samedi, 16 juillet 2016 09:18

OUA 1963- 2016 HOMMAGE AUX PERES FONDATEURS

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Abdoulaye HASSANE DIALLO Dr 1Dans une récente contribution:  De l’OUA à l’UA , j’avais  défini  les péripéties des différentes étapes ,les premières démarches et  rencontres  organisées hors du Continent par nos précurseurs et qui ont permis au Continent Africain de se loger au sein d’une institution. Je ne m’étais  pas intéressé aux détails mais ,  j’avais  néanmoins abordé les grandes dates et diverses manifestations qui allaient  aboutir  aux axes principaux  qui ont conduit à la naissance de l’OUA  le 25  Mai  1963  .En  Ethiopie,  à  Addis-Abeba .L’aboutissement  d’un très  long  combat.

Au  moment  où    s’ouvre  le  donc   27è  Sommet des  Chefs d’Etats , pays membres  de  l’UA  à  Kigali  au  Rwanda , nous  avons  pensé  que loin d ‘un  bilan  positif , notre  Institution  Panafricaine  n’égraine   que des  problèmes  Hélas !. Sans  solutions apparentes, en accumulant  d’autres  difficultés  en  plus. De  Sommets  en  Conférences,  quelles  sont  les  avancées  politiques et  qu’est  ce  que le  Citoyen « lambda »a  pu tirer  comme  avantage  dans  la quête   quotidienne  de son  bien  être ?Cela  est-il  dû à  une   disjonction   de l’UA  elle même  non en  adéquation et  en décalage  avec  les  aspirations  des  peuples au  nom  desquels  elle  a  été  mise  en  place ?   Autant  de questions,  parfois  sans  réponse . Ce  Sommet  qui  se  tiendra  dans  la  première  quinzaine  du  mois  de  Juillet  2016 , se  penchera  sur le  départ de  la  Présidente  de la Commission  Mme  ZUMA. Des candidatures  ont  été  annoncées et  des noms  circulent déjà   ll  s’agit  de  celle de   Agopito Mba  Mokuy  Equato Guinéen , de  la Botswanaise Pelonomi Venson  Moitoi  et  enfin de  l’Ougandaise   Speciosa Wandira   Kazibwé   D’autres  noms  sont  également  cités   Ce  sont  Bathily,  le  Sénégalais  et  Jakaya  Kikweté II  y en  aura  certainement d’autres encore .  La femme  Africaine  sera à l’honneur  et   disposera de la  tribune  pour  donner  aussi  de  la  voix . Ce  qui est à  saluer . Mais,  l’autre  thème  principal  sera  consacré  à  l’insécurité   qui  préoccupe  nos  Etats  respectifs,  le  Continent  dans  son ensemble.  Tant de  défis  qu’il  faut  relever  et  qui  bloquent  notre  développement  et  surtout  notre  stabilité  et  notre  quiétude   sociales .    On  tentera  de  procéder à  un  bilan  des  actions  passées  et  des enjeux  à  venir. Celle  des  4  années  passées à  la  tête  de  cette  Organisation Panafricaine   par  cette  Dame qui  avait  fait  ses  preuves comme  ministre    dans  son  pays  en  Afrique  du  Sud.  Mais cette  grande  machine  qu’UA   où  se côtoient  des  Chefs  d’Etats  qui  s’en  servent  pour  se rencontrer,  discuter,  échanger  et  prennent  des  décisions   souvent  sans  lendemain  est  lourde . D’autres  caciques   comme  le  Togolais,  Edem  kodjo ,  le Malien  Alpha  Omar KONARE  en  savent  quelque  chose. En attendant   ces  résultats  ne  peuvent  pas  réjouir  les  peuples  d’Afrique  qui  attendent  tout de  cette  Organisation  Panfricaine  créée en  leur  nom .   


