mardi, 12 juillet 2016 08:27

Amères vérités : Depuis quand Transparency International a remplacé la Halcia, voire, carrément, le bureau du Procureur de la République ?

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Trancparency International NigerIl n’y a pas de doute là-dessus, Amadou Salifou, l’homme qu’on appelle le cowboy et qui disait ingénument mais fièrement qu’il remercie Mahamadou Issoufou de l’avoir nommé à la tête de l’Assemblée nationale, va bientôt payer, au prix fort, cette nomination qu’il a prise pour une licence. Car, à entendre le bonhomme de Transparency International qui semble, lui aussi, avoir obtenu licence pour s’occuper d’un cheval de bataille qui sort complètement de ses cordes, Amadou Salifou peut se croire déjà pensionnaire d’un de ces quatre établissements pénitentiaires où sont jetés tous les mal-pensants politiques à l’instar de Soumana Sanda, Oumarou Moumouni Dogari et autres têtes fortes qui ont refusé de s’incliner devant la forfaiture ainsi qu’une catégorie précise de citoyens choisis dans des cabinets obscurs selon des critères bizarres mais manifestement sélectifs.

Amadou Salifou a, donc, été choisi quelque part comme agneau de sacrifice pour faire croire à une crédibilité de la lutte contre les détournements de deniers publics, la corruption et les délits assimilés. Il va par conséquent passer à la trappe, et sauf miracle, ne peut s’en sortir puisque son sort est scellé et le bonhomme de Transparency International a beau s’en défendre, il ne pourra convaincre que les esprits naïfs. Depuis quand Transparency International a remplacé la Halcia, voire, carrément, le bureau du Procureur de la République ? Qui a investi Transparency International de cette croisade contre les délinquants économiques au Niger ? Comment une organisation internationale peut-elle s’ingérer dans les affaires nigériennes au point de revendiquer qu’un ancien président de l’Assemblée nationale rende compte de sa gestion ? Du reste, il ne s’agit point d’affaire de corruption, mais bien de détournement de deniers publics et/ou d’abus de biens sociaux, par conséquent très éloigné des cordes de l’organisation au nom de laquelle Mamane Wada prétend agir. Et puis, entre nous, si le bonhomme de Transparency International n’est pas dans une sordide mission aux contours sélectifs, pourquoi s’accroche- t-il uniquement au cas Amadou Salifou alors que Daouda Mamadou Marthe a bien fait main basse sur plus de 100 millions de francs CFA représentant les fonds politiques du président de l’Assemblée nationale ? Pourquoi cette sélectivité dans ceux qui doivent restituer au Niger ce qu’ils lui ont volé ?

 

Il faut se dire la vérité : la sélectivité de ceux qui rendent compte à la justice de leurs actes crève les yeux. Le Niger a connu tellement de scandales financiers depuis cinq ans qu’il faudrait bien plus qu’un grenier pour les contenir. C’est à juste titre que certaines l’appellent le régime des scandales et délits divers. Où était-il, pendant tout ce temps, ce cher Wada lorsque, récemment, des personnalités de tout premier rang ont été dénoncés dans la presse pour avoir parrainé des candidats lors du concours d’entrée à la Fonction publique au titre du ministère de la Santé ? Où était-il lorsque la scabreuse affaire de l’achat de l’avion présidentiel a éclaté, avec en toile de fond des transactions obscures aux îles Caïman, dans un paradis fiscal (tout ce qu’il y a de pratiques corruptives) ? Où était-il lorsque des trafiquants ont été appréhendés par la douane nigérienne à l’aéroport Diori Hamani de Niamey, avec par devers eux, des devises étrangères d’une valeur de près de neuf milliards de francs CFA ? Où était-il lorsque, les révélations ont été faites sur ces obscurs transferts de fonds publics nigérians dans deux banques de la place, nommément citées, avec en sus les références desdits transferts ainsi que l’homme d’affaire mis en cause ? Où était-il lorsque Mahamadou Issoufou a signé un accord de prêt de 50 milliards de nos francs auprès du Congo sans en référer à l’Assemblée nationale ? Où était-il… ? Où était-il… ? On mettrait sans doute des journées entières à étaler les sales affaires qui montrent que Mamane Wada a certainement d’autres motivations dans cette affaire d’Amadou Salifou. N’aurait-il pas dû garder son clapet fermé comme il l’a fait en d’autres circonstances ? Car, l’ouvrir comme il le fait, histoire de montrer la résolution de Transparency, antenne du Niger, à faire en sorte, comme il dit, que le Niger rentre dans ses droits, c’est étaler à la face du monde qu’il roule bien pour quelqu’un d’autre que Transparency International et qu’il poursuit tout autre objectif que la lutte contre la corruption au Niger. Alors, qu’il se taise ou qu’il avoue la nature de sa mission, les motivations réelles qui la sous-tendent ainsi que le ou les véritables commanditaires qui sont derrière.

