais, bien que découverts, ils ont préféré garder leurs cagoules au visage, espérant ainsi tromper la vigilance de tous ceux qui pêchent en négligeant de s’informer, ne serait-ce que pour l’essentiel : savoir qui est qui et qui fait quoi en réalité pour ne pas être abusé.

L’affaire de Diffa est un drame. Pour avoir refusé de se battre pour des causses aussi nobles que la démocratie, les droits humains et les libertés publiques, contre l’injustice criarde, les détournements de deniers publics ainsi que la violation répétée de la Constitution, en particulier par Mahamadou Issoufou, le duo Kadi/Nouhou ne peut que poursuivre d’autres desseins inavoués… et inavouables. Qu’ils arrêtent donc de chanter la République, le patriotisme et la citoyenneté. Dans un pays où les citoyens ont leurs préoccupations éloignées des cirques et autres lieux de divertissement, ils chantent faux et choquent forcément l’opinion nationale.

Bonkano 

04 juillet 2016

Source : Canard Déchaîné

Dernière modification le mardi, 05 juillet 2016 13:07

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