En  effet,  les  résultat  des  diverses  actions  des  Etats  membres  qui  composent  la  structure ,   réagissent  sur  le  quotidien  de  ce  citoyen mal  gouverné . L’un dans  l’autre,  rien  ne  va  en  général ,  même  si, certains  Etats  tentent  de  sortir  la  tête  de  l’eau .  Nous  avons  encore  du  pain  sur  la planche.  Notre  analyse  porte  sur une  réflexion  globale  de  la  gestion  de  nos  Etats  africains qui ont sans doute  négligé de  porter  leurs  efforts  sur  la  construction  de  l’Union .  J’allais   dire  de  l’Unité de l’Afrique, d’abord .  La condition  préalable  à  tout  développement  au  profit des  populations  doit  p passer  par là  .Parce que les bilans et les  résultats  électoraux, ne suffisent  pas pour assurer une bonne gestion et  une bonne  gouvernance. II   faut  aller à  l’essentiel .  En  effet  en  négligeant   l’Unité de nos peuples  pouvant  servir de détonateur afin  d’ aboutir  à  la  mise  en  commun  et  du  partage  de  nos  richesses , nous effectuons  des  coups  d’épée  dans  l’eau  .  C’est  comme  si   on  lit  un  livre  en  commençant  par la dernière  page  ou  on  construit   une  case  en  commençant  par  le toit. C’est  absurde  . Oublie -t-on  peut être  encore  l’adage  suivant  «  Seul  on  va  vite  mais,  ensemble  on  va  plus  loin »


La fin de la deuxième guerre mondiale, avait permis aux Panafricanistes de reprendre de plus bel  les manifestations et  les Congrès, cette fois-ci en terre africaine, sur le continent pour  se libérer du joug colonial. II s’agissait entre autres  du  Ghana, cet   ancien empire qui n’avait jamais accepté la domination coloniale C’est ainsi que des grands leaders comme le Dr Kwame N’KRUMAH,  le nationaliste et Panarabiste le Colonel Gamel Abdoul NASSER d’Egypte et tant d’autres, avaient décidé de continuer la lutte sur le terrain.
Ils décidèrent donc  d’organiser la première Conférence Panafricaine  d’Accra au Ghana en 1950.  Les Congressistes s’étaient encore retrouvés pour continuer leurs travaux afin de préparer la grande rencontre, celle qui doit enfin aboutir à la mise en place d’un organisme d’unité  au  niveau  Continental . Le Congrès de Kumassi avait déjà  évoqué la création d’un espace militaire africain, mais le mot d’ordre était d’abord l’indépendance des pays africains encore sous domination coloniale. Ensuite s’en suivra l’Unité.  Voilà dans la logique du moment, les axes prioritaires pour le continent occupé.


Tels étaient les  entre  autres les  quelques objectifs que s’étaient assignés les Délégués à cette rencontre tant attendue par tous les peuples africains, avides de liberté et aspirant à un monde meilleur, à des lendemains  plus enchanteurs.


En effet, l’Afrique exposée à  tant de fléaux, n’avait d’autre choix que de se serrer les coudes pour susciter une cohésion et une vigilance accrues et soutenues. C’est pourquoi, les Chefs d’Etats  des  pays  déjà indépendants : l’Egyptien  Gamel  Adbel  NASSER,  qui  incarnait  les Jeunes Officiers libres avait  pris le pouvoir en renversant la monarchie  du Général  NEGUIB ( et vainqueur lors des évènements du Canal de Suez en s’opposant aux armées impérialistes Britanniques et Israéliennes) et le Premier Ministre Indien Jawahantal Nehru  auxquels il faut ajouter  le Chef d’Etat Indonésien SOEKARNO, représentaient une partie du noyau dur de ces revendications.


Nous devons également reconnaitre la fermeté et l’apport non négligeable du Maréchal , le Président Yougoslave  Joseph  Broz TITO qui avait combattu les armes à la main  pour libérer son pays.  II  sera de la  partie pour aider les peuples africains à recouvrer leur liberté. En 1958, deux grandes rencontres auront lieu : l’une  à  Cotonou  au Bénin ancien Dahomey  et celle d’Accra au Ghana  qui se complétaient parce qu’elles  avaient comme objectif  :  L’Organisation des Etats Africains Indépendants ou  en voie de l’être et qui tenaient à l’Unité Africaine  dans un Continent fort et solidaire. Ces manifestations avaient permis aux délégués des toutes les sensibilités politiques : Socialistes, Communistes et  Libéraux  d’échanger sur le sort de l’Afrique. Le Dr N’KRUMAH , défendait l’Unité du Continent avec toutes ses forces et invitait les participants qui étaient aussi à Cotonou dont SOUROU Migan APITHY, du Dahomey,  Leopold SENGHOR  du Sénégal  à les rejoindre. II deviendront futurs Présidents de leurs pays respectifs.
Etait aussi présent à cette rencontre historique Djibo BAKARY Nigérien, opposant charismatique,  leader  incontesté  du  Sawaba  une des figures emblématiques du Panafricanisme  et  de  l’Unité  totale  et immédiate  du  Continent. Et  qui votera  NON au  Référendum  de  1958  comme  Sékou de  Guinnée,  entrant  ainsi dans l’Histoire Politique du Niger comme un dirigeant  Nationaliste et Patriote.


