samedi, 13 août 2016 22:53

Situation Socio-économique du Niger

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Mahamoudane AGHALIQue faut-il pour que le Niger sorte de la dernière place en indice de pauvreté, disposant de plusieurs richesses humaines,agricoles,animales et minières? Comment peut-on expliquer ce paradoxe ?
Bien sùr,dans un premier temps,nous pensons à la gestion administrative, à l'amour du travail, au patriotisme de chacun, à l'héritage historique et aux mentalités culturelles de nos compatriotes.Ces aspects ont une grande part de responsabilité dans cette situation.La nature ne favorise pas non plus le dévéloppement sans grands efforts (manque de débouchés maritimes,rude climat sahelo-saharien,pluies incertaines, infrastuctures quasiment inexistantes..etc.)

On remarque aussi que ceux qui arrivent au pouvoir, après certes beaucoup de sacrifices personnels et claniques, jurent leur patriotisme et leur honneteté sur le Coran,respecteront les textes reglementant la République, oeuvreront au bien etre des populations..etc ,mais rapidement,poussés par l'ivresse du pouvoir et l'avidité materielle, ils se coupent de leurs électeurs,se mettent à corrompre les opposants et les sociétés civiles (emprisonnant ceux qui refusent),  amassent des richesses  le plus souvent hors du pays ( asphyxiant ainsi l'économie nationale) et font fi de toute alerte légitime.
Ce résumé succint des causes apparentes n'est cetainement pas la seule raison du retard du décollage  économique du Niger.Entrent en course d'autres facteurs stratégiques, géo-économiques et néo-colonialistes qui ne sont pas facilement maitrisables par le pays.Il s'agit principalement des échanges commerciaux,des accords internationaux et bilatéraux,de certaines influences malsaines issues de contrats mal discutés, surtout concernant les sociétés qui viennent s'établir au Niger (Ne négligeons pas quand meme que le but de ces sociétés est de se faire de l'argent et le dévéloppement du Niger n'est pas leur souci premier).
Une remise en cause s'impose naturellement, en dehors des luttes et des calculs politiciens, pour résoudre l'équation du développement, résolue par des pays se trouvant dans la meme situation ou au moins envisager des pistes conduisant à un début de réorientation.
Des pistes sérieuses existent, simples et efficaces : L'agiculture,l'élévage,la peche et l'industrie agro alimentaire :

  • Le fleuve Niger charrie de l'eau gratuite;pourquoi ne pas amenager  d'Ayorou à la Tapoa des sites et des canalisations et cultiver la terre en fournissant aux paysans les outils nécessaires, sans passer par des colloques avec l'administration qui, comme toujours, engloutit les fonds et laissent les paysans sur le carreau.
  • Pourquoi ne pas amenager des sites agricoles autour des forages artésiens qui pillulent dans l'Irhazer(Azelik,Tindé,Tegart,Injitan,Aougsis..etc) et sensibiliser les nomades à cultiver?
  • Promouvoir une autre sorte d'élévage alliant l'élévage traditionnel et un élévage commercial auprès des éleveurs Peulhs et Touaregs, comme le font les Arabes Nigeriens depuis toujours.
  • Moderniser le jardinage dans l'Air, à Tabalak,à Arlit, à Konni..etc
  • Créer des unités de manufactures et de conservation des produits exportables : dattes,tomates,pommes de terre,oignons..etc (dans l'Air)

oignons,courges ,arachide,niebé..etc (Galmi)
piment (Diffa)

  • Dévélopper les filières d'exportation animale

Seuls des efforts de ce genre axés sur le monde paysan en associant des paysans et non des politiciens peuvent conduire à l'amélioration chantée mais jamais concrétisée.
Le secteur minier,que le Président de la République connait si bien est porteur de mirages et vues les magouilles qui l'entourent ne peut sur les bases actuelles, n'etre qu'un appoint.Ceux qu'il dévéloppe sont ailleurs (en Chine et en France surtout).

  • Promouvoir aussi le petit commerce des femmes (c'est souvent lui qui entretient le foyer),leur donner la possibilité d'exercer dignement avec un fond de roulement qui les preserve de la "débrouille" et qui ne coute rien à l'Etat.
  • Créer des chantiers d'infrastructures (le Niger manque tant de routes dignes de ce nom) à haute intensité de main d'oeuvre afin d'occuper toute cette jeunesse desoeuvrée et ainsi décourager ces filières d'immigration et de terrorisme qui causent tant de morts et d'instabilité.
  • Repenser la fourniture électrique, le Niger ne doit plus faire "mahaliya" au Nigeria qui a ses propres problèmes;Agrandir la centrale de la Sonichar (les résèrves de charbon sont immences dans cette région) et fournir un courant sans problèmes.Sans courant électrique garanti,aucun dévéloppement n'est possible de nos jours.

Le Niger se doit d'organiser des journées de reflexion sur les voies et moyens de "décoller".Il y va de la crédibilité de toute homme politique ayant eu des responsabilités dans ce pays
Mahamoudane AGHALI

  

Dernière modification le dimanche, 14 août 2016 22:58

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