 

Que cela soit clair : cette mise au point n’est ni une apologie des crimes économiques si répandus sous Mahamadou Issoufou, ni une excuse pour Amadou Salifou, encore moins une tentative de le défendre pour le soustraire à cette indispensable reddition des comptes à laquelle doit se soumettre tout gestionnaire. Elle se veut plutôt une dénonciation de cette justice à double vitesse que l’on tente de nous imposer à travers des structures aussi pompeuses que vides comme la Halcia et aujourd’hui…des organisations internationales comme Transparency International qui ne se contentent plus de jouer leur rôle de veille et de dénonciation classique de la grave corruption qui a ruiné l’économie nigérienne, mais s’ingèrent dans nos affaires en se substituant sans gêne au bureau du Procureur de la République pour entreprendre de « traiter » des dossiers sur lesquels elle n’a absolument aucune compétence.

 

Voici, pour ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’informer sur la mission de Transparency International, quelques extraits qui pourraient leur être utiles. Lisez et comparez avec ce que fait ou ne fait pas Monsieur Wada dans le cadre des missions dévolues à Transparency International. Mettez le tout en rapport avec le zèle et la résolution avec lesquels le monsieur Transparency Niger parle de cette affaire Amadou Salifou comme s’il venait de débarquer au Niger :

 

« Transparency International est l’organisation mondiale, issue de la société civile, en pointe de la lutte contre la corruption. Elle rassemble les peuples à travers une puissante coalition mondiale dans le but de mettre fin à l’impact dévastateur de la corruption sur les hommes, les femmes et les enfants dans le monde entier. La mission de Transparency International est d’instiguer des changements jusqu’à ce que le monde soit libre de toute corruption ». « Transparency International est impliquée dans l’observation des politiques gouvernementales et émet des avis lorsque celles-ci favorisent ou au contraire limitent la lutte contre la corruption et plus généralement la démocratie ». « L’indice de perception de la corruption (IPC) classe depuis 1995 la plupart des États selon une échelle allant de 0 (pays très controversé, comme la Somalie) à 10 (pays exemplaire, à l’image des pays nordiques)7. Bien que cet indice ait un succès notable et soit relayé par de nombreux média, ses résultats sont souvent controversés car présentant un risque de subjectivité. En effet il est entièrement basé sur des sondages de personnalités telles que des hommes d’État, des entrepreneurs ou des universitaires qui peuvent être liés aux gouvernements en place ».

 

Mamane Wada serait-il un de ces nouveaux jokers de rechange pour un combat perdu depuis le 20 mars 2016 ? En tout cas, il ne peut tromper personne. Comme Nouhou Arzika, Moustapha Kadi et d’autres petits poucets, qui l’ont appris à leurs dépens, avant-hier, samedi 9 juillet 2016, il est bon de savoir que « l’on peut tromper une partie du peuple tout le temps ; tout le peuple, une partie du temps mais jamais tout le peuple, tout le temps ». Ils ont reçu leur part de raclée et ont étalé leur nudité dans toute sa laideur : leur mission n’a rien d’une mission de service public. C’est une mission politique de manipulation des consciences face à un drame qui demande bien plus que du folklore. Heureusement que les Nigériens l’ont compris. Mais Nouhou Arzika et Moustapha Kadi ne sont que des soldats en mission. Leur fiasco, c’est l’expression de la grande désaffection des Nigériens vis à vis de ceux qui ont prétendu avoir gagné une élection le 20 mars 2016. Mahamadou Issoufou, Mohamed Bazoum, Massoudou Hassoumi, Pierre Foumakoye Gado, Mohamed Ben Omar, Omar Hamidou Ladan Tchana et consorts ont suffisamment d’intelligence pour ne pas le comprendre. Or, ils refusent de se remettre en cause et d’admettre leur échec. Ils ne peuvent, donc, faire que dans le pire de ce qui est déjà connu.

BONKANO 
12 juillet 2016
Source : Le Canard Déchaîné

Dernière modification le mardi, 12 juillet 2016 09:56

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