L’AFRIQUE    SUR   LE   CHEMIN   D’UNE   MUTATION   POLITIQUE
Le moment était  tout  indiqué où   les  tenants aux indépendances et adeptes de l’Unité Africaine, répétaient haut et  fort que, l’Afrique devait aspirer à la gestion de son propre destin. En effet, hommes politiques,  syndicalistes  et   la   jeunesse  entendaient  replacer  nos peuples dans leurs droits  Et l’année 1958 sera celle  de la rupture avec le «Non de Ahmed Sékou Touré, syndicaliste et homme politique leader du RDA   refusera l’offre du Général de GAULLE   Président Français qui organisera un référendum.   La Guinée  quittera ainsi  le pré-carré français pour  s’acheminer vers une indépendance totale et immédiate.


Le Président  SENGHOR,, lui  finira  par  voter  Oui à l’indépendance  en  restant dans la Communauté Franco Africaine avec plusieurs autres pays   Au Niger,  le  RDA  va voter oui  soutenu par la France dans  cette compétition du référendum  au  détriment  du  SAWABA  de  Djibo Bakary qui avait opté pour le NON.  De toutes  les façons , il y a eu une fracture au niveau des indépendances  et qui se traduira sur le terrain par les tenants d’une Afrique indépendante  sans condition et dans l’immédiat   avec  un gouvernement   Continental.
Ceux-ci incarnaient les   Progressistes  qui  voulaient  aussi  d’ une Afrique  qui va  décider seule de son sort alors  qu’à l’opposé  il  y  avait les modérés qui aspiraient à  une unité graduelle qui passerait par des regroupements régionaux UDEAC,  UDEA,  UAM , LE CONSEIL DE L’ENTENTE,  OCAM,  UMA,  UEMOA ,  CEDEAO   ect …


Les uns et les autres  tout en ayant en vue l’indépendance et l’Unité  du Continent  se  battaient  pour  aboutir  à  leur objectif. C’est ainsi que de réunions en rencontres, des ténors comme Modibo KEITA du MALI  progressiste et combattant de première heure Ahmed Sékou TOURE, de  Guinée,  l’Algérien  Ahmed   BEN BELLA   étaient  de tous les combats   aux  côtés  de  leurs  pairs. L’Afrique état convoitée en ce moment là  si  bien  que l’ex Président   américain Richard NIXON revenant  d’un  voyage  en   Afrique  au   Ghana en  1958, déclarait «  Ce Continent est la partie du monde qui  actuellement,  se transforme  le plus vite,  tandis  que  ses  habitants  se  libèrent  du  statut  colonial  et endossent  les  responsabilités  de l’indépendance,  pouvant  bien constituer  le  facteur  décisif  de  la  liberté e t du  Communisme International. »
Un point de vue émanant d’un Président des Etats Unis et de surcroît Républicain, prouve que les choses bougeaient en Afrique et que dans un proche avenir, les pays du Continent allaient prendre  en  mains leur  destin. Un signe annonciateur d’un bouleversement toujours politique dans un Continent qui  était administré par les  puissances coloniales dominatrices  et  qui  nous avaient   détourné  de  nos aspirations.
Celles de  prendre  en  mains  nos  propres  affaires en  nous  impliquant dans la  gestion de  notre patrimoine  commun  après  avoir créé  les  conditions  nécessaires et  idoines .


  L’UNITE   DU   CONTINENT   EST   CERTAINEMENT   REALISABLE
En effet, au fur et à mesure que le temps avançait, les africains  s’organisaient également pour atteindre leur objectif qui   était l’Unité quelle qu’en soit la forme qu’elle prendra. Mais , cela n’était pas facile au regard des manœuvres sournoises  que  les  relents  de  la colonisation  engageaient  afin de diviser ou  de retarder  cette Unité. II aura fallu beaucoup de tact, de souplesse, d’intelligence et surtout de courage pour cela.  Cependant, l’idée de  créer  une Institution était tellement  ancrée dans la tête de ceux qui tenaient à rassembler les peuples d’Afrique que, l’espoir ne  pouvait  pas être vain.


D’ailleurs, bien avant la création de l’OUA, il y avait eu de véritables tentatives de regroupements entre certains Etats comme ce fut le cas en 1958 lorsqu’a été  mise  en place l’Union Ghana-Guinée-Mali, pays frontaliers qui voulaient mettre en commun leurs ressources en vue de les contrôler et de les gérer convenablement. Cette idée de vouloir mettre toutes leurs potentialités aussi bien économiques qu’humaines pour servir leurs populations, avait été saluée par bien d’africains.


Scellée seulement le 23 Septembre 1958, cette Union sera enterrée  en 1960, 2 ans après, laissant un goût amer à tous ceux qui espéraient que  le Continent allait prendre son destin en charge  Ces entraves émanaient des actions impérialistes pour empêcher à nos  pays de trouver leurs marques en  vue de décoller. La période était cruciale et propice aux africains pour se démarquer et se détacher de l’ancien colonisateur afin de  trouver leur propre voie. Mais, c’est  ignorer  la capacité de nuisance de  ceux qui  voulaient  barrer  la  route du progrès à  nos  peuples qui  possédaient  des  immenses richesses  non encore exploitées.


C’est ainsi qu’en 1959,  le Niger, la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin), la Haute Volta (actuel Burkina) et qui seront rejoints par le Togo , vont créer l’espace dénommé  Conseil de l’Entente qui résistera à  l’épreuve du temps et des intrigues plus de 60 ans après. Nous devons cette œuvre aux Chefs d’Etats de ces pays,  fondateurs  de cette organisation et qui étaient Mr HOUPHOUET  Boigny de la Côte d’Ivoire, Maurice YAMEOGO, M Hubert MAGA du Dahomey et Silvanus OLYMPIO  du  Togo.  D’ailleurs il  y a  quelques  jours, les  Chefs d’Etats  des  pays  membres du  Conseil  de l’Entente  venaient  de  se réunir  à  Niamey  au  Niger  sous  la Présidence  du  Chef  de l’Etat du Niger  ISSOUFOU Mahamadou  qui  assurait la  Présidence  tournante  Le  Président  Malien  IBK  avait  participé  à  ce  Sommet à titre  d’observateur . Ces Chefs d’Etat  avaient  passé en revue  la  situation  de cette Organisation  pris  de nouvelles initiatives  Tant  mieux  si l’on  réveille  «   le  chat  qui dort »  La  Présidence  tournante est revenue  au  Togo .


Mais ,  nous  devons  aussi  cette  résistance  à  tous  les  Chefs d’Etats  qui  se  sont  succédé  en  dépit  des  divers  changements  des  régimes dans ces pays. En Janvier 1959, 4 Chefs d’Etats  de l’Afrique  Equatoriale Française, le Gabon, le Tchad, le Congo Brazzaville  le Cameroun et le Centrafrique  créent  aussi  à  Paris  l’Union  des  Etats Equatoriaux (UEE). En 1962, ils décidèrent  de  la  mise  en  place  d’un Organisme Economique,  l’Union de l’Afrique Equatoriale.  Ce qui a fait  dire au journaliste et écrivain Philippe DECRAENNE du  Monde  dans son livre  le Panafricanisme  que «  les 4 Chefs d’Etat  voulaient tenir compte  de la force psychologique qui s’en dégageait  à  un  moment  où l’on  ne  cessait  de  parler  de  l Union des Africains. » ll  avait  vu  juste .


En 1960, également nous  retiendrons   que  la  création  d’une compagnie  aérienne  Panafricaine  Air  Afrique  en  vue de désenclaver  le Continent ,  avait   été  accueillie  avec  ferveur. Mais, sa disparition catastrophique, a laissé un goût amer aux peuples d’Afrique, privés d’un outil qui leur permettait de se déplacer  et d’écouler leurs marchandises,  même  hors de  leurs  frontières. Ce qui a  considérablement   réduit l’espace de gestation  des  peuples  hors de leurs pays, les confinant le plus souvent chez eux, si ce n’est en déboursant d’énormes sommes pour  emprunter des vols plus chers. Ceci  aussi  a porté un  coup  fatal à l’élan  de notre espoir  de bâtir  ensemble  un  espace  panafricain  viable  et vital. Hélas !


La Souveraineté des Etats avait pris du plomb  dans l’aile. En 1960, la Fédération du Mali mise en  place par le Ghana et  le Mali suscitera des espoirs mais, va éclate aussi pour des raisons politiques ,  2 mois après  sa  création.  Toutes ces ratées ne freineront pas l’ardeur des bâtisseurs de l’Unité de l’Afrique de  l’époque . Bien au contraire, les rencontres vont s’accélérer et au   mois de Mai 1963, plus précisément, les Chefs d’Etats et de Gouvernements  (32)  vont tenir un  Sommet   historique  à  Addis-Abeba pour discuter, échanger, proposer  et  la création d’un Organisme Panafricain.


Pendant plusieurs jours, les Ministres des Affaires Africaines ( oui  il en  existait  à  l’époque ) vont  plancher  à Addis-Abeba  en  Ethiopie avant  de  céder  leurs fauteuils aux Chefs d’Etats qui  décideront  de  la naissance  de l’Organisation de  l’Unité  Africaine, l’OUA  le 25 Mai 1963 non sans des chaudes discussions  assez houleuses.  Cependant, face à l’importance du sujet et de l’intérêt suprême du Continent et de ces peuples, les discussions vont aboutir heureusement à un consensus.


Tous les Congrès, toutes les rencontres et manifestations ont convaincu les dirigeants africains à doter le Continent d’un  instrument assez dynamique pour d’abord unir nos peuples dans une liberté totale , gérer ensuite  nos  économies  et  nos  richesses  dans un partenariat  « gagnant gagnant»  Une  idée  très chère au  Dr  N’Kawmé  N’KRUMAH,  l’Osagséfo.  Les nombreux problèmes qui se posaient et  se  posent  toujours  à  l’Afrique , méritent  d’être traités avec lucidité, sang froid  sérieux et  responsabilité.

 

L’AFRIQUE  A LA  RECHERCHE D’UN CONSENSUS
L’ancien Président du Congo Léopoldville (actuel Zaïre) I’Abbé  Fulbert YOULOU  proposait  dès  le  mois de Janvier 1960 , une  structure dénommée Etats Unis d’Afrique  Centrale, un regroupement qui, d’après lui prendrait la forme  d’une Fédération  souple  à  l’image du Conseil de l’Entente (dont  les  textes avaient aussi servi  entre autres de  modèle  aux  Chefs d’Etats  réunis à  Addis-Abeba) pour la création de l’OUA. Pour la petite histoire lors de la création de l’OUA,  il  fallait  un  texte  pour  servir  de support.  Mais, il n’y en avait aucun. Et du coup le Président HOUPHOUETE avait dit à son  ministre des  Affaires  Etrangères mais «  donnez  nous  ceux  qui ont servi à la  création  du  Conseil  de l’Entente » Ce  qui a  aidé    la  mise  en  place  de l’O U A.    Nous pensons qu’après tant de  combats engagés  par  les  africains  pour  lutter  contre  l’occupation coloniale  et la prise de conscience  des  précurseurs, le temps est  venu  de se tendre  la  main  et  d’unir  nos  efforts  au  delà  de  nos  frontières pour partager douleur et bonheur.


C’est   pourquoi, les Chefs d’Etats au Sommet  de 1963,  avaient décidé  de  lever  les  rideaux  de  leurs  travaux sur  l’OUA,  née dans la douleur.  Un bébé qu’il fallait entretenir.  Certains d’entre les pères fondateurs s’étaient exprimés sagement. Le Président N’KRUMAH l’un des pères fondateurs, avait exprimé ces célèbres   phrases «Divisés , nous sommes faibles, Unie, l’Afrique  pourra  devenir  et pour de bon, une des grandes forces de ce monde.


Je  suis  profondément  et  sincèrement  persuadé  qu’avec  notre sagesse  ancestrale  et   notre  dignité,  notre  respect  inné  pour  la  vie humaine, l’intense humanité qui  est notre  héritage,  la  race   Africaine unie  sous  un Gouvernement  Fédéral,  émergera  non pas comme  un  énième  bloc  prompt  à  étaler  sa  richesse  et  sa  force, mais comme une Grande Force  dont  la  grandeur  est  indestructible parce qu’elle est bâtie  non  pas sur la terreur,   l’envie  et  la suspicion ni gagnée aux dépends  des  autres,  mais   sur  l’espoir,  la confiance, l’amitié  et  dirigée pour  le  bien  de  toute  l’humanité . » Qui dit mieux ?


D’autres dirigeants avaient ,  au Sommet tenu des discours responsables dans ce sens.  La naissance de  l’OUA  devait  être le point de départ et le  fruit des nobles luttes pour construire nos Etats et bâtir notre Continent.  Plusieurs Sommets et rencontres des dirigeants s’étaient tenus et plusieurs décisions avaient toujours été formulées mais la construction tarde toujours. Pire des interruptions des pouvoirs démocratiques par des coups d’état, avaient émaillé nos indépendances et  étouffé  nos  espérances.  Hélas encore une  fois.
Certes,   l’OUA  a   soutenu  et  aidé des pays encore sous  domination coloniale  à  se  libérer , mais  les  idées des  pères  fondateurs avaient  parfois  rencontré  des   blocages  malgré  tout.  Ce qui a placé  nos Etats  dans  des  situations inconfortables. Aujourd’hui encore, la transformation de l’OUA cette vieille Dame en Union Africaine en 2002  de  Durban  à Syrte en Lybie, n’a  toujours  pas  permis d’atteindre  ses objectifs. Au regard des évènements auxquels  font  face  les  peuples  africains.  Le Continent est déchiré par des bombes que déversent des avions de combats Occidentaux comme en terre sœur Libyenne et qui ont tué des milliers d’innocents sous prétexte que le régime était dictatorial. Aujourd’hui encore ce brave peuple souffre et nos pays frères et  voisins,  le  Mali,  le Nigéria,  le  Burkina , le  Tchad , le  notre le Niger, payent cher  le  prix de ces escapades  et  les  folies  meurtrières des  hommes ignobles . 
Ils envahissent nos Cités et  égorgent femmes, enfants vieillards  sous le fallacieux discours d’une religion  sans visage  ni  nom .Contraire  à  toutes  les  lois  de l’Humanité.


MAIS , OU VA L’AFRIQUE ?
Tout semble croire que  si nous continuons sur cette lancée sans unir nos efforts et nos intelligences pour barrer la route à toutes ces aventuriers  et ces fléaux qui s’arrogent  le droit de  prendre  en  otage notre continent, nous  serons dépeuplés. Si  nous  ne  prenons  garde, ces  bombes  déversées sur  des pays  africains  pour  servir de champs d’expériences de tous ces malheurs, nous allons encore souffrir et nos indépendances et notre liberté auxquelles nous tenons tant, risqueraient de nous échapper. Notre propre existence risque d’être mise en cause si  elle  ne l’est  déjà.


Nous ne devons pas croiser les bras et regarder disparaître ce que nous avons de plus cher ,  notre  berceau ce Continent.  Alors que  les pères fondateurs  de cette  Institution  Panafricaine , avaient donné le meilleur d’eux mêmes pour arracher dans le sang et dans les larmes notre liberté.   Ahmed Sékou TOURE disait que » Nous n’avons pas obtenu notre indépendance pour perdre notre liberté  . A bon entendeur salut car il s’adressait à   chacun d’entre nous.  Si nous voulons construire un continent, à l’image de l’Europe, nous  devons nous occuper  de nos Etats  où toute une jeunesse diplômée   mais  sans  emploi   est  broyée  par  le  chômage  .
Alors que nos régimes se succèdent en cascades sans aller à leur terme. Dans cet éternel recommencement, nous devons faire notre autocritique au lieu  de  nous lamenter  parce que ce qui a réussi dans les autres continents peut bien l’être chez nous. Parce qu’après plus de 60 ans de Souveraine, nous devons revoir notre copie pour l’adapter aux exigences du  moment: mettre en place les directives  de  l’OUA ,  aujourd’hui  UA . A savoir la création d’une monnaie unique, une force panafricaine pour défendre nos frontières au lieu de chercher à colmater les brèches lorsque les choses vont mal.


Nous devons  avoir  avoir  le  courage de  récuser  la  CPI , ce  monstre  qui  ne  broie que  « du  Noir »   Nous avons le devoir de mettre en place un marché commun africain pour écouler nos richesses, l’édition d’un passeport continental, j’allais dire Panafricain pour faciliter à nos peuples de se retrouver sans problèmes, la mise en place d’un chemin de  fer  et une route transafricains . Ces objectifs étaient bel et bien logés en bonne place dans les actions prioritaires qui seraient menées en faveur des populations. La création d’un Centre de recherches scientifiques et un prix Panafricain de Littérature sont à la portée de nos Etats si seulement , nous  nous écoutons et concevons un vrai projet de société  en nous tendant la main et en y posant chacun sa brique ou sa pierre.


En y impliquant tous les citoyens aussi bien de l’Intérieur que de l’Extérieur parce que notre Continent et nos Etats doivent demeurer nos propriétés d’abord.  Nous n’avons pas  droit à  l’inertie dans un Continent qui dispose de toutes les richesses aussi bien humaines que naturelles.   La création de  la  PANA  avait  pour  objectif  de mettre l’Afrique au cœur de l’information qui nous servirait d’autoroute de la Communication Panafricaine.  Cependant c’est à RFI que nous devons notre salut car il nous informe sur ce qui se passe dans nos propres cases avant ceux qui vivent l’évènement ou subissent les effets.


Alors si nous ne nous ressaisissons pas, nous risquerons de le regretter. Et parce que le temps lui ne s’arrête pas. Au lieu donc  de  passer  tout notre  temps  à  nous  contredire,  à  nous  divertir,  à  nous compromettre,  à  nous  entre-déchirer,  à nous  trahir,  à  nous  méfier  les  uns  des autres,  nous  devons assumer  chacun  sa  part dans  la  construction .  Du pays et de  notre  Continent  dont  chacun  de  nous  a  la  responsabilité.  Nous serons en période électorale pour les uns afin de renouveler nos dirigeants pour  un  nouveau  mandat. Je pense qu’il faut aller aux urnes mais tout en se respectant pendant les campagnes électorales pour ne pas  détruire  ce qui a  déjà  été   bâti  avec  sang,  larmes et  sueurs,  intelligence  et  courage. Chez nous au Niger ,  au  Bénin  comme  au  Tchad,  au  Burkina,  au  Mali  et  au  Sénégal  pour  ne citer que ces pays,  les consultations  électorales    se sont déjà  déroulées. Nous dirons donc  que  la  construction  du  Continent  passe par  une bonne   consolidation de nos acquis  Nos dirigeants  doivent  accélérer  cette  construction panafricaine  entamée par  les  précurseurs . Parce que  le reste  du  monde  avance  à  pas  de géants,  nous  laissant  très  loin  derrière .Cependant, nous  pouvons rattraper  ce  temps  perdu  si  toutes  fois,  nous redoublons  d’effort. L’Afrique est  un  continent  d’avenir   comme  chacun  le  sait . 

                                                                                         


Enfin  courage  et  bonne chance à  tous  nous  et  surtout  à  nos  peuples.  Et même  si  comme  l’avait  dit  Louis  XVI   «   en  politique   on donne  toujours  ce  qu’on  n’a pas  alors  qu’on  promet  ce qu’on  ne  peut  pas donner »  II  faut  cependant  faire avec.

Abdoulaye HASSANE DIALLO Dr en Sciences Politiques, Spécialistes des Questions Africaines,  Directeur du Journal Nigérien la Liberté, Ecrivain

 

Dernière modification le samedi, 16 juillet 2016 12:27

Idées et opinions